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COMITE

D'HISTOIRE ET DARCHEOLOGIE

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PROVEVfCE ECCLfiSIASTIQUE

D^AUCH.

Tome IV. 1863-

LIBRAIHIE CATHOLIQDE SAe^VMM EiECfiFFRE el Comp'*,

Roe du Vieiji-Colombier, 92

ilBRAIRlE CATHOLIQUEl Ru^de riniendanee.

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BULLETIN DUISTOIRE ET DARCHfiOLOGlE.

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Auch, imprimerie e( lithoc;raphie P<flix Foil, rue Balguerie.

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BULLETIN

DU

COMITidl

D'HISTOIRE ET D'ARCHEOLOGIE

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PROVINCE ECa^IASTIQUE

D'AUCH.

Tome IV. 1863.

PARIS.

LIBRAIRIE CATHOLIQDE

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LIBRAIRIE GATHOLIQUE Rue de I'lntendaiice.

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Harvard Cellege Library

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BULLETIN

DU

COMITE D'HISTOIRE ET D'ARCHfiOLOGIE.

LE HOUVEMENT HISTORIQUE DANS LE SUD-OU^ST.

Annales de la SoeiSti acaddmique de Tarhet 1858-6^ (Tarbes* Telmon, 1863). Le Cltrgi et la Nobie9$e des lofifKf en 1789, par N. le baroD de Cauna (Bordeaux, veaveDapay^ 1862).

Depuis vingt ans, ractivitS historiqae de la France semble s'dtre tourn^e surtout vers i'^tude des anciennes existences municipales et provinciales. A compter des premieres ann^es de la Restauration jusqo'au milieu da rkguQ de Louis-Philippe, d'^minents publicistes s'dtaient attaches auparavant k formuler toutes les generalisations et tOQtes les synthases qu'on avait le droit de r^clamer, moyennant la masse des documents recueillis et la variete des tendances politiques. Entre les id^es aristocratiques et f^odales renouyel^es de Boulainvilliers par le comte de Montlosier, et les preferences democratiques de MM. Michelet et Henri Martin, il serait facile de reconstituer la serie des nuances intermediaires. Au milieu de ce con- flit d'opinions, il est neanmoins impossible de nier la preponderance du liberalisme, surtout avant 1830. Get element indestructible et souvent perturbateur se produit sous toutes les formes. Monar- chique avec le vicomte de Chateaubriand, constitutionnel avec M. Guizot, catholique avec Ozanam et M. le comte de Montalem- bert, il touche presque k la republique dans les premiers ecrits d'Augustin Thierry, donne la main au Saint-Simonisme, et prepare, avec la democratie pure de MM. Michelet et Henri Martin, la tran-

ToMB IT. l'» LiTB. Janvier el P^vrier,

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~ 6 - sitioD aux theories hamanitaires et sociales importees d'Allemagne, ou reDOUYelSes des utopistes da temps passe. U ne faudrait pourtant pas croire que, dans ce iib^ralisme presque universel, les divers courants des doctrines historiqaes aient marchS parall^lement ei avec une ^gale rapidity. Ce ralentissement ou cet exc^s d'imp6- tuosit6 ont leur cause dans une variety presque infiuie de senti- ments et de points de vue, dont la r^sultante est marquee par cette succession de compromis, d'autant plus durables que Ton s'est plus loyalement attach^ k faire leur veritable part aux n6- cessit^s du progrfes et aux droits de la tradition. Tout le monde a remarqud que, pourplusieurs publicistes des trois derniers r^es, les dtudes historiques ont ^t^, comme elles pourraient I'dtre en- core, une preparation au gouvernement de Topinion ou des des- tinies de notre pays. Rfegle g^n^rale, plus un homme se trouve rapprocbS , par la profondeur de ses etudes ou i'investiture d'un grand pouvoir, de cette direction morale ou politique, plus il in- cline a faire large part a cette conservation du pass^, qu'il a charge de concilier avec les exigences de Tavenir. En histoire, comme en bien d'autres choses, nul ne songe k contester a T^cole d^mocra- tique I'avantage du nombre, de la faveur populaire, et, dans certains cas, Texcellence des intentions. 11 n'en est pas moins vrai que, dans mainte circonstance, cette ^cole est demeur^e au- dessous d'elle-mSme, et que, faute d'avoir pu se limiter et com- poser avec le pass^, elle a compromis ou retarde plus d'une conqudte legitime et possible. Qu'est-il advenu de ce despotisme de Timpatience, de ce formalisme t^tu, de ces conceptions a priori^ de cette absence de regie et de but precis, de ces formules bities k la b&te sur des d^nombrements incomplets ou menson- gers? Toutes ces coleres et ces violences sont venues se briser contre Tinexorable n^cessite. La tradition contestee a repris ses droits^ et peut-dtre les a-t-elle souvent gardes avec une vigilance trop jalouse.

G'est la gloire de la sage et prudente monarchic de Tancienne France d'etre restee si lojigtemps fidele a sa mission a la fois

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7 id^iste et pratique, et d'avoir si souvenl concilia la tradition et le progrfes^ sous Fautorit^ d'une institution b^rdditaire et souto- raine. Apres celle de TEglise, je ne vois pas d'initiative et de force plus grandes et plus m^ritoires que la sienne. Je n'en vois pas qui, dans les limites du possible, aient fait autant pour la cause de la civilisation et pour Fav^nement de cette ^galitd civile qui est la base indestructible de notre soci6t6 moderne. Telle n'a pas toujours 6t6 ma mani^re d'envisager le pass6. Ce sont la des aveux qui me codtent d'autant moins que je m'^tais uniquement trompd par precipitation et par ignorance, et que je me ri- tracteplusgratuitement pour adherer k des id^es cathoHques et tra- ditionnalistes, qui ne jouissert pas pr^cis^ment aujourd'hui de la favour universelle. Sept ans d'^tudes spdciales et acharn^s de Tbistoire ont forcd ma conviction, et ont imprim^ k mon esprit une direction a laquelle il ne m'a pas 6t6 possible de me soustraire. Si la foi religieuse est toujours rest^esauve, mon inexperience a pour- suivi jadis bien des ombres vaines; j'ai m^connu les droits du passe et nie son irresistible influence sur Tavenir. Dieu merci, les heures de doute et de trouble sont maintenant bien loin derri^re moi, et, pour si humble et obcure qu'elle soit, ma conviction historique est bien k moi, et je ne la dois qu'i moi-mdme. Re- venu d6s longtemps de bien des illusions, et assure centre les petites ironies, j'esp^re n'oublier jamais les droits de la liberte, tout en gardant mon attachement aux idees de tradition, dont la forme pent varier et dont le fonds est imperissable.

Peut-etre me suis-je etendu plus qu'il ne convient sur des chosesdont il semble que je n'ai pas k rendre compte. Mais mes amis savent que depuis longtemps je tenais k m'expliquer Ik-des- 8US une fois pour toutes, etje compte aussi sur Tindulgence de quel- ques lecteursdont je n'ai point Thonneur d'etre connu personnelle- ment, mais qui m'ont fait plosieurs fois la gr&ce de me mander tout rioteret qu'ils prennent k mes recherches. Et puis, j'ai signe ici et ailleurs plus d'un article critique d'bistoire et de bi- bliographie, et je sens que le moment n'est pas encore vena de

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8 me corriger de cette manvaise habitude qui m'a yalu pins d'one carte de visite, et mdme plus d'une r^clamatioQ publiqae oo con- fidentielle. Quaud on homme se mdle de dire son sentiment sur les livres d'autrai, et d'imposer k l'amom*-propre des anteurs des ^preuves dont le juste retour des choses ^ici4)as lui a Hik fait sentir k lui-m6me toute Tamertume, il me semble qu'il est tenu de s'expliquer sur le motif de ses decisions, et de faire savcHr pourquoi et au nom de quoi il juge. Ceux qui pensent autrement que lui soot mis en demeure de se d^fier, et ceux qui partagent ses sentiments peuvent avoir quelque confia&ce. Maintenant je suis en rbgle : <

Claudite jam rivos pueri, sat prata biberunt.

Je reprends le cours interrompu de mesiddes^ et je revieossur ce caract^re dminemment politique et gouYernemental de I'^cole bistorique de la Restauration et de la monarchie de 1830. On m saurait contester que, pour avoir voulu tout dominer et iuffire k touti les publicistes del'extr^me d^ocratie n'aient perdu du ter* rain» et qu'ils n'aient compromis,par Texag^ration, plus d'une chose d^^ presque acceptee dans la moyenne de Topinion publiqae. C'est la un point sur lequel le bon gotltn^ ferait aujourdlmi une loi de ne point insister, lors mdme que je ne me trouverais pas person- nellement dans une situation quelque pen gdnante, et qui ne me permet d'exprimer ma pens^e qu'avec la plus grande rteerve. Ce que j'ai de mieux k faire en pareille situation, c'est de couvrir et de justifier^ par d'Ulustres exemples, les sinc^res et obscurs re- tours de la bonne foi. Le lib^ralisme bistorique de M. Guizot est loin d'etre restd, dans la plenitude d'exp^rience de i'^crivain et de lliomme d'etat, ce qu'il dtait au d^but. Parti des id^es anglaises et des thtories de Montesquieu, le besoin de popularity le fait in- cliner tout d'abord vers les communes et la revolution. Sans si- parer jamais, dans T^tude du pass^ et dans la pratique contempo- raine,les divers elements qui ont preparole regime constitutionnel, sespnif^enoes premieres sontsurtout pour la bourgeoisie. Un pen

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plus tard, et pour diyerses causes trop lougues k cMduire, mais dans lesquelles un eiauien plus complet a certainement large part, M. Guizot se ravise, et remet k leur veritable plan bien des ehoses qu'll avail trop kussdes dans Fombre. L'^tude plus attentive da droit romain, du r61e des Capdtieus et de leur alliance avec le people contre les seigneurs, lui r^v^ient int^ralement la haute va- lour et la circonspection progressive de la monarchie francaise. Dans ses livres, le prince nous apparait alors sous son veritable aspect, et comme le cr^ateur et le gardien de Tunitd nationale. Lorsque ce prince ne prend pas spontan^ment Tinitiative, c'est lui qui dirige le mouvement communal, et qui le garde contre ses pro- pros exc^s et ses d^faillances. C'est lui qui, dans cbaque sibele, prepare, sur des donn^es toujours plus favorables, un nouveau con- trat entre le peuple et la fdodalitd; c'est encore lui qui met leg seigneurs k la raison, qui en fait la milice du pays et les lance coft- tre Todieuse Angleterre.

Ces variations historiques de M. Guizot ne seront pasle moin- dre honneur de son enseignement et de ses 6crits. Si Ton consent k faire la part desT influences et du milieu, je me charge de les re- trouver encore chez un homme qui fut surtout un grand artiste, Augustin Thierry. Prenez ses ouvrages de jeunesse, les Lettres wr Phistoirede France, par exemple. L'auteur en convient lui-m6mei tout cela a i\A 6crit k Theure ardente de la jeunesse. Alors le com- bat sourit pour lui-mdme, le drapeau populaire flotte au veat et promet favour et victoire, tons les compagnons sont encore 1^, les tambours et trompettes sonnent la charge, le soldat, ignorant du danger, se rue tout droit devant soi. H^las! quand Theure de I'ar- mistice est venue, quand on a comptd avec les Idchet^s et les tra- bisons, quand on a vu tomber les amis, et que la guerre civile a convert le sol de la patrie de cadavres et de debris, Thomme re- met alors le sabre au fourreau, et se prend k songer bien triste- ment. C'est que la volont6 d'un groupe ne pent 6tre I'universelle loi; c'est qu'il faut que sa volonte s'incline devant les n^cessit^sde la tradition, et compose avec la liberte desautres. Tu as voulu prou-

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40 - yer toD droit par la force et voilk que I'^preuve est demear^e in- certaiDe. Dans les deux armies plos d'un brave manqae a Tappel; et pourtant tes enneinis, qui sont tes frferes el tes proches, sont toujours debout, toutprStskcombattre encore pour la defense de leurs aulels et de leurs foyers. Heure terrible, moment de tenta- tion supreme, oil Torgueil d6(u,lahaine inassouvieetlarageimpuis- sante, portent trop sou vent dans les coeurs les conseils d'une diabo- lique perseverance. Geux qui r^sistent y gagnent la mesure, la pru- dence, et celle force int^rieure que donne le sentiment tardif du devoir. Mais leur ^me sera triste jusqu'a la mort, car pour eux les rdves de la jeunesse sont finis, etle bel arbre de Tesp^rancene reverdira jamais.

Ainsi est-il advenu d'Augustin Thierry, de ce noble et brillant esprit, dont les agitations et les combats int^rieurs semblent per^ sonnifies, dans son oeuvre, par la lutte des tribus frankes et des populations gallo-romaines. Plus que tout autre parmi nous, il est la manifestation historique de Yhomo duplex^ et symbolise T^ter- nel combat du mouvement et de la tradition. Parti des doctrines r^publicaines et Sainl-Simoniennes, ami d'Armahd Carrel, il a fait aussi sa campagne centre la Restauration dans les Lettres sur VHistoire de France. Livre de d^but, oeuvre oil r^crivain se cher- che lui-mdme, et paie sou vent de plus d'une erreur son dessein pr^medite de rabaisser la science au r61e d'auxiliaire d'un parti. Mais revidence, la sincerity instinctive et desinteress^e ont bien- t6t pris le dessus. C'estTheure des fortes et s^rieuses conceptions, de XHistoire de la conqu^te de I'Angleterre par les NormandSy des jR^ct^ des temps MirovingienSy de la preparation k VHistoire du TierS'Etat (1). Et puis la Revolution de 1830 est passee par Ik; rami de Carrel est devenu celui du due d'Orieans. Comme M. Guizot, il a puise dans I'etude du passe le veritable sentiment

(1) Aognstin Thierry a marqa^ Ini-mdme avec une enlidre franchise les diverses transformations de ses id^es politiques ct sociales. V. les prefaces des Lettres sur VHistoire de France (nouvel^ ddition), des Ricits des temps mdrovingienSt de Dis ans d'4tudes historiques, et les deux pages, si pleines de tristesse, placdes en t^te de VHistoire du Tiers-Etat pablide apr^s la R<ivolu(ion de 1848.

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da r61e de la royaatd fraofaise et de son alliance originelle avec la liberty communale. II a reconnu loute la valeur et Timportancd politique de la tradition, et compris, apr&s Montesquieu » que la liberty git surtout dans les habitudes et dans les moeurs, et qu'elle trouve fatalement^ dans le despotisme d'un tribun ou d'un C6sar, le chdtiment prochain de ses excfes.

Telle fut la marche laborieuse d'Augustin Thierry. Quand ses forces le trahirent, il arrivait a la plenitude de sa conviction de- finitive qu'il n'eAt pas le temps de formuler, et il s'^teignit, con- soie par le catholicisme des dementis cruels que de rdcents dv^ne- ments venaient de donner k ses derni^res aspirations.

La posterity commencera bientdt pour F^cole historique de la Restauration, et rien ne fait esp^rer qu'elle se continue parmi nous avec son ancien 6clat (1). Aprbs les oeuvres magistrates sont venus les travaux de seconde main, les etudes de detail, les entre- prises de librairie, les monographies, le bric-k-brac, tout Fappareil grotesque et naus^abond des doctrines officielles et dpuis^es. Pour tenter en histoire des generalisations plus comprehensives que celles des deux demiers r^gnes, il faut necessairement opdrer sur des faits nouveaux qui demeurent encore k recueillir. La recons> titution theorique de Tancienne France ne saurait dtre complete, si Ton ne ressuscite d'abord, par le souvenir, toutes les existences municipales et provinciates du temps passd. Telle est la raison de ce mouvement instinclif , qui a portd, depuis vingt ans, beaucoup de bons esprils vers les etudes d'histoire locale. Une chose que Ton n'a pas assezremarquee, c'est que cette nouvelle evolution histori- que coincide, par ses tendancesr et par I'epoque de son appa* rition, avec un mouvement tout pratique, et qui tend k restituer au pays une portion de cette liberte topique dont Talienation ne saurait survivre aux causes qui Font si longtemps rendue neces-

(1) II estbien entenda que je ne parle que d'ane ^eole n^e d'un concours decir- eoDstances auxqaelles elle ne peat surviyre. Cela ne tire pas a consequence centre les grandes manifestations historiqaes individuelles^ par exemple : VHitioire des Moines d'Oecident, de M. iecomte de Montalembert

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saire. Cest ce inoo?ement que j'appellerais Renaissance delaPro- vincey s'il n'^tait d^a conna sous le nom inexact de DecentraHsa- tian. Qa'on la baptise comme on voudra, cette jeune et incompres- sible tendaoce a fait bieo da chemin eo France depois Tapparition de VBistoire du Droit municipal de Raynouard, en 1829. Eman- cip6e de la tutelle beaacoup trop rigide de Sismondii elle a con- qois des adhesions dans tons les partis, dans toutes les nuances de TopinioD. T^moins, VBistoire du Tiers-Etat d'Augustin Thierry et les r^cents Merits de MM. LtoncedeLavergne, de Tocqaevillet Ferdinand Bdcbard, Baudot, OdilonBarrot etElias Regnauit(4), combattus avec une verve souvent ^loquente dans leslivres de M. Dupont-Wfaite (2). La nature toinemment neutre et pacifique du£u//etm(i'ircA^o%tem'interditde lechoisir comme une tribune pour raconter ce brillant toumoi. J'en rendrai compte quelqoa jour 9 et beaucoup plus a I'aise, dans un recueil od il est inutile de recourir k des sous-entendus peu dairs et peu loyaux, et ob on pent traitor sans p6ril certains sujets de litt^rature, dont Aristote, Quintilien et La Harpe ont oublid de parlor, mais dont les con- tinuateurs du codepdnal se sent pr6occup4s avec une soUicitude qui pr^vient et r^prime toute confusion des genres. Je me bomerai done a constater que cette ^cole, dont je ne puis parlor, a pour auxiliaire infatigable et peut*$tre ineonscient Thistoire locale, et que toutes deux poursuivent, cbacune sous sa forme propre, une fin i peu pres identique. Puisque je n'ai i m'inqui^ter que du mouvement historique de la province, je constate avec une satis- faction m&Ue d'6tonnement que c'est la une cause d^j^ gagn^^daos Topinion publique. Le r^sultat obtenu est incontestablement sup^ hour an mirite de Teffort, et cela tien^ k des causes faciles a si- gnaler .

(1) Bi{cHARD, Le Droit municipal dans I' Antiquity et au moyen-tfge; Baudot, La Decentralisation (dans le Correspondant de 1858 et 1862); LfioNCB db Latergnb, Les Assembles provinciales^ dans \& Revue des Deux-Mondes de 1862; Odilon Barrot» Z>e la Centralisation et de ses effets; Elias Regnault, De la Province.

(%) Dupomt-White» Ulndividu et VEtat; La Centralisation; Les Communes en France et en AngUterre. Ce dernier travail est en cours de publication dans la Revue des Dew^Mondes.

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L'avaDt-derDi^re gdndratioQ des histoiiens et des arcb^oh^aes provinciaox s'dtait produite et d^velopp^e dans des circonstances g^Q^ralement pea favorables. Les grands travaox des jtoaites, des Mn^ctins, des drudits et des Idgistes avaient k pea prto cess6; r^le des Voltaire se refosait obstin^ment k reconnattre le rOle social de TEglise, et la Revolution avait tentd d'abolir JQsqa'a la m^oMHre de la fiodalitd. Circonscrites surtoot par leors r^ements et leors habitudes dans les sojets de littdrature, de science et d'utilite, les academies regionales n'accordaient k I'^tude do moyen-4ge et de la grande dpoque da pouvoir royal qu'ane attention secondaire et insaffisante. Le plus soovent, un abb^ r^alait Tassistance d'une trag^die coosue de fil blanc, et taill^ sor les patrons de Briffault, de Lemercier ou de Luce de Lan- cival. Un cooseiller de cour royale, personnage dogmatiqae et yentru, a cravate blanche et a lunettes d'or, ddbitait un Bouquet d CfUoris oa ane Epttre sur la Solihukj vixxkis en style de r^qui- sitoire. Le jeune vkomte de Trois-Etoiles, lonatique sentimental, exploitait sa maigreur et sa mdlancolie, et ^oquait, dans one bal- lade ossianique, les ombres romantiques de Fingal et de Malvina. Les agroDomes, race irritable et pea po^tique, se prenaient aux eheveoi a propos des avantages et des inconyinients de la marne, oa de la preeminence de^ cultures fourrag^res. Le moyen pour on archdologue, hcxnme k manies et a tabatidre, de pouToir ensuite placer son memoire sur les cuirasses et les ampbores romaines.

Dans des conditions pareilles, il est facile de comprendre que I'histoire locale ne pouvait gu6re se deyelopper favorablement. En gendrali les ecrivains qui tent^rent de lui d(Hmer I'impulsion operbrent diacun pour soi, et lutt^rent peniblement centre les stapides quolibets des Yoltairiens et d'une certaine dasse de libe- raux. U faut en oonvenir^ si les adversaires des recherches pro- Tinciales avaient eu quelqae force et quelque valeur personneUes, ib auraient paralyse le mouvemkent dhs Forigine, car les fortes etodes premieres, le sens critique et la sdrete d'informations n'etaient pas precisement les quaUtes dominantes de nos archeo-

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- u logues du premier empire. L'^cole romantiqae, sur laquelle il semble qu'on 6tail en droit de compter, faiUit aa contraire tout compromettre par rexag^ralion, et par le d^faut didoes precises et arrSt^es. Dans la premiere moiti^ da r^gne de Loais-Philippe, Tidde a d6jk fait son chemin. T6moins, les histoires da Midi de la Gaule et de la Po4sie provengak de Fauriel; VHistdre des dues de Bourgogne de M. de Barante; les importants travaox des Beugnot, des Laboulaye^ des Thierry, des Francisqoe-Michel, et la nombreose s^rie des Documents inidits de Vhistoire de France, commenc^e sous le minist^re de M. Guizot. De cette ^poque interm6diaire, qui marque la fin des formules g6n6rales et in- cline d^j^ vers Tinfinitd des details topiques, est issue une noa- velle gtodration historique qui proc&de des b^n^dictins par Tdtude patiente des faits, et de I'^cole de la Restauration par Tesprit critique et philosophique. II faut bien le confessor, cette gto6- ration n'est pas fort nombreuse. Elle n'a encore constats son existence que par des essais ou des travaux fragmentaires, et il lui reste k se manifester par les grandes oeuvres. Telle qu'elle est cependant, elle a presque r^ussi a se faire accepter par cette portion du public qui dispose a courte dchdance de Topinion gto^rs^e. L'administration sup^rieure s'est ^mue de ce mouve- ment un peu vague, et ddja irresistible, qu'elle n'a point crM, mais qu'elle s'efforce de discipliner. Ce patronage officiel ou officieux doit produire incontestablement d'excellents r^sultats, particuli&rement pour tout ce qui a trait k ces grands travaux collectifs d'histoire et de g^ographie qui conmiencent a caract^riser la se- conde moitid du xix"" si^cle. Nul n'est plus dispose que moi k reconnaftre I'importance des congr^s scientifiques,et de cette r^cente classification des Soci^t^s savantes des d^partements, dans laquelle il faut remercier M. le Ministre de Flnstruction Publique de n'avoir pas oubli^ notre BuUetin. J'aurais pourtant pr^fdrd un succbs moins prompt, plus exempt d'alliage, et moins embarrass^ par des adherents qui ne font d^faut a aucun succ&s, et dont il faut d^daigner ^galement les sympathies et ThostiUte. Si le mou-

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Yement est ^ la renaissaDce provinciate, Tdcole qui le repr^seote en hisloire doit exister avant tout par elle-m^me, et se manifester par les ceuvres iudividuelles. Or, ce n'est pas k bref d^lai qu'on peut veuir k bout d'uue si yaste besogne, et suppose que Tdvolu- tioD aboutisse, il y en a probablement jusqu'^ la fin du si^cle.

Le public ^du sud-ouest de la France est certainement un da ceux qui accordent Vint^rSt le plus vif aux Etudes de ce genre, et cela se comprend de reste, car il en est peu dont Thistoire provin- ciate soit moins connue, et marquee d'un caracl6re plus vif d'origi- nalit^. Ce n'est pas que les diverses dcoles qui se sont ant^rieure- ment succddd n'aient trouve toutes des repr^sentants dans notre pays. Celle du xvn* siecle surtout y est representee avec dclat par Marca, Oihenart, Olhagaray, de Lurbe, et par les grandes collec- tions manuscrites de Du Puy et du president de Doat. Cent ans plus tard, nous avons les B^nedictins du Languedoc, et k un degri inferieur, Tabbd Baurein, Dom Devienne, et Touvrage malheu- reusement in^dit de I'abbe Daignan du Sendat (1 ). L'^cole issue de la Revolution; si convenablement et si nettement apprecide par mon excellent ami Leonce Couture, dans sa notice sur M. de Crazannes, a eu pour reprdsentants principaux ce respectable vieillard, le chevalier Alexandre du M^ge, Tabbe Palassou et M. de St-Amans. Au groupe historique de la Restauration et de la monarcbie de 1830 appartiennent MM. DeviUe, Jouannet, Bascle de Lagr^ze, Castillon d'Aspet, Loubens, Samazeuilh, Cassassoles, P. Laffor- gue, Tabbe Dorgan et le chanoine Monlezun. MM. Mary-I^fon et Cenac-Moncaut marchent k la tete du parti des troubadours et des trainards du romantisme. A cette classification rapide, ajoutez diverses entreprises d'un sentiment tout individuel,par exemple le beau travail de M. Tabbe Caneto sur Sainte-Marie d'Auch, ou

(1) Je ne laisserai passer aucane occasion de prier le Conseil ^^n^ral do Gers de revenir sur la d^ision, si peu patriotique et si regreUaMe, prise il y a deux ans an sujet des pr^ieux manuscrits de I'abb^ Daignan. Nnl doute que si les acad^ies de Toulouse et de Bordeaux, ainsi que les autres Soci^t^s savantes de la region, etaient consalt^es k ce sujet, elles n'^missent des voeux unanimes en faveur de Tim- pression. MM. du M^ge et de Crazannes s'occupaient mdme d'orgaoiser une mani- lestatioD dans ce sens, lorsque la mort les a enlev^s tous deux.

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16 YHistoire du dioeise d'Agen de Fabbd Barr&re, et vous avez en abrdg6 I'ancien bilan historique de nos coDtr^es.

La noavelie 6cole est representee, dansnotre region, par des hommes dont rexpdrience est d^jk form^e, et qui voient venir k eax, de teas cdt^s, des recraes pleioes d'ardeur. La Yivacit4 de ces preoccupations se manifesto sous toutes les formes. Sans parlor des annales des diverses Soci^t^s acad^miques et des publications particuliires, le seul ddpartement du Gers a produit deux Recueils pdriodiques destines k representor les interdts historiques du Sud- Ouest. La Revue d^Aquitaine compte deja sept ans d'existence. Fondee dans des conditions defavorables en apparence, elle a su echapper aux difficultes de debut, constater son utilite et conque- rir une place enviable parmi les recueils de ce genre. Son directeur a Tincontestable merite de Tinitiative, et si tel ecriyain de ma con- naissance a pu conquerir erga omnes^ et k la force du poignet, un conmiencement de notoriete proTinciale, il compte bien ne pas oublier ce qu'il doit k Hiospitali^re publication de M. Noulens.

Si lliistoire consent a faire place k la litterature dans la Revue d^Aqintaine, elle regno exciusiyement dans le Bulletin du ComiU d^Histoire et d^ArcMologie. Le BuUetin vient d'entrer dans sa quatriime annee, et je me rappelle sa fondation comme si c'etait d'hier.

Au mois de Janvier 1 860, un preiat illustre et regrette avait rassembie dans son salon bon nombre de personnes curieuses d'histoire locale, et dont le nom de plusieurs faisait autorite. Je me trouvais \k je ne sais trop comment, et ce fut alors que je vis pour la premiere fois Monseigneur de Salinis. II m'apparut comme un bomme fait a la fois pour le conmiandement et la persuasion. D6}k trahi par ses forces, il gardait au milieu de ses infirmites une enti^re serenite d'esprit, et conciliait sans effort les vertus chre- tiennes et episcopates, avec les famous d'un gentilhomme et la lar- geur de vues d'un philosopbe et d'un politique. Sa parole lente et mesuree semblait faite surtout pour Tintimite du conseil; sa pene- tration naturelle, singulidrement developpee par une grande habi-

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- n - tude dii monde, se traduisait volontiers par ce sourire, si charmant et si rare chez les vieillards, et t^moignait de Tironie douce et bienveillante qui vient de Tige et de Texp^rience. J'avais alors publie fort peu de chose, et, sauf un ou deux fragments, rien que je ne regretle d'avoir icrlt. Quand Monseigneur de Salinis me fit ITionneur de m'en parler publiquement, j'avoue que je vis lout d'abord dans ses paroles un de ces encouragements qu'un homme de sa position se trouve parfois forc6 d'accorder trop facilement. Mais, le soir mSme, dans un entretien particulier, ilme prouva combien je m'^tais tromp^, et combien il lui 6tait donn^ de p^n^trer profon- d^ment dans les plus secrfetes pens^es d'autrui. Ce qu'il me dit alors, je ne puis le redire, et je ne Tai mdme compris en entier qu'au sortir d'une longue crise, oh mon courage pouvail s'abimer dans un d^goAt et un abattement finals dont il a plu k Dieu de me faire grSce. Si pr^cieux qu'ils soient pour moi, leshauts encoura- gements que j'ai regus plus tard ne m'ont pas laiss^ les m^mes souvenirs, etje ne vois de comparable k la bienveillance gratuite du v^n^rable archevfique que la calme et constante amiti6 d'un jeune homme que je ne puis nommer ici, etdont la valeur morale nele c^de point k la superiority de Tesprit et des connaissances ac- quises. Un des nombreux m^rites de Monseigneur de Salinis, c'est d'avoir regularise et generalise le mouvement bistorique du Sud-Ouest. Par la creation du Bulletin^ il lui a donne un corps et un moyen d'expression plus special; il a groupe la, sur le terrain neutre de la science locale, bien des elements divers que, pour plus d'une raison qu'il est inutile de deduire, Tadministration civile aurait eu probablement plus de peine a rassembler. Le patronage de notre eminent preiat, Monseigneur Delamarre, n'a pas fait non plus defaut k cette oeuvre, et je regrette vivement que la bienveil- lance meme dont il Fhonore m'interdise de lui oSrir ici, en toute liberte, Texpression d'une reconnaissance generale etqui doit eviter de paraitre interessee. Sous Thabile et conciliante direction de M. Tabbe Caneto, vicaire general, le Bulletin a pu echapper aux inevitables difficultes de debut. II conunence k marcher dejk

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- i8 M se)% Pfftpr^. fprP^,3, ^S Ift foy^ur croi^nte de ropinipn lui

§1 Q9(iYe%^.cql9 h^sloriqae se troave ainsi dot^e, dans U r(ftdoip^^ de dQo^ ^^c^ieib p^riodiq^es, tapt s'en fa^t pooftant c^u'ils ^^^Dt ^ ^n ac^iYJt^^. L'e^^ceUent cal^logae, bibliograiphiqae an- neij^i^ k ch^ue ijiom^ro da BjiMetin t^moigne d'une activity pen cod^- oji^^n^^ft danoiQt^j^,4'^criT^c^$ de no^*e province qQionts\iqongQ6- rij,^ par ^n ^apd nopo^^^q df; pi^bl^catioqs spepial^s, une juste et ipcpnt^siable potor^^^. l^^ns la Ha^te-Garonne, F^npolsion vien^ n^^ifrejUemeo^t ^e ]^ Soct^^ ^ AnUgmires^ e^ surtput de Facad^- i^\e de Xonlouse dont ^'inflaence sur le Midi dfi la France est up f^^^^si ind^yiable q[^e salu.taire. ^lusieurs ont d^ja constats avec ^ne SfiUsf^ction v6riU|t)le q^e cette Acad^mie tend a se soustraire r2|pi^^m§ji^t au3f h|ibit|i^(i^es pei^ pji^^ci^ps de Tdcole du prepii^r enipire, r^pr$se,i[i^t(|^ |\]|squ'i ces dfjrniers temps par le baron Chaudruc de Crazannespt i^^if le Qhevalier du ^bge{\)J et ky substiluer cette mi^tl^Oj^i^ ^^,^!^^ ^l^^S^^? 9^^9f^^,<^^^ise ^'^rudition contemporaine. L^i repri^sentant I9 ^j^s ^"toris^ d^ \'9PiQff?i^ W. comm|epce k pr^ dyipiner s^ujourd'hui est assur^ment M. Edw. Barry, pro(esseur d'histoir^ k la Faci|ll^^ d^$ ^.^ttr^s, dont les savants m^^moires n'on^ epci^ru des hpm^es,sp6ci^px d'autre repro(}heque celui de D'etre ni ^^^^ poi^ibr^ui niassie^l^jp^s. M. Barry suit le mouvement I^tpri(^ue de tp^it notre A^idi ^ve^.i^pe attention qui justifie le cl^oix h^ur^ijx ^|sYinpatl^ig\ie<]^(^e M^ le^ ^A9,>i^^^ 4p'!^,9;^A^^^V^9 P^'^^Q^^^ f^td^lui^l^ur ^n ren(^e cppaptj^p etj^^sers^slkpour t^moign^rau be-

(l) Per^oime, I'en suis sAi, ne vera dwi ce jnfement iuig, irreverence envers I'alkHeiiD^'mTe historf^tie doht ]e ne nie>S les sirneei^^iiU; hv siirtoiii in m^^afl dp c(^nna,i/Maoc6 conjUje la ipaqooine dn cKevaUep. d^ V^^ et da bmp d^d^ CrazaDDe8,qbi m'ont dooo^ tons d'eux plusdTunconseil. Ilyaslx ans.je vis M.ou liege it TfiU^^Mfit en me r^ndMU, k Lachon. A^\pJ^{ qu^ j'en pi^s iugi^r alors,par ({pe^ues be]|- res de conversation, el par mes Etudes historiqae^beaacouppms incompldles qu'^aujotir^ d'htai.il mt fit I'eTfeld'vn cooipilatetir acharn6, d'un esprit pen jndicii^ax et encore moins difficile sur le choix des moyens historiqnes. Tant s'en fant qaela lecture de ses Notes sdr iHiitoire du Langupthc et de ses nombreox ouvrages ait change nta premid^ opinion. H. deCrazannes apportait beancoop pins de rignenr dans ses proc^des soien- tifiMtbes: T^rs'la'fin de i^ vie, oe bon el v^ndrable arch^ologtie m'honorait d'une cor* respondance assez active, et qui t^moignait d'un naturel ^minemment bienveillant et sei^iable. Bien que je n'eussS point I'honneur d'^t^e p«rsonneltement connu de lo>;

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s6iii 4u» ^D fn\mt i'6\6n^ ju^qii'dux plilb obscUlr^ tr4*iUlt%uVS. Qa'il me pennietite ildahmoifas, de lui rappeler ici cd tjue J'iiaid Hlobneur de lui ex|iHttlei* au moisd'aodt det*nier. (He qad le {iilbliti savailt att^fad surtout de lui avbc UDe imptatibncid l^gitim^e pkv 1^$ ant^dents, c'est rexamen ibt^gral de tout le systftme de poi^liH^ dd iressort de Tadcien Parlement de Toulouse, et la critique 61 la refontbde toute T^pigratihie des Pjrr^u^es et des regions ddjiti^D- tes. Le prenlier de t6s sujets lui dppirtiedt sdds coilteste, i^t du pleiti dbit d'uD ^vaut collectionneur tpii & (otm6 des ^Hes si iAk- gnifiques et si cotnpl6ted de poids ihS(irit^. Tdtlt le itiohde le de^gnb aossi pour le sebbfad, car 11 est le seul qui piit^ dontler k h science la certitude ^pigrapbique qd'blle tie siurait trdhtei* ddUi les nombreux ouvrag^s dd chevalier dd M6gS et de se^ ittiitktedrS. Je ne puis )tbndv6 iei Jostled SI tous les tllljtaibreS de rAc^^uUi^ m Toulbdse, bi je ne pdis citei* que leS noms de M. Gatito-ArilbdU, Miteur des FlUridel Gdy Saber, de M. le dObtedl* Noolet, natura- liste et philolbgue dminedt, d6 soncoUfegue M. Desbart*^ai-Btihiard, du couftois et Idborlfedi iecr^talre perp^tdel, M. Urbain Vitry, et de mod bon 6a!aiiviAi Enlile Y^sse, collaborateur fort gbfM dd \i Revue dt tbuUMe, dt ^ui pburrait attester que lo^scjde tious iixAbiM notre Dt*bit ^tonlblb, je Me manifdstais pds pr6cis6ment uoe vocatioti hisidHque i^H dl^eid^e. Tdtilouse possbde adssi ude Acad^mid de L^gislktidn dont M kXii^ii services dnt cdhstatd Futility m rdrigiiid, dt i\i foudsltioti dd la^delld se rattache le nom de rilldd- trd et doqueot tlomitai6dd dont la France chr^tiende et lib^rald K regrett6 le long ^ilencd dt plMfi la mott. Mtaii le^ medibre^ AH cette Acaddmie composde des hommes les plus dminents de Ten-

lables. L'excelleat vietUard en avail ^t^ sincdremenl morUfid. tl voulait i toule force mettro son credit officiel k ma disposition, poor m'aider ii panser les blei^i tares d'une ambition d'nn genre particuJier. Je n'eas point k faire asaffe de ca\\^ bonne volenti^, et je me trouvai inopin^ment et radicalement gu^ri, ffrace al'Ins- titvt de Fiance, dont la jastice particuliire et faile pour d^go^ter de toutes les avtres, se distingue par ce caractdre vraiment arigipal, qu'il suMl uniquemeni de la m^riler pour 6tre certain de i'oblenir. M. de Crazannea^ est roort san^ que j'aie pu lui tdmoigner ma reconnaissance de vive voix. |1 m'avait engac^ k alter passer quelques jours chez lui, a Castelsarrasin. pendant les vacances do 186^ et je me disposals a parUr, lorsque j'eus Ja doulour d'apprendre. par let gazettes, que Finfatigable doyen de Tarch^ologie m^ridionale avait cessd de vivre*

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- 20 seigoement juridique, de la ms^strature et da barreaa, j'ai peine a choisir, et je ne veux ciler que M. le president Gaze, laborieux ex- ploratear du Droit coutumier, et M. Genouilhac, professear a la. Faculty de Droit, et Tan des plus assidus collaborateurs de h Revue, Hislorique de Droit frangais et stranger (1).

Le Tarn-et-Garonne dont une partie du terriloire d^pendait au- trefois dela Novempopulanie, possede aussi saSoci^te acad^mique. M. Devals, archiviste du d^partement, a publi6 naguere une His- ioire de Montavban^ destinee a faire oublier celie du chanoine Le Bret, et k laisser dans un oubli merits je ne sais quelle publi- cation rivale, inspiree du lib^ralisme commercial, et qui n'enri- chira pas plus le libraire qu'elle n'illuslrera son auteur, natif de La Fran^aise (2). Dans un recueil eminemment eccl^siaslique, et qui fort heureusement pour lui n'a point la responsabilit^ de mes faits et gesles, je suis tenu de m'expliquer avec grande reserve sur la Faculty de ttieologie protestante de Montauban. II faut convenir cependant, qu'a part M. Nicolas, qui est aussi rationa- liste que le comporte sa situation personnelle, MM. les Profes- seurs n'ont gu^re fait avancer la science dans cette partie du domaine historique qui semble leur appartenir plus particulifere- ment. N*esl-il pas surprenant, par exemple, qu'ils aient laisse a M. C. Schmidt, professeur a la Faculty de th^ologie et au s6mi- naire protestant de Strasbourg, le soin d'^crire un livre remar- quable sous plus d'un rapport et qui semblait leur 6choir de droit, YHistoire et doctrine de la secte des Cathares ou Albigeois? Mais assez sur ce p6rilleux sujet. Incedo per ignes.

(1) En dehors des academies, le monument historique, dans la Haute-Garonne, a trouv^, il y a vingt ans, son expression ultra-romantique dans la Mosaique du Midi, et se trouve aujourd'hui heaucoup plus s^rieusement repr^sent^ par la Revue de Toulouset si habilement dirigde par M. Lacointa, el daDS laquelle tous les lecteurs ontremarqud les articles de M. Ernest Roschach, dcrivain Derveuz etcolord, et r^ cent fondateur du Midi IHustr^,

(3) L'Acad6mie dns Sciences, Inscriptions ct Belles-Lettres de Toulouse, a mis en reserve, Tann^e derDiSre, VHisioire de Montauban de M. Devals, et ma brochure sur les Ckartes de Mont-de^Marsan, pour le concours de 1863. Je ne sais si les rd- glements de cette compagnie me permottront de retirer mon travail; mais je declare a tout dv^ncment que ce n'est pas avec un Essai si court et si hdtif que jepourrais avoir la pretention de lutter centre I'^tude s^rieuse autant qu'approfondte de M. Devals.

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84 - Depuis quelque temps, et grace aux louables efforts d'un petit nombre de travailleurs, les etudes historiques semblent vouloir prendre faveur dans le Lot-et-Garonne. Le pr6fet actuel, M. Paillard de Saint-Aiglan^ est an ancien ^Ifeve de TEcole des Chartes, et le departement iui est redevable d'une initiative scientifique dont il est d^ja possible de constater les avantages. Par ses ordres, les anciennes archives d'un grand nombre de communes ont 6t6 cen- tralis^es a la prefecture, od Ton pent les compulser beaucoap plas commodSment, et ou Ton n'a point a redouter poar elles la con- voitise de collectionneors pen d^licats on Tincurie de certaines municipalit^s. M. Paillard a pa obtenir aussi de certains d6p6ts pablics des d^partements voisins la remise d'un assez grand nom- bre de pieces int^ressant TAgenais, et il a fond^ ane bibliotheque sp^ciale, uniquement compos^e d'ouvrages relatifs a cette region. Grdce a lai, la Soci^t6 d'AgricuUure, Sciences et Arts d'Agen, a 616 l^galement reconnue comme ^tablissement d'utilit6 pabliqoe, et si cette institution vraiment utile regrette toujours la retraite de qoelques membres aassi 6clair^& qu'honorables, elle a su recruter aillenrs des hommes de valeur et d'intelligence. L'administration d^parlementale a trouv^ un auiiliaire habile dans son archiviste. M. E. Croset a termini le catalogue des documents confi^s k sa garde, et dont son activity a grandement contribu^ a augmenter le nombre; 11 a ^dit^ les Coutumes de Lamontjoie et donn6 k la Revue d'Aquitaine et aux Annales de la Soci^t^ dont il fait partie des notices estim^es. Les hommes vou^s par goAt ou par profes- sion aux Etudes histpriques et pal^graphiques trouveront en Iui un bonmie port^ a les servir avec un empressement dont j'ai fait rbeoreuse experience, et que je ne saurais reconnaitre assez publiquement. La Society d'Agriculture possede dans M. Ad. Magen un secretaire perp^tuel dont la valeur et le d^vouement aux inte- rSts historiques de la contr^e n'ont pas ete reconnus tout d'abord comme lis meritaient de T^tre. C'est 1.^ le sort inevitable de tons ceux qui possMent quelque nouveaute d'idees et quelque vigueur d'esprit. II faut qu'ils tracent eux-mdmes leur voie el s'im-

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posoDt a TopiniOn. Aujourd'hui M. Magen a triomphii de ces obs- tacles^ et les hommes sp^ciaux qui appr^ient depuis longtemps la tolidit^ de ses Etudes et la nettet6 de sa critique, proofees par de Qombreux Merits, peuvent aussi t^moiguer du rare et sympathique empressement qu*il met k faire valoir et k faciliter leurs propres travaux. Parmi les ^crivains du Lot-et-Garonne, j'dime k rappeler le nom de M. Samazeuilb, kuteur de Thistoire de VAgenais el du Bazadais et de divers autres ouvrages, et k citer ceux de M. Tamizey de Larroque, coUaboraleur de la Correspondance liUiraire, des Archives de la Gironde^ etc^^ de M. MouUid, conseiller k la coor d'Aget), ^diteur et comtneDtateur de divers statuts locaux, de M. de Yillepreux, biographe ^EUonore d^Aquitdine, et de M. Jules de Laflfore^ auteur de notices Bur le Brulhois^ T^vdch^ de Condom et divers autres sujets. Le caract^re actael et politique du Journal de Lot-etrGaronne est peut-dtre cause que soti r6dacteur n'attache aux intdr^ts de Tbistoire locale qu'un int^rdt secondaire. Get inconve- nient fort l^ger se trouve amplement compense par laAetme dAqui- taine^ imprimde maintenant a Agen, et par I'AbeiUe Agenai$et feuille bebdomadaire appelde a rendre de v6ritables services, et dans laquelle M.J. Secret a dAjk publie d'int^ressantes biogra- phies.

Gomme la Haute-Garonne, le d^partement de laGironde abonde^ en ressources les plus varices. Les nonls propres se pressent sous ma plume, et je d^se^^re de poovoir tons les ^crire. Dans \6 baut enseignement, ily a M. Francisque-Micbel, dont j'ai brouvd todjours r^rudition aussi indpuisable que I'obligeattce, et qui a rendo taut de fois, a notre province et k bieo d'autres, d^^mindnts services bistoriqoes, qui beureusement ne sont pas pres de finir. Dans Tacaddmie de Bordeaux^ je ne veux citer que MM. Gustavo Bronet^ polygraphe distingo^, Baudrimont^ ebimiste et philologue, Gbarle^ des Moulins, aussi versd dans Tarcb^ologie que dans Tbis- toire iiatorelle, le vicomte de Gourgues, et Fabb^ Girot de La Yiile, fort rem»rqd6 a I'avant-dernier congrbs scientifique. Je n'ai garde d'onblier non plas M. L6o Drosfyn^ peintre de talent, et

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83 -

qoi salt joiedre m joU brin de plume a son onayoo de pajoagiste el d'arcbtologue, ni M. Joles Delpit, Fan des ^diteurs du Uanus- crit de WolfenbuUelj et le plus actif collaborateur des Archives Bistoriques de la Gironde. La presse politique laisse parfois aux journalistes dQs loisirs qu'ils saveut faire tourner au profit de lliistoire locale. Timoins M. Henri Ribadieu, et mou camarade Andr^ LaverlujoD, r^acteur en cbef de la Gironde^ et aoteur d'one 6tude pleioe d'int^rdt sur Sulpice Severe. Le public n'a pas noD plus laiss^ passer ioapergus les Essais de MM. Charles de BrioUe, Pepin d'Escorac, et Fabbd J.*B. Pardiac.

Dans les Landes, le mouvement historique a pour reprdsm- Uois, : M. Fabb^ P^^ert^ qui a donnd une subslantielle notice sqr NotrerDafne de Bago el quelques autres Iravaux, M. Roger- GaiUart, M- le bearon de Cauna, M. Leon Sorbets, correspondant actif dn 9uiJlfitinj et M. Tarti^re, archiviste de ddpartement, qui s'occupe, dAVop, ^ pubiier diye($es cootumes landaises impatiemr ment atteodues. M. le ^comte Hector de Galard a adress^ phi- siMlurs fois a la Bevue i'AqMttame des articles appr^ci^s d^s )e d&bu\. Ce» articles dtooteni une vive et nette inlelligence de notre p;^ provinciai; le m^iiileur e3t, sans contredit, cekii qui a pour titce : La Chalosse siyu/s la daminaUon an^se. M. de Galard a'^t. cwtaineioflini^ pas booune a \ouloir vivre sur succea. Sa fortpoa eA ses loisirs soiU de pr^cieuses faoilit^s. pour Tdtude, et aoppos^^ qu'4 Iw pcenne fantaisie de cba3ser aur les tevFes de la politique^ Qe n'est f^ une iraisoii^ poor ne r&venir jamais sul^ ceU€|% de l[his»tQir^ localQ,, ob il a laissd des souveiks, et qu it trQi)vera toujoors t^ ^oeil.

Ias Basses-PjT^ptes q'cwt rm h wvier aw ddparteoienibs voi* sin^;, liq\^ ce qui a^cbappd a M^rca, a QihiinarL, aOlhagaray et a^ Fa^yn^ a ^t$ repris en soas-Q8u,vjre, par le chevalier deB6ia, colo- nel, ai^ r^gink^pt dQ, ^yal-Caatabre, Dpia Sanadoa, Fabb^ 9o^ davant, Faget de Baur^ et MJH. Mazure et Basely de Lagrtee. D9118 ^ QrammflirA 9^rnais», M. Y. Lespy a d^^m^l& qetle- mm* les r)^e§ e( la s,jQts^ de, l!idv>ma iiMJUg^ne, el pos^. lee bases

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- 84 - d'an systeme arthographique qui a g^D^ralement pr^valu. L'esti- timable biblioth^aire de Pau, M. Haloulet^ nous adoDoe les For$ de B4arn complets, et tout r^cemmenl les Proverbes B^amais. M. Balasque, juge au tribunal deBayonne, vieut depublier, avec la collaboration de M. E. Dulaurens, le premier tome d'une His- toire de la villede Bayonne, sur lequel je reviendrai plustard avec detail, et qui relegue au dernier plan les r^cits de Compaigne et de Masein, tout aussi bien que la Nouvdle Chronique de Bayonne parun BayonnaiSy et les platitudes romantiquesde Morel. Le pays basque, qui, avantet depuis M. de Humboldt, aexerc^et souvent ^gar6 les recbercbes d'une kyrielle d'^udils, possfede M . Antoine d'Abbadie, connu par son hardi voyage en Abyssinie, etpar divers travaux de philologie euskarienne. Ce linguiste a d'abord ^t6 le collaborateur de feu M. Augustin Chaho (de Navarre), qui a pu- blic sur les Basques tant de somettes et d'histoires apocryphes, et qui, du r61e de voyant, passa bient6t a celui de visionnaire dans cette biscomue et cocasse Philosophie des Religions, dont pour- tant on n'a plus le courage de rire quand on songe k la triste fio de lauteur. Heureusement pour M. d'Abbadie, son bon sens et sa bonne foi Font bient6t soustrait aux dangers de cette collabora- tion, et les approbations moins r^serv^es qu'il a revues depuis ont dA lui donner la mesure de sa valeur personnelle, et lui faire comprendre ce que le public est encore en droit d'attendre de lui . Le d^partement des Haules-Pyr6n6es possede, depuis quelques ann^es, une Soci^t^ Acad^mique fort nombreuse et fort active, dont j'examinerai bient6t les Annales sous le rapport historique. Parmi les membres distingu6s de cette compagnie, citons M. Char- les Dupouey, le courageux foadateur de la Chronique de la Bi- gorre^ M. Couaraze de Laa, ^crivain trop peu f^cond k notre gr6, M. Magenties, archiviste du d^partement, et M. Deville, esprit sagace et dont la critique aime a s'exercer volontiers aux d^pens des Essais historiques sur le Bigorre de M. Davezac-Macaya. Je ne crois pas que M. Gurie-Seimbres, de Trie, fasse parlie de la So- ci6t6 Acad^mique des Hautes-Pyr^n^es. Mais ce qu6 je sais, k n'en

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- 25 - pas douter, c'est que les courts fragments qu'il a publics ont AH aussitdt remarqu^ eo plus d'un bon lieu, et que Inexactitude de ses rechercbes et la si^ret^ de ses informations I'ont designs tout de suite k Tattenlive sympatbie de bien des personnes qui ne pensent pas exactement comme lui sur toutes choses, et dont une au moins a pris la liberty de le lui marquer, tout en sollicitant des relations accord6es avec un courtois empressement. M. Curie- Sdimbres a rastombld, sur les origines de nos yilles royales du xiv« si^cle, de precieux mat^riaux qu'il a le devoir d'utiliser le plu- t6t qu'il le pourra. Gette p^riode int^ressante et encore si obscure de notre histoire municipale lui appartient sans con teste, et le public compte aussi sur lui pour nous donner, concurremment avec M.Couarazede Laa, le recueil completdes coutumes in6di- tes de la Bigorre.

Puisque j'ai parld de coutumes, je ne veux point quitter la region des monta^nes sans signaler en passant le travail de M. Jules Cordier qui a pour titre : Droit de Famille auco Pyren4e$^ et qui d^passe certainement tout ce qu'on pent lire sur lemtoie sujet dans VEssai sur le Biam de Paget de Baure, XHis- toire du Droit franfais de Laferriere. et la r6cente Histoire du Droit municipal au moyen-dge de M. Ferdinand B^cbard. II est i rcigretter que M. Cordier, dont j'aime a reconnattre les bons pro- c6dis envers moi, n'ait point r^ossi ase soostraire, au moins mo- meptan^ment, k la vivacity de ses sympathies politiques, et qu'i! ait cru devoir et pouvoir juger Tancien droit pyr jn6en au point de vue d'une opinion que je ne saurais discuter ici loyalement et li brement* pui&que les conclusions scientifiques sont inseparables des pr^ttrencei^ absolument d^mocratiques de Tautemr. Malgrd ces im- perfections, to Droii de Famille auoo Pyrenees est encore le meiUenr livre sur eette matifere. Ausei plusieurs ont-ils regrett^ k bon droit que TsMiteur ait cru devoir se restreindre dans ces ^troites limits, et a'ail pas song^ k nous pr^enter le tableau complet de laiQascogna Itodale, municipale et civile. Peut-dtre a-t-il 6i6 ar- ribd ^ rip3ufiisaiice4es doouments rassembUs. En effet, une 16gi-

TOMB IV. 3

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26 time generalisation n'aura lieu qu'en presence d'une collection aussi complete que possible des statuls locaux. C'est a quoi nous devons tendre tons, et a quoi je travaille pour ma part, aussi reconnais- sant des services rendus que peu d6courag6par les obstacles que je rencontre parfois. Les recherches finies, M. Cordier ou tout autre pourra Jeter alors un coup d'oeil plus vaste et plus comprd. hensif sur Tensemble des bis gasconnes, car il sera possible de les itudier en elles-mfimes, de les comparer avec les divers fueros du nord de I'Espagne, et de rechercher dans quelle mesure le droit public et priv^ de nos voisins, si soigneusement 6tudi6 par 0!h6- nart, Blanca, Marina, Hallam, Capmany, Sempere et MM. 6i- raud^ Guizot et Gounon-Loubens, a r^agi sur le n6tre.

Je n'ai plus qu'a parler du mouvement historique dans le d^par- tement du Gers et je serai court, puisque j'ai rendu hommageplus haut aux services anciens, et qu'il ne me reste a appr^cier que des travaux r^cents. M. Fabbe L6once Couture s'est fait parmi nous^ et sans y viser beaucoup, une reputation qui a d^pass^ depuis longtemps les limites du Sud-Ouest. Tant s'en faut, n^anmoiiis, qu'il soit encore en position de reveler au public la haute port^e de ses etudes critiques et philologigues. Ce retard, qui me rassure aa lieu de m'alarmer, a sa cause dans la necessity prdalable od se trquve M. Couture de completer d'inmienses Etudes pr^paratoires. Sa profonde connaissance de Tantiquite classique, des littdratures du moyen-ageet particulierement de toutce quia trait k I'ltalie, les facilites qu'il trouve dans notre pays de se renseigner exactement a Tendroit de I'Espagne, loi permettront maintenant de consacrer beau- coup de temps a Texamen de la derniere Evolution scientifique de TAUemagne. C'est ici le cas de r^peter ce que j'ai dit un peu plus haut apropos de VHistoire des Albigeois de M. Schmidt, et de m'^ton- ner encore de ce que certaines opinions et certaines contr^es lais^ sent a des strangers le soin de raconter des evdnements qui^ par leur nature et leur importance, sembleraient r^lamer de prefe- rence un ecrivain du mSme parti ou de la m^me region. Depuis Raynouard quia beaucoup vieilli, les litteratures et les idiooies da

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27 Midi de la France n'ont encore produit, sur ieur propre sol, aa- cuohistorien vraiments^rieux. Fauriel 6tait de SaiDt-Etienne, eties continaateurs de Dom Rivet qui ont entrepris Texamen de la poesie provengale, appartieoDent gSn^ralement aui regions du Nord et du Centre. Chose encore plus bizarre et plus humiliante, la France s'est laiss^e surpasser par rAUemagne dans T^tude de de ses propres traditions nationales, et quand on parle de labo- rieuses et savantes recherches sur nos troubadours, il faut citer les noms de G6res, de Schmidt, de Bekkers, de Rosenkranz, de Wolf, de Keller, de A.W. de Schlegel, de Mone et de M, Fr6- d^ric Diez. Quand son heure sera yenue^ M. Tabbe Couture, qui possede autant que personne les causes et la succession de ce mou- vement, est certaiiiement appeld k faire marcher la science, et Tancienne France m^ridionale trouvera enfin en lui rhistorien in- digene et autoris^ de ses langues et de sa littdrature.

A c6td de M. Couture, d'autres ^crivains du Gers ont su con- qu6rir une place enviable dans la Revue ^Aquitaine et le BuUe- tin d^ArchSologie. Je ne veux citer que les noms de M. Tabb^ FauqQ6, doux et bienveillant esprit^ de M. Henri de Riviere, au- teur d'une estimable Monographie de Mirande^ de M. Tabbti Lar- roque qui continue avec un succfes r^el ses etudes sur nos Bas- tides municipalesj de M. I'abbd Sabatier, devout et chaleuretix apobgiste de Monlezun, et dont les pieux efforts ne sauverontpas tout enti^re Tceuvre recommandable k plus d'un titre de Thisto- rien de la Gascogne. Nostrdsi Pergama deootrd. . . Dansce ddnom- brement, je n'ai garde d'oublier M. Niel, dont les r^centes Ori- gines de Condom sont de beaucoup sup^rieures a son ancien tra- vail sur Lectoure, ni Tint^ressant travail de M. Bstingoy sur le Tryptiqm de Gimont, pas plus que VHistoire de I'lmprimerie d Auch de M. Lafforgue, « les Monographies de Boulauc ef de Saramon de M. F. Cassassolles. Je ne puis enfin me dispenser de signaler le z61e vraiment patriotique d^loy^ par M* Tabb^ Abadie dans sa defense de Tancien dioctoe de Lombez. II me serait facile de comprendre dans cette liste pbis d'un6 piersonne

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- 88 -

doQt la dgfiance fort exager^e r^pugne a la publicity, et a qui le Bulletin doit des commonicatioDs importantes. La reconnaissaDce personnelle me fait ndanaioiQS un devoir de ddsigoer MM. Damont- Tourret, Dubor, curd d'Aubiet, et sortoutM. Tabbd Bdnac, card de Saiate-Gemme, dont le savoir n'a d'dgal qae la modestie, et qui a mis libdralement k ma discretion un recueil de documents prdcieux etp6niblemeat rassemblds.

Dans cet eiamen gdn6ral et hitif da mouvement historique du Sad-Oaest,dontjecompte m'enqudrir dordnayant d-une fa^on pre- cise et ddtaiU6e, j'ai certainement omis, par precipitation et par ignorance, bien des noms sur lesquels j'aurai I'occasion de re* venir. Tel qa'il est ndanmoins, ce ddnombrement tdmoigne d'one vigueur et d'une activity pea communes. Nul doute que si ces nombreui travailleurs disperses, et pour la plupart inconnus les uns aux autres, venaient a se rassembler pdriodiquement en con- gres regional, il ne rdsultdt de cette reunion de nombreux et im- portants progr6s scientifiiques. Je me borne aujourd'hui a eipri- mer cette pensde, laissantaux autres la charge de la mtHriret d'7 adherer, et me rdservant d'y revenir moi-mdioe en temps oppor- tun, pour indiquer les voies et moyens pratiques. Realisable oa nont ce projet ne saurait compromettre en rien Tavenir des ra- cherches entreprises. L'histoire locale n'a pour elle que son propre attrait; elle ne possMe ni budgets, ni chaires piihli* ques, ni aucun de ces puissants moyens d'organisation et de propagation qui ne sont jamais refuses aux sciences d'interdt general et aux grands besoins coUectifs, lei, tout demeare a notre compte. Ghacun de nous a charge de se renseigner 4 ses ddpens, et de sMpporter aussi toqs les frais d'imprdssion destines a un petit nomfore de lecteurs pour que Ton puissa e9perer serieusemant de rentrer dans des avances souveat iTb$ considerables. A vrai dire, les compensations que Ton oUient parfois ne sont gu^re de nature a seduire le conunun des martyrs. Les bonnes gens qpii rSvent des ovations bruyantes et foeiles out les journaux politiqaes ii leur service et soot Ubres^ je sapFoae*

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- «9 - de se porter candidats k n'ienporte quoi, k moins qu'eiies ne pri- fereDt s'adoDDer k ce genre de lilt^rature ioaugurd r^cemment par le progr^s des moears, et dont le courage docile s'attaque de pr^f^rence aux ODnemis d6sarin6s. L'bisloire locale n'a fort beureasement rioD a ddm^ler avec de pareils tripotages, et elle en laisse yolontiers Thonneur k ceux qui en convoitent le profit. Encore moins consentira-t-elle a les favoriser indirectement, en acceptant cette hypocrite ou sotte situation, qui tendrait k faire d'elle Texutoire d'une activity qui serait ici, j'en conviens, beau- coup moins gdnante qu'ailleurs. Tout cela, Dieu merci, ne nous regarde pas, et notre r6le, tout gratuit et d^sint^ressd, gtt en entier dans la reconstitution bistorique de la tradition provinciale. II n'est pas moins impossible de ressusciter pratiquement le passd que de supprimer son influence sur le present. Mais la renais- sance de I'esprit municipal a beaucoup a gagner a Texamen de ses manifestations ant6rieures, a Fintelligence des di verses Evolutions sociales dans lesquelles il s'est produit, 6puT6, et parfois d^plo- rablement amoindri. Si les communes ont jadis abdiquE entre les mains du Roi par aversion centre la f6odalit6, ce n'est point un motif pour que cette abdication survive aux causes qui Tout pro- duite. C'est k cette ceuvre de renovation que les annalistes r^gio- naux se sent instinctivement d^vouEs pendant prfesde trois sifecles, et telle est la fin que la generation contemporaine a le devoir de pour- suivreavecla conscience netteet precise de sa mission. Apr&s les tourmentes de la premiere jeunesse, aprfes le scepticisme et Tabattement moral qui marquent presque toujours Tinitiation k la vie reelle, I'histoire lo6ale est deja apparuea plus d'unhomme de mon &ge comme une des manifestations de cette tendance irre- sistible et providentielle, qui doit sans doute assoupir bien descol^- res, conjurer bien des perils, et procurer a plus d'un Femploi legitime et definitif de sa virilite prochaine. Humble soldat de cette idee, dont la jeunesse m'a seduitet me console parmi tant et de si diverses decrepitudes, je la servirai, Dieu aidant, tout le reste de ma vie. Cest en elle que mon esprit a trouve, enfin,

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~ 30 ^ contentement et repos; c'est 1^ que j'ai apprisle respect do passe, lout en me gardant, en vers lui, de ces serviles admirations que les gens soucieux de r^ussir r^servent pour le present.

J.-F. BLADfi.

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31

NOGARO.

FRAGIENTS D'OISTOIRE L0C4LE DE 1660 A 1701

Extraits dn Jouenal db la Fahillb

DOii.T DE pe:rghe:de:(1).

Nous avoDs voqIu eloigner de Tesprit de nos lecteurs, des le titre de ce morceau, lout ce qui aurail pu leur faire atlendre une histoire de i'aulique coll^giale fondle par saint Austinde. Nous ne toucberons pas mSme aujourd'hui a ce vaste et beau sujet, rd- serv^ tout entier pour un autre travail; et nous entrerons de plein pied dans la p6riode de Louis XI Y, signal^e a Nogaro par le pas- sage du Roi lui-m^me.

Le journal qui va nous fournir ces curieux fragments est con- servd par la famille Doat de Percbede. II est renferm6 dans un cabier in-quarto, cartonn6, convert de basane verte, et formant environ deux cents pages. Les deux tiers de ce recueil sont occup^s par un cours de droit, en latin, d'une ^criture tres fine et tr6s serrie. Cest la partie la mieux conserv^e du manuscrit. Celle qui renferme le journal, ou sont relates divers fails plus ou moins im- portants, et surtout les 6v^nemenls de famille naissances, ma- nages, d6ces inscrits en latin, a perdu un certain nombre de

(1 . C'est a M. le docteur Candelle, d^j^ coDnu des lecteurs du BullctiD, que dous devous ces extraits. Nous publierons successivement plusieurs autres pieces in^dites noD onoins int^ressantes, dues k ses intelligentes recherches; et, en lui ofTrant ici nos Tifs reinercieinents, nous le prierons de poursuivre ses fouilles dans I'lnt^rdl de notre histoire provinciale, qui n'a pas d'explorateur plus ferine, et dans celui de notre CBUvre, qui coinpte peu d'amis aussi ddvouds.— Nous devons aussi des remerciements a la respectable famille Doat de Percbede, qui a laiss^ copier^pour notre Recueil les pages de son journal, et en particulier k M. Gaston Doat, qui, sur notre demande, nous a transmis les details les plus prdcis sur scs ascendants, r^dacteurs de ce journal.

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32 - feuillets qui nous aaraieot foarni saos doute leur part de rensei- gaements curieux.

La famille Doat est origioaire de Nogaro et bieo ant^rieure aux plus anciens registres actuellemeat existaots a la mairie de cette ville, et dont la date la plus recul6e est 1600. Un JebaD de Doat obtiDt de Henri HI ou de Henri lY les armes que ses descendants portent encore : d'azur a trois herons d'argent membrfis et becquis de gueules. Les Doat ont fourni depuis 1 600 jusqu'a la Revolution francaise plusieurs avocats et docteurs en droit, un president qui fut aussi abb6-lay de Pr^chacq, deux conseillers du roi, deux offi- ciers, deux docteurs en th^ologie, dont un chapelain de Garai- son, etc., etc. Hs s'allierent aux meilleures families de lacontr^e : aux Claverie, aux Trinqualye, aux Sabazan, aux Grisony, aux Du Cousso, aux d'Esparbes, etc. Au xviii* sifecle, le pr^ident Guillaume de Doat, descendant direct des deux auteurs des frag- ments que nous publions ici, et ascendant de M. Ed. Doat, prin- cipal repr^sentant actuel de cette famille, devint, par son manage avec demoiselle Frai)Qoise de Montauberie La Mothe de Prechac, propridtaire du domaine seigneurial et du chdteau de la Mothe, ou se rendit Louis XIY et ou logea le due d'Anjou, son frfere. C'est depuis environ soixante ans que la branche ainee des Doat est titablie k Perchede.

Le premier passage int^ressant du journal a ^t^ ^crit par Jean Doat, docteur en droit et advocat, ne vers 1600; il est relatif au passage de Louis XIY a Nogaro, en 1 660.

Mazarin, on le sait, venait de conclure la paix avec TEspagne; la France avait recul^ ses limites septentrionales, et Louis XIY devait ^pouser Tinfante d'Espagne, Marie-Tb^rese d'Autriche, fille de Philippe lY. Une entrevue aurait lieu entre les deux monar- ques et le mariage se c^lebrerait dans notre province, non loin de la fronti^re espagnole.

Indiquons brifevement les principales stapes du grand roi dans ce voyage important. II ^tait parti de Fontainebleau des le 7 juillet

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33 1659, de Chambord le ]•' aoAt. Le 6 aoftt, il couche a Poitiers; le 14, a Saintes; le 17, k Blaye. Ici copioDS un fragment de YUiniraire des rots de France (1).

n 19 aoAt, va par eau coucher k Bordeaux.

6 octobre, dine sur la Garonne, couche a Cadillac (2).

7 couche a Bazas.

8 a Antagnac, couche a Gasteljaloux.

9 -^ couche a Nfirac.

11 couche a Lectoure.

12 va faire collation dans une prairie et couche k

MauYoisin.

13 couche & risle-Jourdain.

14 couche a Toulouse.

28 decembre, part de Toulouse, couche a Villefranche. » Laissons la un moment Tltin^raire. L'hiver se passa en Langue- doc et en Provence. Le roi visita la Sainte-Baume le 5 ttvrier, et entra le 2 mars a Marseille, par une brfeche qu'il fit faire aux murailles de la ville, pour lui apprendre que le temps desrd voltes iUdi pass6. Le 28 mars, jour de Piques, il fit ses devotions aux Cordeliers d'Orange. Le 2 avril, nous le irouvons a Montpellier; le 7, a Pizenas; le 8, a Narbonne; le 10, a Perpignan. Nous reprenons Tltin^raire :

14 avril, k Leucate, ouLeurs Majest6s f urent regal6es par le marquis de Sainl-Aunez, et couche a Sijean.

15 —. couche i Narbonne.

16 couche a Carcassonne.

18 couche i Castelnaudary.

19 couche k Villefranche.

(1) Depuis Louis VII jasqu'a la mort de Loais XIV, a la saita du Voyage d$ Charles /X, dans les Pidcet fugitives pour servir a Vhistoire de France (1769), t. I, Ire partie, fin dp vol. Ce pr^ieui recueil est dA au roarqsis d'Aubais et a Me- nard, rhistorien de Nimes. On reprocbe a ces compilaleurs ce qu'on devrait le pins louer chez eux, une exactitude minutieuse.

(3) La cour fut trait^e a Cadillac par le due d'Epernon. Le Bulletin a donn<^ d^ja (t. I, p. 416) la description rim^ du somplucux festin, extraile de fa Muse histo- rique de Lorei.

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34 20 couche a Toulouse.

23 couche a.....

24 couche a Auch (1).

25 couche k Vic-Faisensac (2).

26 couche k Nogaro. » Ici donnoDS enfiu la parole a Jean Doat (3) : « Le 26 avril 1660, le Roy antra a Nogaro dans un carrosse

tir6 a six cheveaux, et dans le mfesme carrosse -estoieut la Reyne sa mfere, M. d'Anjou son frfere et Mademoiselle. Les clefs de la i^ille lui feurent presant^es par M. Jacques de Lu- zarejvfuge du Bas Armaignac, au coiug de lamuraille d'Artigaux au-dessous de la ville^oii estoient acistans M. Bayrus, lieutenant dudil juge, M. Jean Doat, advocat, premier consul, Pierre Camot, marchant, second consul, Ramond Saint-Marcot, maistre apo- tfaicaire et troisiesme consul, Jean Ducamp, chirurgien, der- nier consul et authres habitans. L'harangue feut faicte 1^ mesme par ledit juge estant k genoux, et le Roy debout tenant le cha- peau a la teste. La harangue finie, le Roy alia dans son carrosse jusques devant le logis de la Reyne, qui estoit la maison de feu Cazanauve chirurgien; et la il monta a cheval pour s'en aller a son logis, qui estoit chez M. de Lateul6re; ou it ne feust pas plustot qu'ayanl quilts un bouquet de pleumes i^iolettes a cause d'une petite pluye le chargeant, il ne fist qu'un tour jus- que aupr^s de Daniate (4) pour la chasse aux cailhes, et rantra a cheval dans la ville par la porte de Gault, apres avoir tire

(1) « .. Et le 33 fat a Auch. ou il apprit la perle qn'il avait faite du marshal rH<)pita], Tun de ses plus fiddles serviteurs et le plus attache au bien de son Etat et de sa couroune. (M^moires de Montglat). >

(3) II y a des details sur le s^jour de la cour a Yic-Fezensac dans M. Daignan et dans le SuppUment k I'Histoire de la Gascogne. M. Monlezun cite deux proems- verbaux conserves a Nogaro et a Vic. Je ne sais s'ils existent encore; dans ce cas, ils seraient bons k publier textuellcment

(3) Nous respectons scrupuleusement le texte du manuscrit, sauf Tordre des frag- ments. Nous gardens ^galement Torthograpbe de I'original, qui n'cst pas fort irr^gn- li^re pour I'^poque; mais nous avons crn devoir en faciliter la lecture en y introdui- sant les accents et la ponctuation, qui en ^talent kpen pr6s cxclus.

(4) Daniate est uno maison do plaisance enlour^e d'une propri^t^, 4 cette ^poque tr^s considerable, situ^e dans la piaine du Midou, a 2 kilometres nord-est de la ville, sur le chemin qui conduit de Nogaro a la pieuse chapclie de Notre-Dame de Bouit. (Note de M. le d' Gandell^.)

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35

» prto la vigDo de Camot, snr les fosses, k uq lapareau qu'il print » d'on coup de fQsil, estant k cheval. » M. le due d'Anjou logea chez M. de Montauberie, et Made-

> moiselle alia loger k Arblade. M. de Tureune feust logd chez

> M. de La Tournerie, chaDoiue, oil il feust visits le mardy par » M. le juge et harangue, ou acistoient les susdits consuls.

» Ledit jour, 27 avril, le Roy partit de Nogaro et alia coucher » au Mont-de-Marsan.

> Lorsque le Roy passa, il lui fut desrob6 un plat d'argent chez

> Lasserre, qui feust trouv^ dans le lit dudit Lasserre. Le mesttie

> jour, feust desrobe une paire de pistolets a un des grands valets

> de la m&re du Roy, qui en porta la plain te en la presence du

> susdit Doat consul, a qui le Roy comanda de faire justice au

> plaignant.

> Le mardi 27 avril, ayant est^ prins deux paires de boeufs k » Bilhau pour tirer les deux carrosses du Roy, il [Bilhau] suivist

> les boeufs, etles ayant joincts derri^re les Deux Fonts (1), son

> metayer desatela les boeufs sous pr^texte de les aller faire boire

> et les en amena, et les carrosses restferentsur le lieu, jusques

> au vandredy, que le Roy envoya le lieutenant du juge, un garde » et le capitaine de ses mulets, pour scavoir qui auroict d6satel6

> les boeufs. Le susdit Heu tenant, deux consuls et plusieurs jurats » furent au champ oil avoient est^ joincts les boeufs, en com- » panie des envoyes du Roy pour scavoir a qui estoient les susdits » boeufs; et ayant este justifie que les boeufs estoient a M. Bilhau, » le lieutenant verbalisa centre lui; de quoy aussi le juge d'Ar- » blade informa, comme ayant les boeufs est6s d^satel^s en Arblade. » M. Montauberie estoit le juge dudt Arblade. Le diet Bilhau de- » meura quelques jours cach^ sans ose paroistre, et M. Gondin

(1) Ainsi se nomme encore le liea ou, au bas de la c6le d' Arblade et surla plaine de risaule, estStablie la bifurcation de ia roufe imp^riale de Nogaro a Aire et au Houga. (Note de M. le dr Candelle.)

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36 » estaDt alld Toir M. rintendant qoi estoit mpvbs da Roy pour les » afifaires de la ville, il obtint lethres de grace pour la dt Bilhau » qui feurent enreglstr^es au dl sl^ge.

» Le mercredy 28 avril1660, M. le prince de Conti logea en » ville. II feust visiW el complimanW a la porte par le dt sieur

juge [Jacques de Luzarey] acist^ des dts consuls, el logea chez » M. de la Teulfere, d'ou il partisl le lendemain 29 el suivit la » roule du Roy.

» Le 29 du diet mois d'ai^ril, le cardinal Mazarin logea a Mao- » ciel chez M. Berau, el le lendemain suii^isl la route de Ville-

franche.

» Ce mesme jour 29, vint loger en fillele nonce du Pape qui

ne feust complimant^ par la irille; il logea chez M. de la Teulfere, » ou il feust visits par Mrs du chapitre el compliments en frangois » par M. Luzarey, doyen des chanoines, el le nonce leur fist » plusieurs demandes en latin, auxquelles M. Dupuy cfaanoine > respondit. Le 30, il [le nonce] did la messe aux Capucins et » donna trois fois la benediction.

» 11 feust aussy desrobS k un gentilhome de la suitte de M. de » Conti quatre louys d'or, deux escus blancs et une pifece de vingt » sols chez M. Oucamp par un garden chirurgien nommS Rimailho » qui randist le tout.»

Nous ne donnerons pas ici les details du voyage de LouisXIV k Saint-Jean de Luz, ni des ceremonies de son mariage. II faut les lire dans les Memoires du temps, surtoul dans ceux de Mademoi- selle de Montpensier, qui fut de toutes ces fetes et qui les conle avec la spirituelle curiosite et dans la langue inimitable de la cour du grand Roi. II suffira, pour prendre conge de Louis XIY, de copier encore un extrait de Titineraire :

« 27 avril. CoucheauMont-de-Marsan.

29 Couche k Tartas.

30 Couche k Acqs.

i mai. Couche a Bayonne.

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37

8 Couche k Saiol-Jean de Luz.

4 join. A risle de laCk)nf^renc6, et couche k St-Jean de Luz.

9 Epouse a Saint-Jean de Luz. 15 Couche a Bayonne.

6 Couche k Acqs.

18 Couche a Tartas(l).

19 Couche auMont-de-Marsan.

20 Couche a [Capsieux] (2) .

21 Couche A Langon.

22 Couche A Bazas.

23 Par eau, couche k Bourdeaux. 27 Par eau, couche a Blaye.

li dtait le 4 juillet a Poitrers, le 13 a Fontainebleau^ el faisait sou entree solennelle k Paris le 20 aoAt.

Les extraits suivants, qui ont aussi leur inters t local, sont en- core de la main de Jean Doat :

(1; « Oil je fus expr^s et j'eus Thonnevr mot-m^me de boir le roi et la reine

sa femme et aussi la reyne sa mere etc... Je oe desire plus sinon boir le roy des roys au ciel Diea m'en fasse la grace I Alors fesoit grand cbaad. » Get extrait Au Journal de Laborde-Peboud a ^t^donnd par M . Monlezon {SuppL, p 511, notel), qui aimait 4 le eiter.

(2) c Le jour que le roi logea k Capsieux, dans les landes de Bordeaux, j'allai loger k SalntrJnstin, en Armagnac. Je me trouvai dans une yieille maison qui tomboit, et 11 7 a?oit mdme dans le plaocber de ma cbambre tin grand trou; je le fis fermer de planches pour ne le pas voir. Je me couchai et dormis aussi iranquillement que si j'avois M dans une belle, bonne et siire maison. Mon lit ^(oit aapr^s de la porte parce que la chambre ^toit tr^ petite; celui de mes femmes ^toit k I'autre bout. J'en- tendis un fort grand bruit et ensuite henrter k ma porte avec un vacarme epouvan- table. Cela m'^veilla, j'ouvris la porter je trouvai mon obimrgien qui me crioit: cSauvez-YOUs, la maison tombe '.* Je sortis sans songer a I'^tal oil j'^tois; je sautai les degr^s 4 moiti^ endormie, et me serois eassd le cou sans qu'il roe soutenoit. Lorsque je fus dans lacour, je regardai partout et demandois ce que c'^toit; Ton r^pondit que ce n'dtoit qu'un tremblement de terre; et eoaune iis y sont ordinaires, personne n'en ^toit ^tonnd.Mon ohirurgien, qui venoit pour saignerunedemes femmes, sentit quela maison trembloit, me r^voilla promptement et ne songea pas au tremblement de terre; et sana lui je erois que je n'en aurois pas oui parler. Quand j'eus appris ce que c'^toit, je me regardai et me trouvai toute nue en chemise. Je vis un muletier qui prenoit les couvertures de ses mulcts pour les recharger; j'ea pris une de laquelfe je m'enve- loppai et j'attendis ainsi que Ton m'e^t apport^ mes habits. Je m'habillai, j'allai k la messe, et apr6s je continual mon ohemin sans la cour. Je marchai depuis dix beu- res dn matin jusqo'a neuf du soir, par un obaud et une poudre qui passe tout ce que j'en puis dire. J 'arrival a Baaas en mdme temps que la cour, et Ton ne parla que du tremblement de terre. Le roi dit que la sentinelle qui 6toit devant ses fend- tres avoit crid aux armes; qu'il s'^toit mis k regarder; qu'il avoit demand^ ce que c'itoit; qu'on lui avoit r^pondu que la terre avoit trembM; qu'il s'^toit recoucbd sans 8' en mettre beaucoup en peine. (M^moires de Mademoi$eUe de Montpensier, 1660). »

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38

« Le luDdi -21 juin 1 660, eDlre quatre et cinq heuresdu matin,

» la terre trambla sy fortement que toates les maisons bransloient

» et tout le monde croyoit que tout alloit tomber. Le diet tram-

» blement fist sonner Thorloge; il a est6 gen^ral^ du moins dans

> tous les lieux d'ou nous avons peu avoir des nouvelles, mais sur- » tout il a est^ grand a Bagneres de Bigorre^ oil il renversa qua- » torze ou quinze maisons et lue [tua] quelques personnes soubs 9 les mines. Les habitans feurent obliges d'6taier leurs maisons » toates menassant mine, et elies sont encore pour le jourd'hui » aoiit 1660 en cet 6tat; etsamedy dernier 7 aoust, il arriva » au dt Bagn6res deux grands tremblemens dans la nuit, qui don-

> nerent une grande espouvante aux habitants (1).

(1 ) On a d^ja vu ane mention de ce tremblement de terre dans la note prMdente . II est clatr qii'on eiag^ra a la grande Mademoiselle la frequence de ces accidents dans notre pays. Yoici quelques textes de la MxAse historique de Lorct, sar le mdme Tenement :

3 JUILLET 1660.

Je receus le jonr de S. Pierre Lettre disant qu'un tremble terre Avait dnrant quelques moments Caus6 bien des ^tonnements Dans Bordeaux, ville de Gascogne, Ou Ton vit p41ir mainte trogne; Mais il ne fit rien tr^bucber, Hormis que de quelque clocher Unu assez grosse et lourde pierre Tombant donna dn nez a terre .. Tant y a que certain Gascon, Avec ce fastueux jargon Qui leur est assez ordinaire Et que je sals peu contrefaire, Durantle tremblement susdit 4. quelques siens compagnons dit : Et done, messieurs, qu^ bous en seroble? Quand je marche, la terre tremble. 11 faut bien que bous le croyez : Bous le sentez, bous le boyez.

(ii£mb joua, apostUle.)

Non settlement le tremble terre Qn'on redoute plus qu'un tonnerre Fit dans Bordeaux quelque fracas, Mais gens bien inform^s du cas Et qui sont plus de dix ou douse Disent mdme que dans Tonlouze, Auche, Agent, Ldloure etB^ziers, Climats abondants en fraisiers, Dans la ville aussi de Narbonne Et dans ceUe de Carcassonne,

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- 39 » Lemercredy 4 f^vrier 1665, la terre trambia, mais non pas

> sy fort que le 21 jain 1 660.

> Le dimanche 1 2 f^vrier 1 668, entre huict et neuf heures do » ia nuit, r^glise des Gapacios tomba, et ensevelit soubs ses ruines

> cinqcapucins^ lesqaatre desquels feureDttu^s, scavoir le P. Au- gastiD, le P. InnoceDt, leP. Jean et le P. Doroth^e; et Taathre

> feQ3t retire yivant et ne feust bless^ que l^gferement.

Non sans part out causer effroi. Arriva mdme d^sarroi; Et qnelqn'un d'&me bien sens^e L'apprenant eut cette pens^, Que la terre ne trembla pas; Mais qu'elle dansa les cinq pas De grand coour et de grand courage, Pour la paix et le manage.

Id JUILLBT.

Le tremblemeni vers la Garonne Qui fit trembler mainte personne, Atnsi que je I'ai dit ailleurs, N'^toit a Bordeaux que des fleurs, Ce n'^toit que lis et que roses; Yraiment on vit bien d'autres choses Durant ce jour tumultueux Vers Bigorre, lieu montueux. 11 fit tribucher dans Baignidrea Cent quatorze maisons enti^res; Et deux tiers de ses batimens Nonobstant leur chaux et cimens Parent rendus inhabitables. Par les fracas ^pouvan tables Que ce iremblement fit alors Qui causa quantity de morts, Qui ru'ina seize villages, *

Ddtruisit quatre cents manages, Abatit trente cabarets, D^racina plusieurs forets, Changea le cours de cent fontaines, Et rendit d'autres fort noalsaines. Ecaita comme des poussins Une troupe de capucins, G&la du bid, du foin, de I'herbe, Et pour ddmeetif ie proverbe Partout si souvent all^gud (Que d^sonnais, voilii, morgad) Deux montagnes se rencontr^rent, £t d'UB si grand choc se choqudrant Que Tune d'icelle fondit, fin laissant, k ce qu'on m'a dii, Pour marque de cette disgrace, Un St grand abtme en sa place, Que ny noble ny laboureur Ne le peuvent voir sans horreur Pour Tair malin qu'il communique. Mais laissons ce discours tragique..

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40 -

» Le lendemaiQ, treiziesme f^vrier, vers les deax heures, ies

> Capucins portoieDt le saint SacremeDt en procession dansTdglise » St-Nicoias. M. Lardos theologal le recent a genoux des mains du

> gardien soabs le porche, et les hosties consacrees feurent mises » dans le St Ciboire de la dte esglise, apr6s quoy les Capucins se re-

> tirerent etenemport^rentleur St Ciboire sans hosties.

» Le mesme jour treiziesme f^vrier, les quatre capucins feurent » enseyelis dans la capelle des cloches des Cordeliers en quatre quesses et deux fosses oil ils feurent portds par les artisans de » la ville. Le cbapitre y assista et fist Toffice, M. le theologal es-

> tant officiant, et n'y eust pas messe parce qu'ils feurent enseyelis » a quatre heures du soir. L'office se fist au cceur des dts P^res » Cordeliers. Le lendemain 14 f^vrier, les messieurs du chapitre » feurent aux Cordeliers dire la grand messe dans la chapelle oh » sont ensevelis les dts quatre capucins. M. Soucaret, chanoine,

> diet la messe, Messieurs de Bezin et Labenere estoient diacre » etsoubs-diacre."

Jean Doat, auteur de ces fragments, qui obtint du seigneur et de la dame de Sainte^hristie, le 11 octobre 1662, les lettres de la judicature de ce lieu, eut plusieurs enfants, entre autresle grand- pire du president Guillaume dont j'ai parl^ plus haut, nomm^ aussi Jean Doat, qui naquit vers 1630, et fut docteur en droit et avocat en Parlement. Ce dernier est Tauteur du fragment qui ya suiyre.

Ce fragment est relatif au passage kNogaro des ducsde Berry et de Bourgogne, petits-fils de Louis XIY, qui venaient d'accompa- gner a la fronti^re d*Espagne leur fr^re le due d'Anjou, devenu PhiUppe V. lis 6taient partis de Paris le 4 d^cembre 1700. La separation du nouveau roi et des deux princes s'^tait faite a Saint-Jean-de-Luz, le 22 Janvier 1 701 , « avec des larmes qui all6- rent jusqu'aux cris, » dit Saint-Simon. Et tandis que Philippe V s'acheminait vers Madrid, les dues de Berry et de Bourgogne traversaient de nouveau notre province. « Le lundi 24 Janvier, ecrit dans son journal Tel^ve de F^n^loD, nous partimes de

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Bayonneaaa bem*e& , noos arriv4mes a Dax, a sept heores

du- soir; il plot tout le jour; les chemins 6taient horriWement

Daauvais Le naardi 25, les eaux augoaentferent de telle sorte

que Ton ne pou¥oit plus repasser le pont ni sorlir de la viUe; elles augmenterent encore le mercredi 26 et le jeudi 27, en sorte que la campagne en 6toit toute cou?erte et que Ton ne voyoit que la painte des arbres. »

Aprfes un assez long retard, les princes purent seremettre en route; et notre manuscrit nous donne la date et les details de leur D^ption a Nogaro.

« Le samedi soir 25 fevrier 1701 , arrivferent a Nogaro Mes- » sieurs les dues de Bourgogne et de Berry, fils i Monseigneur le » Dauphin, qui tenoient d'accompagner le due d'Anjou leur fr^re

> jusqu'a la fronti^re d'Espagne, dont il a estd faict roy par le

> testament de Charles II, roy d'Espagne. lis feurent salute par » Claverie, maire, a la t6te des consuls, et pour toute harangue » on les remwcia de Thonneur qu'ils faisoient de visiter cette » ville, Mgr de Bourgogne feut log6 chez M. Gondin, et Mgr de » Berry chez M. de Trinqualie B^on.

» Le dimanche 26, ils s^joumerent en ville et furent entendre » la messe h F^glise colWgiale. lis furent harangues par M. de » Luzarey, a la porte, a la tdte du chapitre.

Le mfime jour, a onze heures trois quarts, ils furent visitfe » et harangues dans leur chambre par M. Roger de Luzarey, juge » d'Armagnac, k la t6te de la justice de la ville. Et leur fut pr^sentfi » du fruit et de bon vin de Geurangon. Et vers raidy parut devant » la porte desdits seigneurs un bon paysan de campagne, portant » deux petits agneaux blancs sur le cou en forme de besace, dont » il vouloit faire present a Messeigneurs les princes. Les gardes, » qui n'entendoient pas son jargon, le repoussSrent. II s'y fit assez » de bruit pour le faire entendre a Mgr de Bourgogne qui voulut » scavoir ce que c'^toit, et quelque seigneur de sa suite le lui » ayant dit, il fut charm6 de Tempressement du bon homme au- » quel il fit donner une dtrenne; et les gardes voulurent avoir

Tomb IV. 4

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42 - » ies agneaux; mais Monseigneur le due de Boiirgogne youiut « qu'oQ Ies y iaissdt.

» Le lundi 27, Mgrs Ies princes partirent de celte ville vers 7 heures du matin et forent coacher a Yic-Fezensac. lis enten- » dirent la messe aux Cordeliers en passant. »

NoQS lisons dans le supplement k THistoire de la Gascogne qu'ils se rendirent ensuite par Auch et Tlsle-Jourdain en Lan- guedoc.

Le journal du due de Bourgogne, dont nous avons cite tout k Yhmre un ex trait, emprunte a la derni6re edition de Saint-Simon, nous foumirait probablement d'autres renseignements sur Titine- raire des deux princes dans notrc pays. Mais ce journal n'a ete imprime qu'une fois, dans un recueil publie au dernier sitele, en Hollande(l), et sur lequel il ne nous a pas 6t6 possible de mettre la main.

LftONCE COUTURE.

.l)CariosiWs historiques ou i Recueil de pi^es utiles k rHtstoire de France; {Amsterdam, 1759, *^ vol. in-18), i. ii, p. 93-250; citd par M. Ch^niel, dans une note aux Mimoires de Si-Simon (t. ii, ch. xiv).

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UlVfE QUESTION

(XIV« SfltaLB).

Dans les premiers jours de Kvrier nous recevions les lignes SQiyantes d'un de nos correspondants :

« Celui que vous avez bien voulu visiter il y a quelques semai- » nes, dans son lit de douleur et d'insomnie, est aujourd'hui en » pleine convalescence, et les forces lui reviennent quoique bien » lentement. II a essay^, a votre intention, de mouler par estam- » page un je ne sais quoi qui a 6t6 trouv6 r^cemment dans nos environs et dont Foriginal, qui n'est plus a sa disposition, est en » coivre. II vous envoie une 6preuve de ce moulage, et il serait » tr^s heureux si vous^tiez assez bon pour lui communiquer votre » appreciation decisive de ce specimen. Serait-ce un poids d'^vd » que ou d'autre autorit^ eccl^siastique? »

La question nous parait facile a r^soudre dans le sens indiqud parces demiersmots de notre cher convalescent. La sagacity que lemonde savant lui reconnait depuis longues ann^es, dans la juste appreciation de ce que, en un sens, on pourrait quelquefois appe- ler medailles du deluge, ne lui aurait pas certes fait defaut pour Tinterpretation definitive du cuivre recemment decouvert, si ses forces, a peine rajeunies, lui eussent impose moins de menage- mwts.

Ce je ne sais quoi, nous dit-il, a ete trouve dans nos environs. Est-ce a Omezan, a Seissan, a Simorre, a Sansan ou dans quel- que autre de ces localites environnantes que notre ami a rendues cetebres par ses precieuses explorations geologiques? Nous aurions

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4i

souhaite une iDdication plas precise bien que poar le modeste spe- cimen donl FempreiDte est sous nos yeux la question de gisement suit tr6s secondaire. Au moins est-il ais6 de se convaincre, a la premiere vue, qu'il ne remonte pas k une ^poque assez reculto pour avoir ^t^ contemporain du quadrumane de Sansan, dont la m&choire inattendue fut, il y a quelques ann^es, une sorte de r^- Y^lation pour Tlnstitut et pour tons les amateurs europ^ens de re- chQrches pal^ontologiques. Notre cuivce estmdme dedate tr&s pos- t^rieure aux tuileaux, aux hachettes de silex; aux couteaux, aux scies de la mSme matifere; aux aiguilles d'os ou de come et au- tres souvenirs de Tindustrie humaine et mdme de sculpture, qu'on a r6cemment d^couverts non loin de nous dans les fouilles de certaines cavernes : et tout cela s'est retrouv^ p^le-mdle avec les debris de divers quadrupedes qu'un petit nombre de g^ologues s'6taient beaucoup trop hdt^s de faire remonter i je ne sais quelles creations pr^adamites.

Notre cuivre porte, en effet, tons les caract^res des premieres ann^es du xiv« siecle, comme il est facile de s'en convaincre par Testampage qui le reproduit.

I

C'esl une espece de disque arrondi, dont le diam^tre mesure 055, et r^paisseur 0«008 au plus. Sur Tune des faces est en relief un b&ton pastoral dont la partie droite se termine par an noeud torique. Au-dessus de ce noeud, il s'arrondit avec grAoe comme dans presque toutes les crosses du mojen-^; mais la courbe rentrant simplement de droite k gauche une fois sor eUe- mdme ne revSt dans son mouvement ni k son terme aucun orna- ment accessoire. Nous ne voyons pas si le bout inf^rieur avait, disins sa forme pointue, le dernier des trois caract6res qui, dans ces temps recul6s, symbolisaient par la houlette pastorale Tautorit^ denos v^ n^rables Pontifes :

Curva trahit qiu)s recta regit, pars aUerapungit.

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45

G'est rinscriptkm qu'on avail grav^e sur le b&tOD pastoral dit de St-Satamin, a Toaloase. EUe rappelle qu'il devait dtre k ia fois, dans la matn qui le portait, un insigne' d'encoaragement, de direction et de correction; mais, comme disait un autre vers la- tin, selon que lesujet ^tait docile ou rebelle :

Curva trahit miteSy pars pungit acuta rebelles.

Par sa longueur, presque 6gale au diam^tre, notre crosse par- tage en deux parties une l^gende inscrite en relief entre deux cer- cles, concentriques Fun et Tautre au pSrimitre du disque. La forme des lettres rappelle les inscriptions lapidaires gravies en majus- cules de Talphabet gothique arrondi, dont les caracteres dominen^ vers la fin da xim si&cle et dans les premieres ann^es du xiv«. En les prenant de gauche a droite, un peu plus haut que le noaud, nouslisons:

MEDU : LIVRA j DAVX

Ce disque aurait done 616 frapp6 comme poids de demi-iivre destine au marchd d'Auch et pour servir aux divers details du commerce, fort modeste sans doute, qui, de son temps, se faisait dans notre cit^. Or, il est indubitable que la crosse fut, dans toutes les pModes de T^re chr6tienne, un emblfeme d'autorit^ 6piscopale. Dress^ a la place qu'il occupe, notre b^ton pastoral indique done un certain droit exerc^ par TarchevSque d'Auch sur le march6 comme sur les transactions commerciales qui se r^glaient par Tem- ploi de cette demi-Uvre.

Du reste, notre histoire locale vient a Tappui de cette interpr6- tatioti. EUe nous apprend que, mdme dans les si6cles ant^rieurs au xiv«, nos pr^lats disposaient des droits de place comme d'un bien qui leur ^tait propre dans leur ville 6piscopale. Cest, en effiet, ce que nous voyons dans un acte pass6 a Auch, le dernier jom* de fdvrier, en 1040. Raymond-Copa, inscrit au LXP rang dans la s6rie de nos Pontifes, venait d'organiser au midi de sa cathddrale Thabitation commune de son Chapitre, devenu regulier

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- 46

SOUS la regie de St-Augastin. Son neveu GaiUaume-Astanove, comte de Fezensac, Tavait g^n^reusemeDt seconds en faisant les frais d'une partie des coostractions. On avait pourvu an modeste mobilier alors en usage dans ces sortes de colleges, ainsi qu'a la disposition d'appartements distincls spdcialement affect^s au soin des malades. Le comte avait mSme eu la precaution d'environner le nouvel 6tablissement d'un mur d'enceinte avec meurtri^res a Tarbal^te, cr^neaux et tours de defense, ainsi qu'il se pratiquait k cette ^poque; car les b&timents de quelque importance ^taient invariablement pourvus de tons les moyens de protection que com- mandait le souvenir des invasions barbares et celui des malheurs qui, toujours, en avaient Hi la suite.

Les travaux se trouvant ainsi termin^s^ les chanoines venaient de prendre place, au nombre de vingt-quatre, dans les cellules claustrales lorsque TarchevSque et le comte voulurent, d'un com- mun accord, assurer leur entretien sur des bases definitives, de manifere a rendre, pour Favenir, Texistence de la nouvelle com- munaute tout a fait ind^pendante.

Jusque-la, et a partir de Taurin II (844-856), le pr6v6t de Sainte-Marie avait pergu annuellement, au nom de Tarchidiacre et pour son clerg^ m^tropolitain, les revenus que FarchevSque c^dait, a Toccident du Gers, sur les droits r^uli^rement affectfe k notre si^ge, des le n* si6cie. Des donations sp^ciales, telles que celles d'Espas, de Saint-Jean et de Saint-Martin de Verdale, etc., etc., etaient venues, il est vrai, accroitre ces primitives ressources. Mais elles ^taient insuffisantes, et le moment 6lait venu d'y supplier.

L'archevSque et le comte le firent par un acte commun, passS a Auch, la veille des calendes de mars, c'est-a-dire le dernier jour de Wvrier de Tannee 1040. Raymond-Copa donne, pour la nour- riture des chanoines, est-il dit dans la cbarte de fondation, cinq archidiacon^s dont il determine la circonscription dans son dio- cese, a savoir : ceux de Juillac, de Savants, d'Anglez, d'Arma- gnacet de Magnoac, avec la moiti^ des oblations etdes penitences,

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47 - ainsi que la moiti^ du marchi d'Auch et des terres qui appar- tiennent au si^ge Episcopal. De son cdt^ , Guillautne-Astanove abaDdonne ses droits sur les eglises d'Espas et de S6ran, avec la moitid d'Orn^zan et de Sainte-Christie, ainsi qu'une vigne, et les terres de Gozanet et de Panicars.

Le cartulaire des chanoines d'Auch avait consign^, dans son centifeme^ chapitre, une analyse de Facte primilif de cette impor- tante fondation. En la publiant au tome I, p. 160, instrum., du Gallia Christiana, les FF. de Sainte Marthe ne distinguent point la part du comte. lis semblent tout attribuer a Tarchev^que Raymond-Copa. Nous ignorons pour quel motif ils se sont^cartds de la legon primitive, qui est d'aiileurs beaucoup plus conforme anx usages du temps. Quoi qu'il en soil, il est bien manifeste que rien ne laisse soupconner la moindre reclamation de la part du comte, a propos des droits sur le march6 d'Auch, dont le pr^lat dispose en toute liberty, etcomime Taurait fait un seigneur tempo- rel quelconque, reconnu legitime possesseur de ces mdmes droits.

Cent vingt-cinq ans plus tard, notre histoire locale nous montre le comte Bernard lY en lutte ouverte centre Guillaume d'Andozille^ cinquifeme successeur de Raymond-Copa. Cette querelle, suscit^e par le comte a Toccasion des projets d'organisation communale que Raymond pr^parait k la viUe d'Auch, fut des plus anim^es. Et pourtant nous ne voyons pas que Bernard conteste k Tarchev^que les droits de son marchd, le seul que Ton reconnAt encore dans la yille. Aussi, ne pouvant les attaquer directement avec quelque apparence de justice, il tente d'^tablir un second marchd, dans le but manifeste de diminuer les revenus du premier. II le fixe de preference sur une place qui dependait du prieure de Saint-Orens, pensant bien que les religieux de ce monastere, toujours pen bien- veillants pour le clerge de la metropole, depuis la lutte des deux cimetieres, seraient tres disposes a seconder le comte dans tons les embarras qu'il voudrait susciter a Guillaume d'Andozille.Quoi qu'il en soit de ses intentions et des consequences que devait entratner cette entreprise au prejudice des chanoines et de Tarcheveque, elle

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- 48 eal poor doqs one preuve noavelle que les droits da pr^lat sur le march^ de Saiote-Marie dtaieni notoires au xlV sifecle. Noas igoorons si lediapitre a?ait aussi des poids timbrds de ses armes particuUer es, eo sa quality de co-propri^taire des droits de place. II est pins vraisemblable qa'il percevait simplement sa part des reveous de seconde maio, et que rarchevdque seal figarait au coatrat a terme de location ou de r6gie.

II

Au US'" si6cl6, les conditions devaient 6tre les m6mes, puisque la deml-livre r^cemment ddcouverte porte rembl^me de Tautorit^ dpisGopale. De plus, nous trouvons sur le champ de la face oppo- s6e le lion rampant des Armagnacs. Cette famille Tavait re^a dans ses armoiries des Fezensacs ses devanciers et ses auteurs, a¥ec leur couronne comtale que G^raud III avait le premier r^uoiesursa tdte, vers le milieu du xii* sifecle, a celle d'Arma- goac qu'il tenait de ses ancdtres.

L'archevdque, dont la crosse figure au droit de notre poids, appartenait done k la maison comtale; et la l^gende qui accom- pagoe le lion nous conduit a reconnaitre son nom, ainsi que son rang, dans la s^rie de nos prelats.

Nous lisons, en efifet, de gauche a droite, k partir de la croix grecque plac6e au-dessus de la tdte du lion :

ANNO i M i CCC i V i III

Cost Tan de grdce 1 308 que ce poids a 6t& frapp6. Or, a cette date, le si^e d'Auch dtait occupy par Amanieu II, petit-fils de Bernard IV, ce comte d'Armagnac que nous venous de voir en lutte centre Guillaume d'Andozille. II porte ici Temblbme h^ral- diqoe des armes de son grand-pere bien qu'il fi^t n& de Roger de Fezensaguet, qualrieme fils de Bernard, que celui-ci avait apanagS de ce petit vicomt^, en le d^membrant de ses vastes domaines, vers le commencement du xm* sifecle.

Amanieu dtait chanoine de Toulouse lorsqu'il fut nomm^ arche-

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49 vdqoe d'Anch, en 1261. Depuis pr^s de sept ans, G^atid, sob frere ain^, 6tait alors paisibto possesseor des trois coaronnes da Fez6DsagQ6t, du Fezensac et de TArmagnac. Ces deux dernieres ^'aot tomb^es en quenooille, Arnaud-Othon, vicomte de Lomagae, s'ea ^tait d'abord empare sous pr^texte que sod Spouse, Masca- rose, TaiD^e des trois filles de G^raud lY, comte d'Arinagnac, devait succ^er a sod frfere Bernard V, d^eM4 saDS ODfants.

Aprto la mort de son p^re Roger, G^raud, detenu vicomte de Fe- zensac vers 1240, avait invoqu^, coutre Mascarose sa cousiue, Tapplication de la loi saliqae, k I'exemple des rois de France et de presque tons nos grands feudataires. II se tronvait, en effet, Tunique h^ritier oaturel, en ligne masculine, des droits que la mort de ses deux oncies et de son cousin Bernard V avait dA conf^rer a Roger son p6re, et par l^-m6me a sa descendance.

Arnaud-Otbon, qu'on appelle aussi Arnaud-Bemard dans quel- ques actes, et G^raud son cousin par alliance, arm&rent done, chacun de leur c6t6, b6tes, vatasseurs, vassaux et gens de gi^; et Ton vit en peu de jours sur pied de guerre toutes les forces dont ils pouvaient disposer dans leurs petits ^tats; sans compter les partisans qui s'6taient prononc^s entre les deux pr^tendants sur les domaines en litige.

Nous avons donnd ailleurs(1)quelques details sur cette guerre de succession qui fut, pendant plus de quinze ans, si ddsastreuse pour notre province. Les conditions definitives de la paix ne furent sign^esqu'en 1255, en faveurdu vicomte de Fezensac, c'est*&-dire un an k peine avant la mort du vicomte de Lomagne.

En 1260, G^raud, ¥• du nom dans la s6rie des comtes d'Ar- magnac, dpousa Marthe, fiUe cadette de Gaston YII, vicomte de B^rn. Peu de jours apr^s, on le voyait se presenter, avec sa jeune Spouse, a la porte du choBur de Sainte-Marie d'Auch. A Texemple de ses pred^cesseurs, il venait faire hommage de ses deux comtes, prater au chapitre le serment d'usage et pren-

BuUeHn, t. 1, page 354 et saivantes.

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dre son rang de chanoine laiqoe a la stalle de la couronne.

Hispande Massas, alors archevdqae, les avail accaeillis avec le chapitre, quelques mois avant sa mort; et quand le jour de T^lec- tioD fut arriv^e, les chaooines se f^liciterent de troaver dans le fr^re du nouveaa comte toutes les. conditions reqiiises pour suc- c^der au pr^lat d^funt.

Amanieu prit possession du si^ge m^tropolitain vers le com- mencement de Tann^e 1 261 , au grand applaudissement de la pro- vince enti6re, qui n'eut qu'a se feliciter de sa longue administra- tion. II I'occupait depuis 47 ans lorsqu'il fit renouveler les poids de notre ville. Nous avons d^ja fait observer qu*il maintint le lion d'Armagnac, lui continuant ainsi la pr^f6rence sur tout autre embl^me h^raldique, mdme sur celui qu'il tenait originairement du vicomte Roger son p6re. Or, en cela, le nouvel archev^que suivait Texemple de son frfere G6raud V.

Nous voyons en effet que, pendant la guerre de la succession, ce dernier avail un sceau particulier dont nous n'avons pas encore pu retrouver Tempreinte. Un an aprfes la paix jurfie, il s'en ser- vait encore. Car il disait dans une charte de 1256 : «J'y ferai mettre notre sceau dont nous usons; » c'est-a-dire notre sceau de famille vicomtale, qui, par la-meme, devait Stre commun a son fr6re Amanieu, alors chanoine de Toulouse. « Car nous n'usons pas encore, ajoutait le comte, de notre sceau comtal.* (1)

Trois ans plus tard, Giraud V, dans une autre charte dat6e d'Auch, le 20 juin 1 559, assure, jure et autorise Tacte public qu'il passe a propos d'une vente et d'un achat, par I'application d'un autre sceau qui est neuf (2). Et, le d^crivant en sa langue romane, le notaire nous apprend que le lion traditionnel est Tem- bl6me de ce nouveau sceau comtal (3).

Or, c'est deux ans plus tard qu' Amanieu, II* du nom, dans la

(1) « Cum DOS ne usauem de nostro saget comlau cnquare, si faret mole noslre sagel (}est que usam. » Charte des archives d'Auch, editt^c > par M. P. Lafforgue.

(2) Aizo fo aseliad e jurad e autrejat per nostre saget que nau.^ De la charte aus- citaioe en langce romane que nous avons publtee ct commentt^c en forme d'essai de diplomatique. In-S" de 62 pages, 1857.

(3) EI quau sagot a do laune part leon. Ibid.

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M sefie de nos archey^ques, fait dans nos mors sod entr^ et prise de possession. A Texemple de son fr^re, il est obligd de se don- ner an nouveau sceau, et de substitoer ie blason de rarchevSque aox armes qa'il avait port^es jasque-lk comme chanoine de Ton- louse. Mais n'avait-ii pasles m^mes souvenirs et les mdmes tradi- tions defamille que G^raud Y? Depuis quatre generations, ses ancdtres, comme comtes d'Armagoac, se faisaient un titre d'hon- neur da lion rampant de Fezensac, que les pannonceauk d'Asta- nove II avaient illustr^en Terre Sainte, a travers les basards de la troisi^me croisade. N'eAt-il pas m bien etrange qu'Amanieu le reniit en sa quality d'Archevdque d'Aucb?' Vu d'ailleurs que, depuis pr6s de cent ans, il figurait a c6te de Tagneau symbolique de notre si^ge, sur le sceau communal de sa ville episcopate.

11 ne faut done pas nous etonner de trouyer notre lion, quel- ques annees plus tard» grave sur un bloc de marbre comme pen- dant de la crosse d'Amanieu II. Son predecesseur, Hispan de Massas, s'etait adresse a St-Louis afin de solliciter son royal con- cours pour la reconstruction de Sainte-Marie d'Auch, que Bernard IV avait ruinee (1). En sa qualite depetit-fils du comte demolis- seur, Amanieu etait doublement interesse a poursuivre cette ceu- vre de pieuse reparation. D6]k les fondements etaient ouverts par son ordre ; il en posa la pierre angulaire en 1 288 ; et c'est cette meme pierre, retrouvee de nos jours dans un mur en demolition, qui nous foumit a la fois la date de la ceremonie et Tassociation definitive du lion rampant a la crosse de Tarcheveque (2) :

t AMANEWS ; DE i A RMANIACO i ARCHIE PS : AVXITANVS : HI C i ME i POSVIT i t i A : M i CC i LXXX VIII :

(1) Rene Chopin Monast, lib ii, tit. 3.

(3) Cette pierre est repveduiio a la 34** planche de notre Atlas monographique de Ste-Marie d'Auch, in-fol. On y voit aussi ane demi-Uvre du mdme coin pins as6e et

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- Ml

Une grande croix grecque pit^e est au-dessotn de rinscriptioD. Et doDS les angles inf^iears sont cantonnfe les deux iosignes, le lion a gauche et la crosse a droite de I'observateur.

De plus, cette inscription monumentale nous apprend que ie prilat, non content de reprendre les armes de ses anc^tres, ayait anssi youIu porter leur nom. Ge n*est pas en efifet Amanieu de Fezensaguet, mais bien Amanieu d'Armagnac qui dtait venu fake cette solennelle expiation, 11 3 ans apres ToBuvre sacril^e de son grand-p^re.

li est vrai que Bernard VI, neveu de notre arche?dque, modifia, en 1305, Tdcusson de sa famille. Par son manage avec Gicile de Rodte, it unit ce dernier fief k ses yastes domaines; et en prenant la couronne comtale de Henri II, pbve de C^cile, A6c6d6 sans h6ri- tier en ligne masculine, il dut faire accueil sur Tdcu de ses armes au leopard lionn^ de son beau-pere. A partir de cette alliance, les deux emblemes furent 6cartel^s comme il suit^ sur T^cusson de Bernard YI et de sa descendance, sayoir : au premier et au qua- trUmej dargent au lion de gueules^ qui est d'Armagnac; au deuanime et autroindmey de gueiUes au leopard liorm^ dor^ qui est de Rod6s modeme. Rodte antdrieur k 1064 portait : de gueuleSy au lion £or.

Mais bien que notre demi-liyre ne soit post^rieure que de deux ans au plus k ces nouyelles dispositions, il est dyident que rien ne pouyait obligor I'oncle du comte Bernard VI a les subir dans ses propres armes. Aussi ne trouyons-nous au reyers du poids d'Ama- nieu II que le lion rampant, comme embl^me h^raldique de son ancienne famille.

F. CANfiTO, yic.-g6n.

coanue, depuis plasieurs ann^es. defeuM. P. Sentex de Duran, qui ne I'avait pas pobli^e. L'tnscription, reproduite avec une exactitude sAv^re, peut dtre considdree comme un beau spteimen des majuscules lapidaires du xiii* si^cle dans nos con- tr^es.

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RECHERCHES HISTORIQUES

8UR

l'4rl Bygieal retignyi hm la Pmiiee ecclteiastifye d'Aieh.

DES TROPES

et DU MOTBN AGB

dans r«rehifioo^86 dTAaoh.

« Tropus in re titurgica est versiculus quidam, aut etiam » jdures antej inters vel post alios ecclesiasticos cantus appositi. » Cest ainsi qae Martio Gerbert d^fioit les Tropes dans la litargie : d&s Yersets places avarU^ entre on apres les aatres cbants eccld- siastiques (1).

« Le Trope, dit M. Adrien de la Page, se composait de parties iDtercat^es dans une pi&ce de plain-chant, dont chaque p6riode se trouvait ainsi coap^e par une composition difiiSrente. Lliabilet6 des tropistes consistaitponr les paroles, comme pour la musique, k (aire en sorte que la pens6e s'enclav&t sans effort dans le texte sacr* en le diveloppant ou Fexpliquant (2).

Les Tropes 6taient done, en g^n6t*al, des strophes, et, souTent oadme, par extension, de simples paroles plac^es,par exemple, entre les mots Kyrie et eleison, entre les divers membres des

(1) De Cantu et mimca sacra, t. i, d. 340.

{%} De la reproduction des Uvres ae piain-chant romain, iQ-8<», Paris, 1853, p. 14 Voir aossi, du m^kne* aotenr, le Cours eomplet de plain-chant; Appendice, pp. T04 ettoWaiitet.

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phrases du Gloria in ecocekis, du Sanctus, de VAgnw Dei^ etc., qui devenaient ainsi de v6ritables pieces farcies.

Tous les chants liturgiques farsisj comme r^crivait TabbS Lebeuf en 1 741 , et farcis^ comme nous r^crivons avec plus de raison maintenant, o&aient des melodies dont les paroles 6taient compos^es m plQt6t farcies de plusieurs choses disparates.

Le mot farci derive du latin farcire, employ^ par Yitrove, Pline le nataraliste, Apicius, S^n^que et Caton I'agronome, comme signifiant remplir^ gamir, fourrer, enfoncer, introduire^ engrair ser. Aumoyendge, les ecrivains religieux en ont tir6 les adjectifs verbaux farsus, farcius et far situs ^ dont nous laissons aox lati- nistes le soin de designer la terminologie feminine et neutre.

Crescimbeni (1), dans son Istoria deUa volgar poesia (Lib. iv, cap. 3)« attribue nne origine analogue au mot farga^ soit qu'il si- gnifie une composition bizarre, soit qu'il s'applique a un melange de hdchls et de l^umes, que les Proven^uz, fort gourmets de leur nature, ont d^signd de la m6me mani^re, ainsi que le remar- que M. Honnorat, de Digne, dans son pr6cieux Dictionnaire pro- venfd (2).

On troove dans les monuments du moyen &ge trois espfeces de chants liturgiques farcis. Dans la premiere esp&ce, il faut ranger les chants adapt^s aux paroles latines de la liturgie entremdl^es de paraphrases 6crites en la m6me langue; dans la deuxi^me, le texte est en grec, et les glosses eft vieux frangais; dans la troi- sifeme, les paraphrases sont en langue vulgaire d'Oil ou d'Oc.

Un auteur du xi« si&cle, cit6 par Tabb^ Lebeuf (3), dit que le pape Adrien II a institu^ les tropes pour les monast&res od on devait les chanter, les jours de fdtes solennelles, non-seulement au Gloria in ea)cekis DeOj maia encore au psaume de YIntroU. Get auteur ajoute que ces chants, appel^s tropes par les Franks, dtaient les festivm laudes des Romains. Yoici le texte de cet au-

(1) Du Gange, Glouaire, au mot far$a,

i%) D*0rtigae, Dictionnaire de plain-chant, au mot Farce, coloane 602. (3) Traitihistorique et pratique sur le chant eccletiastique, Paris, petit in-8o, 1741, pp, lOSetsoivantes.

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- 55 tear : « Hie {Adrianus papa) constituitper monasteria ad missam majorem in solemnitatibus prascipuis, non solum in Hymno an- gelico Gloria in excelsis Deo canere hymnos inter stinctos quoi Laudes appellant, verum etiam in psalmis davidicisy quos in-- tr&itus dicunty intersecta cantica decantare qiUB Romani Festivas Laudes, Franci Tropos appdlant. » M . F6tis p6re oe peose pas que ce soit le pape Adrien H qui ait instilu^ les tropes pour les mouast^res, comme le pretend Tauteur cite par Tabbd Lebeuf; il croit, au contraire, que c'est a i'Eglise grecque que Tod doit attribuer rorigine des compositions farcies de latin, en ce sens qu'elie ajoutait et ajoute encore de pieux commentaires grecs auz prieres liturgiqu6s ^crites dans Tidiome dont elle s'est toujours et g^n^ralement servie, excepts en Russie. Ce ne fut que lorsque la iangue latine devint inaccessible en Europe a Tintelligence des fiddles, que les paraphrases ou farces furent emprunttosa Tidiome populaire. II paratt hors de doute que Tusage de ces paraphrases en Iangue vulgaire a 6t6 introduit d abord dans les Epitres et les Evangiles, usage qui se r^pandit en France, en Angleterre et en AUemagne. Des Epitres et des Evangiles, les textes farcis ont pass^ dans les autres pieces de chant. Plusieurs anciens cantiques en Iangue romane, ajoute M. F6tis, ont pour refrain ces mdmes exclamations Kyrie eleisony Christe eleison. On les chantait dans rgglise.

II ne faut done pas croire, avec quelques auteurs modemes dont je respecte d'ailleurs T^rudition, que le nom de Farsia^ usit6 dans le Nord, ait 616 remplacd par celui de Planch ou Planet, c'est-k-dire Complainte, dans le midi de la France. Au moyen dge, la Complainte a 6t6 farcie comme lous les autres sujets religieux ou profanes destines a devenir populaires. La complainte farcie ne pent dtre ici consid^r6e, dans Tarch^ologie, que comme une espece^ et non comme un genre, Toutes les de- finitions qui Yiennent d'etre donn6es en sont la preuve.

Les personnes d^sireuses de connaitre quelques-uns des curieux ^p^imens que Ton a publics de ees trois especes de chants farcis,

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eD troaveront dans le savant oirrrage d^ja cit^ de Tabb^ Lebeaf (jip. 122-138), et dans les beaux articles sar les Origines da PkUn-CharU que M. F^tis a fait paraitre, en: 1 846, dans la Bwue de M. Danjou (livraison du mots de mars).

L'abb6 Lebeuf a donag le texte et la notation de sept Epitres farcies en fran^ais dont voici la nomenclature :

1o et 2«Deux Epitres farcies de saint Est^ve ou Etienne (1), dont la secondeest de Tan 1400 environ (pp. 122, 125);

Une pour la fdte de saint Jean TEvang^liste, tir^e d'un ma- nuscrit de Tannde 1 250 circiter (p. 1 27);

4o Une pour la f6te des saints Innocents, mdme manuscrit, mdmedate(jp. 129);

5* Une pour le premier jour de Tan, id. (p. 132);

Une pour le jour de TEpiphanie, du xiii' sihde (p. 134);

7<> Une autre enfin, plus moderne, extraite d'un manuscrit de Langres, qui est la Idgende de saint Blaise, paraphras^e en vers fran(a]s(p. 136).

M. Fetia atrouv6 un grand nombre de tropes ou psraphrases qui appartiennent k tous les genres de/arcu, mais notamment aox farcis m latin et en grec-latin, tels que Kyrie detsorij Gloria in eoocdsis, Credoy Sanctus, Pater noster^ Agnus Dei, etc., etc., dans un manuscrit de la Bibliothfecpe de Laon, intitule : Hymni et Proses (jd!" 43 ancien et 206 nouveau), auquel il n'assigne aucune date precise, tout en reconnaissant qu'il est form6 deplustears* parties appartenant lee unes au xni« si6cle, les autres au xiv«.

M. rabb6 A. Amaud, dans un excellent article qu'il aiconsaord en1853aux Epitres ^arcie^ ou farsies (2), fait une observation sar laqudle nous appelons toute Taltention de nos lecteurs : c'est

(1) Une Epttre semblable ponr la fdte de St-Etienne, avec des variantes extraites d'uD anciea Manuscrit de I'^gUse catb^drale d'Agen, a ^l^ dono6e par Baynouard dans son Ckoix de po^iies ortginales des Troubadours, Getle m6me Epttre est encore chantde^ en latin et en p^atois proveDcal> dats la. calh6dral« d'Aix, IfrSS ddcembre de cbaque annde. D'Ortigae, (Diet, de plain-chant, col. 570).

Gf. Ad. Magen, Les Liures Hturgiquu de i'Eglise d'Agm^^Oki. Agen 1861, in-8o, pp. 73 et snivantes.

(») D'Oniin, DieU depiem^jkant, coll. 565^580.

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57 que les pitees farcies en I'hoQneur de la Sainte Vierge sont des mo- numents remarquables, c'esl-a-dire d'une rareW digne de Inattention des archeologues.

Or^ non-seulement le P. Mongaillard nous a conserve le textb d'on KyrtB fitrci de latin qui se chantait a Aubiet, a la procession du Corpus Domini, mais nous ajouterons encore que le dio- cese d'Auch pofi^de des monuments du genre de ceux que TabM Aroaud appelle remarqtuibles.

En eflfet, M. Tabb^ Canute, vicaire g^n^ral, nous a confix une reliqoe archtologique dont il a sauv6 les debris d un naufrage cer- tain : c'est un Missel-Graduel^ qui provient du convent des Dcxni- nicains de Marciac, maison fondle au xiv siecle (1). Ce manu- scrit a 6t6 longtemps en la possession de la famille Laberon, devenue propri^taire de cet etablissement; mais il avait it6 grave- ment endommagid par les enfants, lorsque ce qui en reste fut remis, il y a A6]k plusieurs ann^, entre les mains de M. I'abbd Can^ par M. Laberon lui-mdme. C'est a peine si nous osons dire que plusieurs feuillets du pr^cieux volume avaient servi k

cowrirdes potsde grame : triste destin^e qui nous a ravi

bien des monuments dont la perte est irreparable au point de vue de la science, de la litt^rature etde Tartdumoyen^.....

II va done sans dire que le mann^crit de Marciac n'est parvenu a M. I'abbe Canute que dans un 6tat de regrettable mutilation. Cependant, malgr^ les lacunes qui le difigurent, nous avons pu y recueillir le chant farci d'un ordinaire de Messe do Commun de la Sainte Vierge. Mais avaftt d'entr^ dans Taoalyse de ce corieui document, nous demanderons la permission de jeter un coup d'aiil gto^ral sur le manuscrit qui le contient.

Ce MissdrGfToduel est un petit in-folio i deux colonnes qui a certainement vu le jour vers les premiferes ann^es du xiv* sifecle. L'^Gjdture de ce manuscrit tient par beaucoup de details i celle du xup sibde^ mais on veit qu'elle n'a pas encore la complete pby-

(1) Dom Brailles, Chroniques eccUsiastiques du Diocese d'Auch, elc.p. 486. Tomb IV. 5

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58 - sioDomie qu'oot sa donner k la calligraphie les dl6gants copistes du XIV*.

Ce qui reste de ce volame se compose de 1 1 6 feuillets chiflfr^s au Terso de chaque feuillet.

Le premier feuillet porte le nombre gixy, et le deroier GGLXxxxYiii. Ce dernier chiffre est ea tSte des ordinaires de la Messe, cootenos dans les bait pages suivantes. Puis, on trouve neaf pages renfermant plusieurs proses, telles que :

1 . Missus Grabriel (sic) de celis.

2. Ave Mariaj gratia plena^ Dominus tecum Virgo serena.

3. Letabundus eamltet fiddis chorus.

4. Gaudete vos fideles.

5. Epiphantam Domini canamus.

8. Ecce dies preobtata (sic.)

Les stropbes finales de cette demi6re prose ont disparu avec les feuillets qui compl^taient le manuscrit.

Dans r^tat ob se trouve celui-ci, le premier office est celui da Lundi de Pdques.

Les messes de la semaine in albis jusqu'au dimancbe de Qua- simodo inclusivement y sont dans leur entier.

Un grand nombre de feuillets perdus nous am^nent ensuite a la fdte de la Pentec6te^ dont Toffice est complet jusqu'a celle de la Sainte Trinity.

Ici manque un seul feuillet, d'aprfes la pagination, feuillet qui devait contenir la Secrete, la Communion et la Postcommunion de cette dernifere f6te, plus Tlntroit, TOraison et une partie de I'Epitre de la messe du premier Dimancbe aprds tOctave de la Pentecdte.

C'est en vain que nous avons cbercb^ des traces de la f6te du T.-S. Sacrement.

Viennent ensuite les Messes des 2% 3*, 4*, 5*, ©•, 7*, 8*, 9* et dixi^me dimancbes aprfes les octaves de la Pentecdte.

Plusieurs feuillets manquent encore, de 163 i 174; celui-ci contient les deux derniferes propb^ties de la Messe du samedi des

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59 - Qoatre-Temps, imm^diatement plac^e avant le XVIIl'' Dimanche apr6s la Pentecdte. L'Epttre et TOraisoD de la Messe dece samedi soDt pr6cM66s de la prose suivante, avec cette rubrique :

Tracium istium duo ca/rUent, et chorus respondeat $imt notatum ^ est hie:

Omnipotentem Semper adorant Et benedicunt Omne per eyum.

Astra polorum Concta chorique Solque sororfiue Lumina coeli

Omnipotentem.

Hie quoqne iimphe Qneque superne Ros pluYieque Riynli quicque

Omnipotentem.

Ignis et estas Cduma geluaue Frigus et ardor Atque proina

Omnipotentem.

Nix glaciesqne Noxque diesque Luxque tenebre , Fulgura nubes

Omnipotentem*

Arida montes Gramina coUes Flominafontes Pontus et unde

Omnipotentem.

Omnia viva Que vehit equor Que vebit aer Terraqae nutrit

Omnipotentem.

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60

Cimcta homiDom gens Israhel Q)se Xpisticoleque Servuli quicque

Omnipotentem.

Sancti homilesque Corde benigni Tresque pusilli Exuperantes

Omnipotentem.

Rite camini Igneas flammas lussa tiranni Contempnere prompli

Omnipotentem.

^ Sitgenitori Laus genitoque Lausque beato Flamini sancto

Omnipotentem.

Suivent apres cela les derniers dimaocbes post Pentecosten, dont les messes sonl termin^es par unb pru^rb de saint ambroise.

Pais, il y a une lacune entre les feuiJUets 1 82 el 1 94. Le recto du feuillet 1 94 debute par les mots Vmioi Mater Domini de Fevan- gile d'une messe que je crois 6tre celle de Beaia, et au sujet de laquelle j'entrerai tout a rheuredanacto plus longs details.

Diverses messes font suite a celle-ci :

Messes votives;

Messes pour les morts;

Uissa de sponsalibus;

Messe de la D6dicace;

Benedictions de Teau et du pain.

II y a plusieurs feuillets qui inanquent atant le Proprium San- ctorumy et encore celui-ci ne coRMnenoent*il, dans le manuscrit, qu'au verset alieiuiatique de la Messe de la Presentation de N.-S. lyautres lacunes se remarquent c& 6t la <1mis le couranl du Propre desSaintSy mais elles sont heureusemootfcAt peu considerables.

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- 61

L'gvangile de la messe de la Nativity de la Sainte Yierge est notd in eootenso; c'est ud6 m^lopde a peu prfes semblable a celle de la g^nealogie qui est encore eo usage a la M^tropole d'Auch, la nuit de Noel.

Aprte le Propre des Saints, on trouve le Commune Sanctorum mieox conserve que le reste du manuscrit, puisqu'U n'y a qu'un seul feuillet qui manque.

Le chant des ordinaires de la messe termine le volume et se distingue par Tabsence de tout Credo notd.

Maintenant que les lecteurs ont une id^e de Tensemble du pr^ieux manuscrit de M. I'abb^ Canute, je m'empresse d'aborder Tanalyse litt^raire et musicale de Tordinaire farci de la messe de Beata qu'ilrenfermeau feuillet 194 (1).

Ainsi qu'on a pu le constater plus haut, YlntroU, le JTyric, le Gloria in ^vcelsis, etc., ontdisparu avec le feuillet pr^c6dent, et Toffice ne commence qu'aux dernieres paroles de TEvangile, comme on le trouve dans le Missel d'Auch dont je parlerai plus bas.

Puis^ on lit ce qui suit :

Offerenda (21).

Recordare vii^o mater dum steteris in conspectu Dei ul loquaris pro nobis bonuin et ut avertat (sic) indignationem suam. Ab hac fa- milia tua (sic) propitia. Ave Maria plena gratia. Mater eximia pelle vitia. Ave Maria. Fer remedia reis in via. Ave Maria. Pro quibus dulcia tu preconia. Ave Maria. Laudes cum gratia suscipe pia. Ave Maria. Virgo Maria. A nobis.

Sacra. Taa nobis Domine propiciatione et beate Marie, etc.

Sanctus (3).

Sanctus, sanctus, sanctus, etc,

Benedictus qui venit in nomine Domini. Osanna.

(1) NoQs De donnerons in exttnso que Us pieces partkali^res aa manaserit.

^2) c Offerenda, uti definilur a Balbo, Ugntione el J. de Janua, est Antiphona qy» canilar. quum oblatio debet celebrari, etc. Du Ca^igk, Glostaire au mot Offerenda.

(8) Ce sanctus a 6i6 donn6 avec quelques diff6rences par le Card, Bona, Rerum liturgicarum lib. ii, cap. x.

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Celeste preconium Sonet vox fidelium Ad Dei magnalia.

Virgo parit Filium, Castitatis lilium, Plena Dei gratia.

Cuius nathalitia

Stella prodit previa.

Quern paterna proprium Vox testatur Filium Ad lordanis flumina.

Cuius sancta passio, Mors et resurrectio Mundi lavit crimina.

lam in Patris dextera Regnat super ethera Qui gubemat omnia.

Cum etemo numine Et cum sancto Flamine Ipsi laus et gloria.

In excdsis.

Agnus. Agnus Dei qui toUis peccata immdi,

Gloriosa spes reorum, Virgo mores instrue, 0 Maria, fons ortorum lugi stillans difflue,

Miserere nobis.

Agnus Dei, etc.

Agnus Deiy etc.

Super choros Angelorum Assumpta es hodie Et a Xpisto coUocata Fuisti alta sede,

Miserere nobis,

Virgo dulcis aure pia Preces nostras suscipe, Ut possimus sine fine Tecum requiescere,

Dona nobis pacem.

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63

COMMUNIO.

Ave Regina celorum, Mater Regis angelorum, 0 Maria, flos yirginum, Velud (sic) rosa vel liliam, Funde preces ad Filium Pro salute fidelium.

POST-Ck)MMUNIO.

Sumpiis, Domine, salutis nostre subsidiis, etc.

A la suite de cette messe si int^ressante at sur le mdme feuillet, on lit : Missa pro infirmis. Cast a dessein que j'insiste sur cette circoDstaoce dout on verra bient6t rimportance qu'on en peut Urer.

A coup sQr, on ne saurait trop d^plorer, comma dirait le tr^s- docte musicographe M. Aristide Farrenc, la destin^e qui a frappd le manuscrit dont les debris sont conserves avec tant de soii^par M. I'abb^ Gan^to, si soucieux de tout ce qui conceme les tradi- tions religieuses du dioc6se d'Auch. Mais, en cherchant bien, je suis parvenu k reconstruire, avec des monuments authentiques, toute la messe farcie du commun de la Sainte Yierge, dont le manuscrit de Marciac ne nous offire qu'un fragment.

Un Missel d'Auch in-folio, dont Timpression a 6t6 termin^e k Toulouse, le 1 4 avril 1 491 , sous ce titre : Liber missalis ad usum ecclesie metropolitane beate Marie auxis. ductu et impensa nobilis viri Hugonis de Cossio. mercaioris Tholosaniy contient une messe qui est ^videmment la reproduction complete de celle du codex de Marciac.

La Bibliotheque du grand s^minaire d'Auch poss6de encore un second exemplaire du m^me missel, petit in-4«, imprim^iPavie, en 1495, per Franciscum Girardengum^ et absolument sembla- ble a celui dont il vient d'etre parI6.

Or, je retrouve, dans ces deux incunables, aux messes votives, le texte d'une messe pour le commun de la Sainte Yierge, depuis I'octave de la Purification jusqu'a TAvent. Cette messe y prdc6de imm^diatement aussi celle pro infirmis.

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64 En voici la composition litt^rale :

AB OCTAVA PURIFICATIONIS BeaTB BIaRIE USQUE AD AdVENTUM DOMim. DIGITUR SEQUENS OPFiaUM.

Salve sancta parens, etc.

Gloria in excelsis Deo. Et in terra pax hominibus bone voluntatis. Laudamus te. Benedicimus le. Adoramus te. Glorificamus te. Gratias agimus tibi propter magnam gloriam tuam. Domine Deus Rex celestis, Deus Pater omnipotens. Domine Fili unigenite Ihesu Xpste. Spiritus et alme orphanonim Paraclite. Domine Deus agnus Dei filius Patris. Primogenitus Marie virginis matris. Qui tollis peccata mundi, mise- rere nobis. Qui lollis peccata mundi, suscipe deprecationem nostram. Ad Marie gloriam. Qui sedes ad dexteram Patris, miserere nobis. Quoniam tu solus sanctus Mariam sanctificans. Tu solus Dominus Mariam gubernans. Tu solus altissimus Mariam coronans Ihesu Xpste. Cum sancto Spiritu in gloria Dei Patris. Amen (1)

Oratio. Concede nos, etc,

Lifitio libri Sapientie. Ab initio et ante secula creata sum, etc,

i^. Benedicta et venerabilis es, etc., suivi de trois f.

Alter mque Pasche Tractm, Gaude Maria Virgo cunctas hereses, etc, (Suiveiit deux f, puis la Prose : Verbum bonum et suave).

Tempore paschaliy Dkitur sequens prosa : Virginis Marie laudes, etc.

Evangelmmsecuiuhim Lucham. xi cap. In illo tempore, extollens, etc.

Secundum Lucham, i cap. In illo tempore, repleta est ut veniat

Mater Domini, etc.

Tempore paschali, Evangelium secundum Johamiem. xix. cap. In illo tempore, stabant iuxta crucem, etc.

Offer. Recordare virgo Mater dum steteris in conspectu Dei ut lo- quaris pro nobis bouum et ut avertas (sic) indignationem suam. Ab hac familia tu (sic) propicia. Ave Maria plena gratia. Mater eximia pelle vicia. Ave Maria. Per remedia reis in via. Ave Maria. [Dans in patria vite gaudia (2).] Ave Maria. Pro quibus dulcia tu (sic) preco- nia. Ave Maria. Laudis (sic) cum gratia suscipe pia. Ave Maria. Virgo Maria A nobis.

Tempore paschali dicitw Offer. Angelus Domini descendit, etc.

Alia Offerefnda. Felix namque es, etc.

Sacra. Tua nobis, Domine, propiciatione et beale Marie semper virginis, etc.

'I) Gf. Card. Bona, Rerum liturgiearum lib, ii, cap. vi.

(2; Les mots entre deux crochets manquent dans le manoscrit de Marciac.

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w

Commmmo : Ave regnui celonuD

Mater Regis Angelorum,

0 Maria, flos yirginum,

Velut rosa vel liliam,

Funde preces ad Filium

Pro salute fldelium. Aliwl offieium. Beata yiscera Marie^ etc, Po$t-<}omm. Sumptis, Domiae, salntis nostre subsidiis, etc,

II est doDC Evident que la messe farcie du manuscrit de M. Tabb^ CanSto appartient au commun de la .Saiote Yierge. Gomme il y a, dans ce monument, une lacune k partir des feuillets 1 82 a 1 94, on peut prSsumer que le texte du commun de la Sainte Yierge, cootenu dans ce qui nous reste du pr^ieui volume, n'est qu'une partie de cet office, et qu'il offrait une le^on convenable k toutes les p^riodes liturgiques, semblable k celle donn^e par les deux incunables. Ce qui le fait croire, c'est d'abord Tidentit^ de la messe; c'est ensuite la comparaison des deux textes. On pourrait objecter sans doute que I'expression assumpta es hodie, dans le manuscrit de Marciac, ne peut repr6senter la v6rit^ liturgique qui conviendrait k une messe gin^raleinent et en tout temps consacr6e a la M&re de ]dsus-Christ. Cette expression, ce nous semble, pourrait tr^s bien £tre justifi^e par cette circonstance que TAs- somption de la Sainte Yierge ^tait la fdte patronale de la paroisse de Marciac (1 ), et il ne serait pas impossible que ce missel-graduel ait appartenu k T^glise de Notre Dame avant d'appartenir au con- vent des Dominicains.

(I) Don Bragdles, Chromque$ religieuses, etc., p. 435.

Un bas-relief a consacrd le souvenir de ce vocable primitil au deuxi^me dtaga da elocher qai domine avec tant de majesty I'^glise paroisslale. 11 est sculpt^ au centre de la vo^te, sur la pierre qui en forme la cl^. Marie, envelopp^e dans les plis abon* dants d'une robe flottante, porte sur son bras droit TEnfant Jdsus, et tient de la main gaucbe la tige fleurie qui devait couronner I'arbre symbolique Je Je8s4, Deux aafet il longue tunique formant de leurs mains comme un double support 4 I'Enfanl-Dieu eta la tige qui ie symbolise, sembUnt aider Marie en sa fflod'ieuse Assomption vers le Giel, odTattend lacouronnede reine. Dans Tentre-deux des arcs obliques, les quatre eoDsuU de la commune, en grand costume, sont venus faire cortege et applaudir au triompbe de I'augnste Avocale qui, du hant des Cieux« patronne la citd.De nos jours, o'esi la Nativity de Mirie que I'Egliso de Marciac salennise comme ftte patronale, k Texemple de la M^tropole d'Auch. Nous ignorons et le motif et la date praise du ehaQgeneftt qfiie nous sigaaloiia.

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Voila done un office farci en Thonneur de la Sainte Vierge, chose que les arch6ologaes regardent comme une raret6 musicale; office retrouv^ dans un missd-graduely chose que les archfiologues considferent aussi comme une autre raret^, car les volumes qui appartiennent a ce genre de manuscrits sent fort pen nombreux dans nos bibliothfeques publiques, dans celles qui sont mfime les plus riches en monuments de ce genre.

Les lecteurs d^sireront connaitre maintenant la mSIodie de ce qui nous reste du Commun de la Sainte Vierge du manuscrit de Marciac. Beaucoup d'ecrivains modernes se sont conlent^s, en pareil cas, de faire connaitre les textes; nous, musicien, nous sommes naturellement port6 a mettre en relief non seulement les textes, mais encore et surtout la musique. Cette musique du moyen 4ge est d'autant plus importante, qu'on la mSconnait davantage de nos jours, qu'on la calomnie, et qu'on la veut rem- placer par des inspirations qui ne tiennent ni a la foi de nos pferes, ni a I'incr^dulit^ de nos contemporains. Le plain-chant est une langue sublime dont on a perdu le secret. Heureux ceux qui^ voulant le plain-chant comme idiome musical de la liturgie catho- lique, vont le puiser aux sources fecondes du moyen dge, et non aux conceptions abStardies des pretentions modernes ! Heureux surtout ceux qui, comme les docles membres de la Commission de plain-chant de Digne, ont eu la savante modestie de s'en te- nir au chant liturgique que I'^piscopat nous a transmis, au xvi* sifecle, comme un souvenir des temps passes appropri^ au besoin des temps modernes!

Or, on trouvera a la suite de cette 6tude, au n* I, la repro- duction notationnelle ancienne de ce qui nous reste de la messe farcie du manuscrit de Marciac, et, au II, la traduction de ces pr^cieuses reliques en notation moderne*

Voffertoire seul nous a paru contenir quelques difficult6s de traduction et de restauration. Ceux que ne satisferait pas notre travail pourront s'en tenir a la note et au texte du manuscrit dont la lecture est accessible a toutes les personnes qui connaissent unpen

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la s^miographie du plain-chant; mais si Fon tient compte des variantes qoi existent entre le manuscrit et les deux missels incunables du diocese d'Auch que nous avons fait connaitre; si Ton tient compte aussi des abr^viations que se permettaient les copistes et qu'ici la musique seule nous a fait d^couvrir; si Ton veut bien enfin se rappeler que les calligraphes du moyen dge pouvaient tout aussi bien se tromper, et plus facilement encore, que nos typographes actuels, on conviendra peut-dtre que Toflfertoire de la messe farcie de Marciac, tel que nous Tinterprdtons, est un monument qui remplit toutes les conditions qulndique M. de la Fage, que les tropes s'y intercalent bien, et ne manquent point d'une parfaite r^larit^ littdraire et musicale.

En gtadral, qu'on adopte nos iddes ou non, les rimes des pieces de Toffice de Beata aidaient beaucoup la m^moire des fiddles; les paroles en respirent un je ne sais quoi de suave; la musique en est aussi simple que gracieuse, et Ton voit qu elle est avant tout destine aux masses. En un mot, on reste convaincu qu'elle est ToBuvre d'un homme qui a voulu propager le culte de Marie pour sauver les &mes. Peut-dtre m6me n'est-ce pas trop se hasarder que d'attribuer ces paroles et cette musique, sinon k Tillustre saint qui a 6t6 si cdl^bre dans nos contr^es et que Ton a tant calomnid, du moins k son influence et k ses inspirations; c'est nommer saint Dominique dont un thtologien moderne a dit: « Dominique, per-

> suadd que Tesprit dli^r^sie naft de Toubli de Dieu, du reliche-

> ment dans son culte et du m^pris des oeuvres chr^tiennes, » entreprit de faire revivre la pi^td, et r^ussit mieux par ce moyen

> que par la controverse. II dtablit partout I'usage du Rosaire^

> qui est un ensemble d'oraisons, compost de ce qu'il y a de plus

> autorisd en fait de priferes; ais6 k comprendre, a pratiquer; qui » occupe saintement le peuple en Tinstruisant, en le touchant par

> la mMitation des vdrit^s saintes; od le simple fiddle, sans con- naissance des livres et m6me des caract^res, suit longtemps un » ordre de pri^res ddterminSes, qui tiennent son &me ^lev^e vers » Dieu, sans contention et sans gdne; pratique qui a produit des

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- M - » biens incalcnlables, et en prodoit encore tents les jours, dans les » endroits ou cet 6di6ant exercice s'esf maintenu conlre la dissi- » pation et FindiflKrence da sifecle; pratique d'autant plus chere > aux ^es humbles et modestement religieuses, qu'elle n'est pas « du goiit d'une devotion recherche et argumentante (1). »

Le manuscrit de Marciac n'est pas le seul monument qui con- tienne des chants liturgiques farcis et qui appartienne a notre his- toire.

En vertu d'un arrSt du parlement de Bordeaux, de Tann^ 1513, les habitants de La Romieu furent maintenus dans le droit de chanter, la veitle de la F^te de saint Jean-Baptiste, devant la porte de F^glise paroissiale, un cantique en langue gasconne farcie de grec, puisque le mot deism en compose une des rimes.

C'est un curieux document pour les arch^ologues, d'autant plus que ce cantique sechante encore, dans la m6me tonality et avec le mdme c^r^monial, le 23 juin de chaque anoee.

Ce cantique a pour titre :

« Dialogue a l'hontieur de S. Jeam-Baptiste, qui se canto cado

» AliNADO DAOVANT LA PORTO DE LA GlEIZO PARROISSIALO, NOSTRO DaHO )► DE LaRROVMIOV, la BEILLO DE S. JOVAN DAOVANT DANA ALLVCA LOV » HOUEC PER LVSATGE QUI AN OBTENGUT PER VN ARREST DOV PARLOMENT » DE BORDEAVl, EN \b\3. »

Ed void le texte, extrait de Foriginal le 22 juin 1783 par Bernard Lasserre, et dont M. Tabb^ Palanque, cur^ de La Romieu, a hieo voulu nous communiquer une copie (2) le 1 •^ d6cembre 1 859 . Ncfus mettODS en regard da texte la traduction litt^rale :

1 1

Seignous, canten la bito a kon. Seigneurs, chantons la vie a ion. De SWouan Baptisto. ELEYS0N(3).De S. Jean-Baptiste; eleyson.

(1) Voir le Dictionnaire histoHque de TabM F. X. de Feller, ^diUon de Paris, iii-8«, 1827; tome yi, article Dominique {Saint).

(2) Nous soivrons ^crnpuleusemeDt le texle, qooiqo'il ne paraisse pas exempt d'in- corrections. La Revue d'Aquitaine a v. p 119 cl suivanles) en a donn^ une lecon modifi^e, a laquelle les curieux pourront recourir.

(3) Nous respectons ici, pour le mot eleisout rorlhographe de I'exlrail et sans doQte aussi de 1 original da Dialogue.

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69

Labitoetlamort Que Diou nous doungo con- fort.

3

Qui boulera Diou serbi

Ben golous esbats augi.

4

Baroux, augis lou son De St-Jouan lou Baron.

5

Qui boulera Diou ondra

6engo lous esbats cauta.

6

Dou paradis terrestre Sourtisson quatre fleubes,

7

Per arroosa la t«rre Ones arido et teco.

8

Corame es terra ikgipte Terre de Nostre Dame.

A EON. ELETSON.

La vie et la raort : Que Dieu nous donne se- cours:

3

Que celui qui voudra Dieu servir vienne les 6bats ouir.

4

^ Barons, ^coutez le chant De S. Jean le baron.

5

Que celui qui voudra Dieu honorer Vienne chanter les 6bat8.

6

Du paradis terrestre Sorteot quatre fleuves,

7

Pour arroser la terre. Qui est aride el stehe.

8

Comme est la terre d'Egypte, ,^if«ty Terre de Nolr^Dame.

A EON. ELETSON

A EON. ELETSON.

A EON.

ELETSON

A EON. ELETSON.

A EON. ELETSON

A EON. ELETSON .

A EON. ELETSON

A EON. ELETSON.

A EON. ELETSON

A EON. BLBTSOK.

A EON. BLETSON

A leN. ELETSON.

A BON. BI4KTS0N.

9

Adam lou prume bomne De Ions lous Keys es loa mestre.

A BON. ELETSON.

9

Adam le premier homme Delotts les rois eslle mai<^ tre.

A BON.

ELRY80N.

10

10

Per amours enourdinado En coraplasen sa henne,

AEON. ELETSON.

Par amour d6sordonn6 En voulant coraplaire k sa femme,

A EON. ELETSON

11

U

Hontousoment sen es anat Daquet loc en bertal.

A EON. ELETSON.

Honteusepent s'en est all6 De ce Heu en v4rit^.

A EON. BLETSOW.

U

12

Incontinent apres Aou paradis es fermat.

' A EOH. 'BLFTSON.

Incontinent apr^s * Le paradis est ferm«.

A 1A0H. BLBT90ir.

13

13

Un Cberubin celeste Soubitoment bu gouardo

A EON. ELETSON.

Un chfenlbin c^&te Subitement le garde.

A BOH. BLBTSOJr.

14

14

Uo espaze flambanta Tene en sa uum^^rade;

A EON. ELETdON.

line 6p6e flamboyante U tient en sa main serr^e :

A EON. ELETSON.

15

15

De la flamme quia sort ToiU paradises tetuul, . ,

A EON. EL^SON

Par la flamme qui en sort, Tout paradis est ferrh^;

A EON. ELETSOH'.

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70 -

16

16

Non UDt paradisteireslre, a eon. Non-seulement le paradis

Mais paradis celeste.

ELETSON.

terrestre, Mais [aussi] le paradis c^ leste.

A EON. ELETSON

17

17

Aprez lou second Adam, HQ de Marie sacrade,

A EON. ELETSON.

Ensuite le second Adam Fils de Marie sacr^e,

A EON. ELETSON

18

18

Comme chibalier Si es bengat arrompe

A EON. ELETSON.

Comme un chevalier Est venu rompre,

A EON. ELETSON

19

19

Per sa passion amare Aquerespories fermades;

AEON. ELETSON.

Par sa passion am^re, Ces portes ferm^es;

A EON. ELETSON

20

20

Mais per aberti lous peros Ion et mes touts lous autres ,

A EON. ELETSON.

Et deplus pour avertirles

pdres,

Moi et aussi tons les autres,

AEON. ELETSON

21

21

Qui eron en captivitat Dens lous Limbes enfermats.

A BON. ELETSON.

Qui 6taient en ca4[)tivit6 Dans les Limbes enferm^.

A BON. ELETSON

S3

22

Per sa puissance infinide Haut consude estenle

A BON. ELETSON.

Par sa puissance infinie, Elle a con^u la sterile

A BON. BLET80N

23

23

Elisabeth noummade

A BON. ELETSON.

Nomm^e Elisabeth, Epouse de Zacharie.

A EON. ELETSON

24

24

Lors la vierge Marie Entendout lou mistery ;

A EON. ELETSON.

Alors la vierge Marie Comprit le myst^re;

A EON. ELETSON

25

26

Pren son camin tout dret De la mayson de Zacharie

A EON. 'ELETSON.

Elle prend son chemin tout

droit

De la maison de Zacharie,

A BON. ELETSON

26

26

Per bizita Elisabeth Sa cousine trez aymade,

A EON. ELETSON.

Pour visiter Elisabeth Sa cousine trto-aim6e.

A BON. ELETSON

27

27

Et en s'approucha dero A pris Samt Jouan Bfi^ptisto

A EON. ELETSON.

Et en approchant d'elle, De lui-m6me saint Jean- Baptiste

A EON. ELETSON

28

Sajuillet en, son bentr6; "En pauses ^izado;

S9

Gdnsiderant lou miracle Disant, lasl ma cousine

A BON. S'agenouilla dans son sem; a eon.

ELETSON. Bient6t elle s'en est aper^e: eletson.

29

A EON. Consid^rant le miracle, a eon.

ELETSON. Et disant : las I ma cousine, eletson.

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- 71 -

30

Per bous souy esbayde; a eon. Asso es per duos caussos : eletson .

31

De bosto longo ben^do, a eon. Aussi per la grande joye eletson .

32

Que jou ay de tout mon

bentr6, a eon.

De mon enfant jouene et

tendre, eletson.

33

Et en la qualle houre a eon.

Ez sourtit santificat. eletson.

34

Commo ero estatprofetizat, a eon .

Haounesto bito k miat,

ELETSON .

35

Demourant en soun dezert Penitence k pr6sitat

36

A EON. ELETSON.

Miassant h tons nous aut6s

La destraou prez de laou-

bre.

A EON. ELETSON.

37

Continuant sa santeUt, Deu ileube Jourdain sesap- procbat.

38

A EON. ELETSON.

A troubat lou dit Adam, Den bau ero propbetizat,

A EON. ELETSON

39

Lou demandet bapteme . a eon .

Lou respoun: Noun souy di-

gne. eletson.

40

Aprez tout accabat, Dafui sesdespartit,

41

A EON. EU5TS0N.

Et comme aoue commensat Sasentetat continuant,

A EON. ELETSON.

42

Hasio augilous sourds, Et ana drets lousboiteux;

A EON. ELETSON

43

Oaroment bese lous ors Et ressuscita lous morts.

A EON. ELETSON

30

Par vous je suis 6bahie! a eon. Et cela pour deux causes : eletson . 31

De votre longue venue, a eon. Et aussi pour la grande joie eletson .

32

Que j'ai dans tout mon sein a eon .

A cause demon enfant jeuile

et tendre. eletson.

33

Et en laquelle heure a eon .

II est sorti sanctifi6. eletson.

34

Comme il avait 6t6 propb6-

tis6, AEON.

Honn^te vie il a men6; eletson.

35

Demeurant dans son desert, a eon . La penitence il a pr6ch6; eletson .

36

Mena^nt tons nous autres a eon. De la cogn6e prds de V arbre ; eletson .

37

Continuant sa saintet^, a eon. Du fleuve Jourdain il s'est

approch6; eletson.

38

II a trouv6 ledit Adam, a eon.

(D'en baut il 6tait propb6-

tis6) bletson. 39

Quiluidemandalebaptftme. a eon. II lui r6pond : '< Je n'en suis

pas digne.» eletson.

40

Apr^s avoir tout acbev6, a eon. De ce lieu il est parti, eletson.

41

Et,commeil avait commence, aeon. Sa saintet6 continuant, eletson.

42

11 faisait ouir les sourds, a eon. Et marcher droits les boitenx; eletson .

Clairement voir les aveugles -a eon. Et ressusciter les morts. eletson

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Tt -

44

44

Aprez ba reprene Herode aduttere

45

En disent : Rey Herode NoQ te combene per force

46

Aoue la mouilhe de Philippe Ton frere legitime.

47

Dont Herode noumade ,

A BON. ELBTSON.

Ensuite, il va r^wraidre H6rode adult^e,

45

A EON. ELETSON

A EON. ELETSON.

En disant : Roi H6rode, 11 Be ta convient pas par force 46

^A EON. ELETSON

A EON. ELETSON.

D'avoir la femme de Philippe, Ton frftre 16gitime.

47

A EON. ELETSON

A EON. Ce pourquoi H6rode la

QOmmte A EON.

Lafnortlaprocarade.

ELETSON.

La mort lui a procure.

ELETSON.

48

48

Per la persuation De safilleAsiliade,

A EON.

Par la persuasion De sa nlle Asiliade,

A EON.

ELETSON .

ELETSON.

49

49

Loa cap a demand^t

A EON.

La t6te a demands

A EON.

Au Rey fort courroussat.

ELETSON.

Au Roi fort courrouc6.

ELETSON.

50

50

Per sa machansetat

A EON.

Par sa m^chancet^

A EON.

Faussoment ly a octroyal.

ELETSON.

A tort il la lui a octroyfee.

ELETSON.

51

61

Saint Jooan b6s k la mort

A EON.

Saint Jean est h la mort

A EON.

Inbisible et a grand tort.

ELETSON.

Invisible et k grand tort.

ELETSON.

53

5d

A inclinat sa teste;

A EON.

11 a incline sa t^te;

A EON.

A prez la mort en patience.

ELETSON.

n apris la morten patience.

ELETSON.

53

53

Debotoment lou pregueran

A EON.

D6votement nous le prie-

rons,

A EON.

QfUk Dion nous empetre pa- radis.

ELETSON .

Que de Dieu il nous obtienne le paradis.

ELETSON.

54

54

Et pregnen touts* la heste

A ION.

Et prions tons en la fftte Qa^il Bous garde de tem-

A EON.

Que nous guarde die tem-

peste;

ELETSON.

p6te;

ELETSON.

55

55

Btn©«»guarde loos Wats

Ar BON.

Et ^'il nous garde les Ute,

A Bin.

Las bignos et touts lous

Les vignes et tous les pr^s;

ELETSON.

prats;

ELETSON.

56

56

Et paT de ceu enterro,

A EON.

Et paix du del sur la terre,

AEON.

Que jamais naugen guerre;

ELETSON.

Et que jamais nous n'ayons

gueirel

EUSTSON.

^

57

Etklafindelabito

A EON.

Et k la fin de la vie,

AEON.

DoflfmeparadisaHX^ Lar-

Qui! donne le wasiis It ceux de La llomieu,

roumioQ,

BLETSMf.

Wr.ETSON.

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73

58 58

Aux quius harao oompanie a eon. Rt k ceux qui ieur feront

compagnie a eon. £RW}ae6tec6r6iaouaie. euitson. Dand cette c^r^monie. ELETsoif*

Amen. Amen.

Les cinquaDte-huit versets de ee Dialogue se chantent d'aee Hiamire uniforifte, le people r^pdtant les mots a eon apr&$ la premiere ligne et eieison aprto la deoxi^me, comma on peat le voir aa III des Pieces justifkaiives de cat article.

Aprte le caatique farci de La Romiea, il faat chronologiqae- tne&t placer le Kyrie dont ie P. MoDgaillard noas a conserve le texts dans sa notice intitol^e : De Piekite Albinetarum cmtim, et que le present BuUetin a reprodait, daos la premise litraisM de 1860, avec une tradaction franQaise de M. Fabb^ Foatan (1)'.

Ce Kyrie, dit le P. MongaiUard, se chantait encore de son temps (1 560-1 623), a Aubiet, tons les jeudis lie chaque semaine, par la confr^rie du Corpus Christi.

Je regrette beaucoup de ae pouvoir mettre sons les yeux des lecteors le chant de ce Kyrie qui offirait, seloo Mongaillard, miUe modtUations. Cest one exag6ration bieti excusable sous la plume d'un saint religieux a qui la musique n'^tait point famili^re. On pent, du reste, juger de ce qu'^tait un Kyrie farci quand on a, pour point de comparaison, le Sanctus et Y Agnus du manilscrit de Marciac.

On voit, par ce qui priefede, que le genre farci existe encore k La Romieu; mais je dois ajouter que ce n'est point Ik seulement qu'il subsiste chez nous.

Je me rappelle, en effet, avoir entendu chanter dans mon en- fance un Magnificat qui appartient k ce genre, et dont j'ai re- troavd des traces encore vivantes dans Tarchidioc^se d'Auch. Je rextraisd'un ancienrecueil qui a pour titre : Noels choisis, corri- g4$j augmentis, et nouveUemeM eOf/9pos4$ sur les airs les plus agr4aJbles, les plus connus^ et les plw en wgue dans la Province de

(1) Bulletin du ComitS d^HisMfe et ^Atehibh^ie de la Province eecUtiastique dTAuch, t I, 1" livraison, pp. H tl ill.

ToKB lY. 6

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74 B^rn. Par Henri d^Andichon, cudevarU curi d^AucamviUej diocese de ToiUousej et ensuite Archipr^re de Lembege, dioc^e de Lescar, Prieur de Saint-Martin de Maucour^ diocese iTAgen (TouloasOi imprimerie d'Augustin Henaalt fils, 1 volume in -18, sans date).

M. TabM Arnaad a public le texte d'un Magnificat^ farci de frangais, dans le Dictionnaire de Plain-Chant de M. D'Ortigne) coU. 579 580; il Fa tiv6 d'un recueil de cantiques 6ditd k Saint- Amand, en 1 842, par Gille, imprimear-libraire, et qa'on vend aossi a Bourges, chez le libraire Richoa. Le savant auteur Ta entenda chanter dans Fdglise de Sainl-M^dan, du diocese de Versailles. Ce Magnificat commence ainsi :

Un ange ay ant dit h Marie Que le monde aurait un Sauveur, Et que le Ciel Tavait choisie Pour M6re du Dieu R^dempteur,

Toute ravie EUe chante ainsi son bonheur : Magnificat * anima mea Dominum. Le Chceur : Et exultamt spiritm mens * In Deo salutari meo.

Le Magnificat farci d'Henri d'Andichon ne ressemble au pr6c^- dent que pour le fond du sujet, comme on en pourra juger par le texte que void :

Mortel, entends Marie Qui dit dans son bonheur : Mon &me glorifie Mon aimable Sauveur : Pour donner des louanges A ce Dieu, dont racial Fait la gloire des Anges, Chantons : Magnificat, etc.

Le ciel m'a distingu^e Entre les fils d'Adam : La sagesse incam^ Veut 6tre mon enfant. Dieu dans mon sein se place, Aussit6t mon esprit, Plein de sa sainte ^r^, Chante Et exuUamt, etc.

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75 -

De son humble servante L'on voit un Dieu naissanl; II lui plait que j'enfante Le Roi du firmament. Que Tunivers contemple Le Messie prWit, Si mon sein est son temple, C'est Qtiia respexit, etc.

Le Tout-Puissant signale Pour rhomme sa bont6; II me rend sans 6gale Par la maternity : Si notre premier p6re Dm serpent fut traJii, Du Sauyeur je suis m^re Qvia fecit rmhi, etc.

C'est la mis^ricorde Du Fils de TEtemel, Qui s*6tend, se d6borde Sur tout 6tre mortel; Adam mangea la pomme, Le Ciel qui nous ch&tia, Nous donne un Dieu fait homme, Et misericordia, etc.

Si le p6cheur se flatte D'avoir un Dieu si doux, D'abord une ^e ingrate Eprouve son courroux. S41 veut se m6connaitre, Tel que le p6re Adam, Dieu le punit en maitre, Fecit potentiam, etc.

Dieu lance son tonnerre Sur les superbes rbis; II leur livre la guerre, S'ils m6prisent ses lois. Le pauvre a ses caresses, Comme son propre fruit; II obtient ses largesses; Chantons Deposuit, etc.

Pour le pauvre il est tendre. Sensible k ses soupirs; II se plait k Tentendre Pour remplir ses d6sirs. Les riches, d'abondance Toujours trop affam6s, En craignant Vindigence, Sont Esv/rienteSy etc.

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- -

Notre p6chfe $'eff^ce Apr^s quatre mille ans : Dieu nous met, par $a gr^ce, Au rang (Jja ses enfants; C'est par sa bout^ pure Qu'il nous ottvre le Ciel, Prenant notre nature, Smcepit Israel^ etc.

En marchant sur les traces Du fiddle Abraham, Dieu nous rendra les gr^s Dont nous privait Adam. II tiendra sa promesse, Faisant notre salut; Le coeur plein d'allAgresse, Nous chanterons Sicu$, etc.

Gloire, louange au P*re, Gloire et louange au Fils Dont je suis Fille et M6re, Comme il 6tait promis. Gloire i rEsDrit paisible Qui me purifla. Par un bonheur sensible Chantons tons Gloria, etc.

La terre, d6sQl6e Par le p6cb6 d'Adam, Sera done r6par6e Par mon celeste Enfant. Satan quitte la place, Dieu change nohre 6tat, L'homme est remis en grioe. Tout est Sicut erat, etc.

On troavera, au n^ IV des Pieces ju^tificatives, la m^lodie de ce Magnificat^ telle du moins que je Vai recueillie dans nos contr^es.

Je terminerai cette dtude par la reprodaction d'un autre can- tiqae da Recaeil d'Henri d'Andichon; ce morceau que je «rois int^ressant, rappelle le genre dq fameu^ dq$1 de Saboly :

Voici le Roi des Nations, Natus eop sacra Vir^ine, Ce Fils de b6n6diction Ortm de Damd semine,

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-IT-

VoicirBtei)edef«oob» Quam proBdix^tret Pmm, Ce.Dieu mii ddtruilJMcto, In terra clm% Ch(%n(mm (4)*

Le Doel du recueil d'AndichoD est dgatemeot eDtremdld de francais et de latin; las mm maawUiMS appartieDDODt au latin, et les rimes f^pimpeSy au francais, Je sais forcd de n'en reprodoire ici que le texte, a'ayant pa raDCOitrer jusqu'a pr^nt la mdodie adapts a ce morcefm -

La divine prtaiQGe PatrU imgm^i, S'estrMaito&reiifiaoa VeHnjam cogniti. It le loaf^raiB MblU^ C(Blorwn cardimif N'a pas dMaigi^ naltre* Ex ah)o Yin/fims.

Le soleil do U gr&oe De$otnd§n$ ao^tm Parait daiu notra race Came reconditus; En niittant aor la tarre Membris fretgilibm, Vient dMlarap la guerre Cunctis crifnimkiua.

L'homme A'eai paa (oa pire Nm asM debuU; Mais Marie est at IiUre»

Elle se traive pire, Concepto paimdo, Et yierge eUe demettre

II nait dana una crMie Ex itaira FrnfitM, Sur de la paiUe (i^cto

Et la ptis pauvre Mabte, Ore$mmunH»i E3tleIi)iiTread«abla Principis humiiU.

{DM, I'abM Arnaud » ci|A ce c^n^a^ (jbms U |K<lianiiatf< cU plaiti'Chant de X. D'Orugae, coU. 958-059.

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78

Le soleil que j'adore, Indutm corpore, Est n6 de son aurore In noctis frigore; Et le plus beau des astres, Nascens in ten^yris, R6pare nos d6sastres, Fvlgens in latebris.

Pour mieux payer nos dettes, Est salm hominum, II nalt entre deux Mtes, Bcyoem et asinum; Et veut rendre son ^Une Inter supplicia, Sur une croix inftlme Pro nostra gloria.

D6s qu'il est mis au monde Est in pr(Bsepio, Par la Vierge feconde, Magna crnn gavdio; Les Anges le proclament Psalmis et la%bdibus, Les pasteurs le r6clament Dorns et preciMis.

Bientdt apr^s on donne, Cum drcumdditur, Un nom h sa personne, Et Jesibs dicitv/r: C'est le Sauveur des ames, Jesus hoc explicat; C'est J^us plein de flammes, Amor hoc indicat,

Une ^toile inconnue Formata superis, T6moigne sa venue, Ut monstra exteris; Et trois Princes, trois Mages Impletis ma/nibus, Lui rendent leurs hommages Inflexis genibus.

Courons avec ces Princes Ad hcec mysteria, Sans quitter nos provinces, Nee domicUia. Marchant dessus les traces, Cordis affectihus, Cherchons de Dieu les graces Nostris operibus.

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- 79

Si je D6 me trompe, les documents que je vieus de r^uoir ne manquent pas d'int^rdt au point de vue des traditions auscitaines, et, bien certainement, les personnes ^trang^res a notre dioc6se me sauront gr^ d'avoir mis aa jour quelques monuments qui int^ressent Tarch^ologie chr^tienne et la musique religieuse dans le midi de la France.

Je ne me fais point d'illusion sur Timportance de mes efforts; mais quand un artiste fait tout ce qu'il pent, ne faitil pas tout ce qu'il doit? et lorsqu'on fait tout pour Dieu, y a-t-il k craindre que le verre (Teau donni en son nom ne receive point sa divine r^ compense?

Qu'on me permette de le dire ici : les hommes les plus ^mi- nents dans la science ont bien voulu m'encourager k continuer mes humbles travaux, et ce n'est pas sans une Amotion profonde que j'ai lu, dans la Revue et Gazette musicale de Paris du 1 1 Janvier de cette ann^e, ces lignes qu'on me permettra de citer pour remplir un devoir d'afifectueuse gratitude :

« Les hommes modestes comme MM. Stern, Grosjean, Guil-

» mant, Labat, Kunc et quelques autres que je pourrais citer,

> lesquels se sont d^vou^s pour am^liorer la situation de quelque

* partie de Tart dans leur centre d'activitd, le premier a Stras-

» bourg, les autres k Saint-Di^, k Boulogne, *a Montauban, k

» Auch, etc., m^ritent des dloges pour le z61e et le courage dont

» ils font preuve dans leur difficile mission. »

Celui qui a daign^ parler ainsi n'est point un homme ordinaire : c'est Tencyclop^die musicale vivante du xix« si6cle et des temps modemes; c'est Timmense 6crivain qui a 6i\xciA6 toutes les ques- tions dliistoire, de philosophie, de pal^ographie, d'archtologie, de throne et de pratique de la science comme de I'art musical; c'est le courageux vieillard qui ach&ve en ce moment la deuxi6me Edition de sa vaste et splendide Biographie universeUe des Musi- densy et dont la Mort (Dieu nous preserve pendant longtemps encore de cette calamity!) semble craindre d'interrompre la

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-«0- loQgMf «6gvsim eoMaonto k tant de tr&vMt xdnairabtes; e'est M. FMs, I'illastra difdctetir du CoiiMrvatoire toj^ de iinniqn»4 BranKesttt

Alots tUNC,

Hattr* de ok«|Mll» de U MMropeie.

Aach, le 2 fowler 4^63.

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-

Mlaivges.

Un Seeau da xvf siiole trouT^ m Sempnj en ftTrier 186S.

Monsieur lb Directeur,

A Touest de la faQade principale de T^lise du Sempuy s'ouvrent les fondations d'un petit hospice dont une pieuse famille a rintention de doter notre commune. Sous la b^che des ouvriers out apparu les debris enfouis d'anciennes constructions; et h trayers ces d^combres s'est rencontrt un petit sceau de cuivre, que je viens faire connaitre k ceux de vos lecteurs qui aiment la sphragistique.

II est de forme ovale k pointe d'ogive, mesurant environ 0,040 sur 0,0S5. Au revers est en saillie une petite oreillette ronde qui, selon toute apparence, a dtl servir d'attacbe au manche primitif. EUe n'est pas au milieu de I'aire, mais bien vers Tune des deuxpointes ogivales, alnsi qu'on Tobserve dans un tr^s grand nombre de sceaux du moyen &ge, dont celui-ci fappelle la forme g^n^rale.

Sur le champ de I'empreinte se voit en crenx un paon, passant de gauche k droite, k travers quelques debris herbac^s dont la feuille est k trois lobes arrondis. Ses plumes en aigrette sont rabattues sur la tdte, d'avant en arri^re; et sa longue queue est tralnante, tandis que dans le blason cet oiseau est presque toujours figur6 rouant, c'esl-i- dire de front, 6talant sa queue en mani^re d'6ventail. C'est ainsi qu'on le voit, par exemple pour notre province, dans les armes de la ville de Pau, qui sont : d'azur, k trois pals d'or fich6s en pointe, et r6unis en chef par un traversier de mfime; celui du milieu accosts de deux vaches affront6es de gueules, accol6es et clarin6es du champ; le tout surmont^ d'un paon au naturel faisant la roue.

Dans la direction du bee est la petite croix grecque pat£e, qui indi- que le commencement de la l^ende. Celle -ci est inscrite de gauche k droite, grav6e en creux comme Temblfeme que je viens de d^crire. Les caract^res appartiennent aux majuscules du xiv« si6cle. Leur conservation est parfaite, et je lis :

. S : (SIGILLUM) PRIORIS : DE DVROFORTI :

Tom IV. 7

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Ge dernier nom me rappelle une famille tr6s ancienne, des plus distingu^es dans le midi, el dont le tronc se divisa en deux branches principales, vers la fin du xi« si^cle. Celle qui fixe en ce moment mon attention appartenait au comt6 de Toulouse. On en relrouve jusqu'i six rameaux dont le quatrifeme, parall61e aux Duras, a form61amaison de Durfort-Boissi^res-L6obard. EUe eut pour auteur Raymon-Bemard, I du nom dans sa lign6e, dont les trois frferes entrferent dans les ordres.

Le premier, Guillaume de Durfort, fut d'abord abb6 de Moissac. Bertrand de Goth, dont la famille 6tait allite k celle des Durfort, ie fit d'abord son grand vicaire, et le nomma k r^v^chd deLangres, quand il fut lui-m6me 61ev6 sur le Saint-Si6ge, sous le nom de Clement V.

Le deuxi^me, Auger de Durfort, d'abord abb6 de Souliac, succWa k son fr6re dans Tabbaye de Moissac, quand ce dernier devint 6Y6qi^e.

Le troisi^me, Bernard de Durfort, fut chanoine de Cahors.

Leur fr^re ain6 Raymond-Bernard, baron de Clairmont-Sobeiran, veuf de Marie du Fossat, ^pousa en secondes noces Astorgue de Gaure qui lui donna quatre fils et une fiUe. Bonafons de J)urfort, le quatri^me des fils de Raymond-Bernard, est le seul qui fixera ici notre attention.

II 6tait nA en 4882, puisqu'il avait 44 ans le 8 mai 4SI96, date du testament que son p6re fit sur parchemin en langue romane de ce temps; c'est-i-dire peu diff6rente de celle que nous a transmise Taote pass6 k Auch par G6raud V, comte d'Armagnac, en 4529, par devant Raymond Sancij Molier, alors notaire de cette ville(4).

A Texemple de ses trois oncles, Bonafons de Durfort entra dans TEglise, et obtint de bonne heure un b^n^fice dont il parait s'6tre cod- tent6 jusqu'i la fin de ses jours, malgr6 1'appui qu'il aurait lrouV6 dans sa famille. Ce b6n6fice 6tait le prieur6 de la Daurade, k Toulouse, qu'il possidait encore k T^e de 73 ans; ce que Ton voit par un acte du 1 4 juillet, qu'il passa k Toulouse au nom et comme tuteur de 3on petit- neveu, Bernard de Durfort. On Fappelait, de son temps, le priew de Durfort; et son nom de famille, 6tymologiquement dwv/mr-forie, dur et fort, est celui qu'il prend dans le 3ceau que j'6tudie et que je crois pouvoir lui attribuer, sans la moindre hesitation.

J'avoue n^anmoins qu'il pr^sente une difficult^ au point de vue des regies h6raldiques. D6s le xvm« si6cle, les diverses ramifications des Durfort semblferent avoir d6finitivement adopts pour armes : v/nebcmde d*azur sy/r fond d*argent. Trfes anciennement c'6tait tantOt la m^mc bande et tant6t un lion; d'autresfois les deux en«i^mbles. Mais rigou-

(1) J'ai vn eet acte public et eommeikt^ dans )a JRetme d'Aquikrine de 1857.

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reusemeni c'est la bande qui parait avoir caract^ris^ les armoiries de cetle famille, abstraction faite de ses alliances.

Pourquoi done, tout modesle qu'il se fait, d6primant Taigrette et portant bas la queue, ce paon est-il venu prendre la place du lion et delabaiide dans lesceau de notre prieur?... Laissant ^ plus savant quemoi le droit de r^udre le problftme, je dirai seulement que, sim- ple cadet de famille au quatridme rang, Bonafons, devenu prieur de la Daurade, a bien pu imiter les grands b^n^ficiers de son temps. Les dvdques, per exemple, renonoaient g^n^ralement k leur blason person*- nel dansle sceau sp^ialetjuridictionneldeleurs actes ecclteiastiques, poor luisubstituar un symbole religieux. Or, le paon, d6s les premiers ^es chr6tiens, fut plac6 au nombre de ces sortes de symboles.

Quoi qull en soit de cette conjecture, je reviens a mon sujet. La mftre du jeune Bonafons, Astorgue de Gaure, mourut comme il 6tait en- core adolescent et presque au ddbut de ses 6tudes. La terre de Gaure, resttedanssa famille, fut Tapanagede Raymond-Bernard, ledeuxi^me fils d' Astorgue, qui portait de son vivant le titre de simple chevalier, seigneur de Gaure et de Bonac,

Or, 1 cette 6poque, Le Sompoy ou Sompuy , SwrnmumPodivm, comme disent les anciennes chartes, 6tait la capitale du pays de Gaure. II reproduisait nn v^itable oppidum, d^fendu par une redoutable forte- resse qu'entouraient de solides remparts avec double bastion etquatre portes k herse couronn6es de tours.

C'^tait une vraie place de guerre dont Vhistoire mentionne les longues rfeistances k divers si6ges qu'elle a subis. On connalt en particulier les details sdnglants de celui des comtes de Foix et d*Ar- magnac qui, sous Philippe le Hardi, entr^rent par br^che, livr^rent la ville au pillage, incendi^rent V^glise romane et d^molirent le cha- teau avec tons ses moyens de defense.

Aprte Tavoir longtemps et courageusement d6fendue, G^raud de Cazaubon fut oblig6 de leur c*der la place, m»lgr6 Tinutile garantie des pannonceaux du fils de saint Louis qu'on avait arbor^s au haut des tours, en signe de protection royale.

Ces d^plorables mines 6taient encore fumantes, lorsquele quatri^me ftls d' Astorgue Vint au monde. Dans sa jeunesse, il vit renaitre le Sempuy de ses cendres, sous Philippe le Bel, qui n'avait pas tard^ de venger Tinsulte faite k la banniire de son p^re. Par la munificence de ce prince, le cb&teau fut reb&li; et, dans le but de rdcompenser les ha- bitants de leur fid^UlA k la cause royale, comxm aussi pour les indem* niser de leurs pertes dans la guerre centre les comtes da JPoi;i. 01

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d'Armagnac, il leur accorda de larges privil^es et leur fit don de la

fortt de Higu6s.

Le Prieur de Durfort fut t6moin de cette gloriease renaissance d'one

^' ville que le souvenir de sa m6re rendait particuli^rement ch^re k son

noble coeur. Plus d'une fois il vint encourager de sa presence Vespoir

qu'elle avait congu d'un meilleur avenir. II vit se relever le chateau

d'Astorgue; et la tradition locale porte que dans le voisinage et sur le

sol aujourd'hui remani6, fut fond6 un hospice, ouvert aux plus mal-

heureux des habitants, comme une sorte d'expiation pour lesd^rdres

publics dont ils ^taient les tristes victimes.

Serait-ce par hasard que le sceau du prieur se serait igar6, de son temps, dans les debris relev6s pour mettre sur pied les constructions qu'il vit refaire ? ou plutdt n*aurait-il pas voulu, selon le go4t de tons les ^es, abandonner aux recherches de la post^rit^ un souvenir des temps oil il voyait construire des murs en fondation, que d'autres mains d^moliraieni encore? Quoi qu'il en soit du vrai motif ou du hasard qui Tavait ainsi fait mettre en terre, le petit sceau du prieur de Dur- fort vient de ressusciter. Nous le gardefons en lieu plus digne, sans permettre qu'il soit de noaveau livr6 k Tinterpr^tation des sphinx k ventr, c'est-ii-dire enfoui pour la seconde fois dans le sol qui Va d6- rob^ plus de cinq cents ans aux regards de tant de generations qui se sont succMe dans notre ville.

Recevez, Monsieur le Directeur, etc.

Sempuy, le 20 f^vrier 4863.

Un de ws abonn^

A. L.

Saint-Christaud du Oers.

Monsieur le Directeur,

Notre 6gli.se de Saint-Christaud (de sancto Christopboro), canton de Montesquiou, est une des plus anciennes du diocdse d'Auch. VArt de verifier les dates en fait mention au ix« tome in-8<>, de T^dition de M. Allais, page 353. L'auteur suppose qu'elle avait iik donnde ^Sainte- Marie d'Auch par les pr6d6cesseurs du comte Otger !•', de Pardiac- Monlezon.

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Cette all^atioQ n'est pas exacte. Le cartulaire d'Auch a conserve, au chapitre 434, Facte par lequel ce comte fit lui-m^me donation de cette 6glise, le xir de la lune de d6cembre 4088, k Guilhaume I*', fils du baron Bernard de Montaut, qui avait succM6 k saint Austinde en 4068 sur notre si6ge m^tropolitain.

D'od il suit que T^difice primitf remonte incontestablement an moins h la seconde moiti6 du xi' si^cle.

Mais dans leur 6tat actuel, les constructions portent la trace de remaniements dont le caract^re n'est pas ant^rieur au dernier tiers du XYi*. lis rappellent les d^sastres occasionn^s par Tarmto des protestants que le comte de Montgomerry conduisit en B^rn, en 4569, pour seconder les projets de pr^tendue r^forme religieuse dont Jeanne d'Albret pressait alors Tex^cution dans son royaume de Nayarre. Le nombre des dglises et autres ^tablissements qui ont souffert dans notre dioc^, au retour de cette deplorable expedition, est tr6s considerable. Ceneralement, les reparations qui se firent ne purent commencer qu'apres Tabjuration definitive de Henri IV. Et je croirai volontiers que celles de Saint-Christaud ne sent pas antedeu- res i cette date.

Lorsqu'on les entreprit, le plan primitif du vaisseau k une seule nef fut respecte, non-seulement dans son orientation, mais encore dans la forme carree du chevet, caractere bien rare dans nos eglises roma- nes. L'emploi de la briqtie a domine dans le second travail comme dans le premier.

Sans rien changer k la forme de losange des anciennes bales k jour, on en ouvrit quelques-unes k plein cintre, un pen plus bas, afin de donner k la nef plus de lumiere. La voilte fut reconstruite sur arcades croisees, k moulures prismatiques; et les douze contreforts qui la sou- tiennent prirent une grande saillie k Texterieur, afin de suppieer k la force qui manquerait k des murs aussi eieves et par defaut d'epais- seur et par la faiblesse d^s materiaux employes k les construire. Cette demiere consideration permettrait mfime de croire que, dans le prin- cipe, iis ne supporterent qu*un lambris de bois, selon Tancienne pra- tique generalement suivie dans la periode romane.

Avant 4793, on voyait encore derriere le maitre-autel un vieux sar- cophage monolithe k tres grandes dimensions. Et le cartulaire d'Auch relate que les restes de saint Christophe y avaient ete depos6s k la suite de je ne sais quelle croisade, oik Tun des comtes d'Astarac ou de Pai-diac se serait illustre. Bien qu'elle fiit dej^ ceiebre dans nos contrees au debut du xii« siecle, la relique de notre saint n*est pas

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inscrite an nombre de celles qui forent transports ^ Auch ie 4S furrier 4 4 84, & ToGcasion de la d6dicace de la m^tropole. Elle continoa dans les ^es suivants d'etre Tobjet de la v^n^ration publique, sans aucone interruption. Mais quand T^glise fut ruin^e vers le milieu du xvi« si6cle, les protestants profanferent le tombeau et di^rsferent les ossements du saint, sauf la t^te qni, fort heureusement^ en avait ^t6 s6par6e h une 6poque ant6rieure. Cette pr6cieuse relique se trouvait renferm6e dans une monstrance processionnelle qu*il fut assez facile de d6rober k la profanation des nottveaux iconoclastes. Grace k une: pieuse famille, dont le nom demeure inconnu, elle dchappa k toutes leurs recherches et fut mise en silret6 dans le prieur6 des b^nMictins de Peyrusse-Grande, en 4570. C'est dans T^glise paroissiale de cette demifere locality que M. TabbA Darr6, vicaire g6n6ral d'Audi, a cons- tats la conservation de cette relique, le 31 mai 48B7, en y^rifiant les preuves 6crites de son authenticity. II 6tait all6 reprendre solen- nellement le chef de saint Frix pour le rendre i sa crypte de Bassoues, que le z61e du pasteur et la g6n6rosit6 des fiddles fesaient renaitre de ses mines. Pourquoi celui de saint Christophe ne rentrerait-il pas aussi dans son auguste sanctuaire restaur^ ?

Le comte Otger I^ declare dans sa charte de 4088 que les terres adjacentes de tout point k VSdifice appartenaient k ladite 6glise : mm omnibus adjacentiis ad eandem ecdesiam pertinmtibus, U les comprit toutes dans la donation et les dteigna au-dessous des croix, tracS au bas du parchemin par les divers signataires de ce titre : totum ab mtegro sicut infra cruces desigThatmn est.

L'6glise de Saint-Christaud Stait done largement dotde k cette Spoque. Mais les 6v6nements qui ont change, en 4789, la face de notre soci6t6 Tout rMuite, comme tant d'autres, ^ un Stat de veritable d6- tresse.

Et pourtant de grosses reparations y sent indispensables. Compl6- tement isolS au sommet d'une colline, ou le vent des tempStes se dSchaine avec une grande violence, le b&timent souffre doublement de toutes les intempSries de FatmesphSre.

Un projet de nouvelles restaurations a 6t6 presents k Son Excellence M. le ministre de Tinstruction publique et des cultes avec demande de secours. Mais il rSpond k peine aux nScessitSs les plus pressantes. Encore un pen de retard, et cette Sglise aurait dA crouler avec un dommage irreparable, surtout pour une paroisse dont les ressources sont presque nuUes. Mgr TarchevSque d'Auch et M. le pr6fet du Gers ont appuy6 notre supplique. Dans TespSrance que le conoours de TEtat

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sera anssi g6fidreux que les circonstandes pourront le permettre, ftous avons mis d'urgenoe la main h roeuyre. Et comme yoqs encenragez avec un z^le persivirant la conservatton des monuments historiques dans notre province, j'ai cm vous dtre agrtoble en commoniquanl 4 V06 lecteurs nos bonnes intentions et nos ddmarchee, en favour d'une ^lise bien digne de nos sacrifices, mais dont les besoins d^passent de beaucoup nos ressources fabriciennes et communaloB. Recevez, Monsieur le directeur, etc.

De Saiat-GhrUUiid, le 15 fdvrier 180^.

Un de vos leUewrs, S.

COUTUMES DE GAUDOUX ^

OomM de Fesensao.

Precis des coutumes de Oaudous, accord^ par Jean, comted'Ar^ magnac, aux habitants dudit lieu, le V de mars 4S76. Etant consei- gneurs du dit lieu de Oaudous Bertrand de Polastron, Bernard de Lauret chevaliers, Gaychion de Sobanban, Guilhem Aramon de Lu^ cante et Guilhem de Gaudos donzel.

Premi^rement quelesdits seigneurs ne doiventfaire tailhes albergue ni queste dans ledit lieu de Gaudous ny aux habitans presens et avenir.

Item que lesdits habitans pourront louer ou marier leurs enfants \k oa ils pourront et suivant leur faculty.

Item pourront les dits habitans donner et aliener leurs biens meu- bles et ymmeubles k qui bon leur semblera, si ce n'est qu'ils ne pour- ront aligner leur ymmeubles k des seigneurs forains sans la pennition de celluy de qui il les tiendra k fief ny a de mains d'^glise ny de Re- ligion.

Item pourront n6anmoins les vendre et aligner de toute autre ma^ nitee 4 leur volenti en payant les ventes au douzi^me; et pour chaque eBgagement une maille pour chaque sol.

Item chaque fu alumant de Gaudous et sa juridiction payera un carton davoine mezure Dauch k la St Martin de chaque annte.

Item chaque maison qui sera batie dans le lieu de Gaudous ne pourra avoir que quinse arrazes de long et dix de large.

(1) Noas devons la communication de ce fragment k I'obligeance de M. P. Laf- forgne, aatenr estimd de VHistoire de la Ville d'Auch. On lit imprim^ en (6te de ta copie : SocUti ceniraU d^Agrimlture du Ddpartement du Gertt ce qui donne i croire qae cette compagnie, qui n'eut ^u'une existence ^ph^mdre, essaya de rassembler les •totits Ifonix do sa oiroonscriptioa.

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Item chaque habitant possedant biens dans Gaudojos doit payer six deniersmorlas doubli^ pour chaque cest^rto de terre, et trois deni^v darriere oopte k mutation de Seigneur. Letout k ladite teste de St mai^ tin.

Item pour chaque metterie et jardins troi^ deniers, et trois mailles dacapte k mutation de Seigneur.

Item si lesdits habitans ne payoit lesdits oblite et avoisne audit terme de la St Martin lesdits Seigneurs pourront les y contraindre.

Item lesdits Seigneurs doivent donner les terres dudit lieu et sa jurisdiction aux habitans k la neuvi^me partie des fruits autd le droit dedixme et la premice en grain ou en gerbd.

Item si aucun habitant porte plain te centre quelqu'un des autres habitans, celluy qui sera condamn^ par la cour dudit lieu payeravingt deniers et les d^pens.

Item les Seigneurs auront vingt sols morlas pour chaque playe faite centre quelqu'un des habitans, et ce par celluy qui Taura faite.

Item celluy des habitans qui donnera malisiesement de coups de batons k son voisin ou voisine sera condamn^ par la cour a yingt de- niers damande.

Item si auquun des habitans demande une depte k un autre 11 sera condamn^ k la luy payer dans quinzaine, et s'il passe ledit terme, il sera condamn6 en vingt deniers enrers les Seigneurs.

Item tout habitant pourra avoir un four chez luy pour faire cuire son pain.

Item les consuls dudit lieu pourront mettre forgeron audit lieu en payant chaque annte deux sols morlas dobli6, et douze deniers morlas d'acapte k Seigneur muant.

Item celluy qui sera forgeron audit lieu doit payer une Reille fran- che audits Seigneurs, et chosser ladite Reille du fer appartenant aux- dits Seigneurs.

Item ledit forgeron sera tenu de ferrer un cheval auxdits Seigneurs, moyennant un denier morlas de chaque pied, et s'ils veulent faire ferrer d'autres bfttes, ils payeront comme les autres habitans.

Item tout habitant dudit lieu pourra tenir taveme, et s'il tient fausse mesure, le vin du vaisseau sera confisqu6 au profit desdits Seigneurs.

Item tout hommeou femme qui vendra cochon ou truie dans la bou- cherie commune dudit lieu, donnera auxdits Seigneurs, les aloyeaux et de Cher de boeuf le pieys.

Item pourront vendre toute autre espice de viande k leur volenti.

Item les consuls dudit lieu avec la volonl6 desdits Seigneurs pcmr-

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ront mettre an terme fixe poor la dipessence des bestiaux dans les t)oisdaditlieu.

Item chaque habitant pourra tenir vingt cochons ou truies k part dans lesdits bois, excepts ceux qui par leur m6tier poorront les nonr- rier de leurs grains^

Item tout homme et femme pourra tenir deux vaches et deux ge- nisses et sils en veulent tenir davantage ils seront tenus de payer le droit de depessence audit Seigneurs.

Item pourront aroir lesdits habitans tout autre esptee de menu be* tail comme brebis, chevres, boucset petits cochons.

Item si auquun homme ou femme dudit lieu .trourait par hazard des brebis dans les appartenences dudits chateaux, la moitiA appartiendra k celluy qui les trouvera et Tautremoiti* auxdits Seigneurs.

Item si auquun messager desdits Seigneurs faisoit auquune mjure ou malfait & aucun des habitans dudit lieu, lesdits Seigneurs conjoin- tement avec la cour dudit lieu les doivent les accomoder.

Item si par hazard il y a quelque demel6 entre les habitans dudit lieu, lesdits Seigneurs les doi vent appeller dans le chateau, etl&, con-* jointement avec la cour, les juger et les d^livrer.

Item toute chose et loy qui sera deffendue par le conseil dudii cha-< teau lamande qui sera encourue sera auxdits seigneurs.

Si aucun homme ou femme dudit lieu, ^toint engagte ou enfermte pour deptes desdits Seigneurs, soit mdme betes ou autres choses, les- dits Seigneurs doivent les rendre h ceux qui les ont engages h la con- naissance de la cour dudit chateau.

Item si aucun homme ou femme, mariis ou k marier 6toint surpris ou surpris en adultaire, qu'ils soint cendamn6s en ringt sols toumois damande.

Item aucun homme ny femme ne pourront vendre ny engager leurs terres aux habitans dudit lieu sans la permission desdits Seigneurs.

Item lesdits Seigneurs ne pourront se saisir daucun homme ny femme dudit lieu, si ce n'est pour crime de mort, ou de fu, ou autre chose semblable.

Item tout habitant dudit lieu pourra dans sa maison faire famier, pigeonnier, vivier et clapier.

Item tout habitant dudit lieu qui prendra lievre ou perdry, doit en donner connaissance au Seigneur pour scavoirs'il veutracheter,.et s'il ne veut Tacheter il pent en faire ce qu'il jugera h propos.

Item tous les articles susdits, lesdits Seigneurs promettent auxdits habitans, de tenir garder et observer, etc.

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BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.

RAPPORT DU SECRETAIRE PERP^TUBL DB L'ACAD^MUB D16 mSCRiPTlONS ET BELLES-LETTRES SUR LES TRAVAUX DES COMMISSIONS HE PUBU- CAJlOm m CETTB ACADjfMIB, PENDANT LB DBUXI^MB SBMBSTBB DB L'ANNliB 186S, LU LB 46 JANYIBR 4863.

8 p. in-4o, impr. de Firmin Didot.

On sait que TAcad^mie des Inscriptions est officiellement charg^e de la continuation de deux ouvrages des B^nMictins, du plus haut intdr^t pour notre histoire : le RecueU des Historiem des Gaules, com* menc6 par Dom Bouquet, et Y Histoire littiraire de la Frcmce entro- prise par Dom Rivet. EUe continue aussi le recueil de Br^quigny (Tables des chartes et dipldmes imprim^ concema/nt I'histoire de France) et les Notices et escPraits des frumv,scrits de la biUiothique du Roi. Je ne parle ni de ses recueils propres {Mimoires et Histoire de YAcadimie, Mimoires des Savants Strangers, comprenantdeux series : Sujets divers d'6rudition et Antiqmtis de la France), ni du triple ou quadruple recueil des Historiens des Croisades : occidentaux, orien- taux (arabes et arm6niens) et grecs.

La plupart de ces publications marchent avec lenteur, de Taveu de M, Guigniaut. II nous annonce sous un bref d^lai le tome xxiv de THistoire Utt^raire qui est rempli par deux grands discours sur le XIV* si6de : Tun de M. Victor Leclerc sur TStat des lettres, Tautre de M, Ernest Renan sur T^tat des beaux-arts. lis sont Tun et Tautre en- ti^rement imprimis; la revision des tables retarde seule Tapparition de ce pr^cieux volume. La m^me cause emp6che depuis trop long- temps la publication du tome xxn de la continuation de Dom Bouquet. Le tome vu de la continuation du recueil de Br6quigny est k la veille de paraitre. Les Notices et extraits des manv,scrit$, dont le tome xvni est encore incomplet, quoiqu'on ait commenc6 Timpression du xxi, sont exposes k bien des retards, k cause de difficult^ des textes orien- taux qui ferment la seconde moiti6 de chaque volume.

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Un noaveau Recueil, non moins prtcieax que les pr^cMents, se prepare depuis plusieors anntes, et nous soubaitons qu'il marche avec autant de rapidity que le peuvent comporter les vastes recher- ches qu'il exige. U s'agit des Charles et Dipldmes nan imprim^ antirieurs d Van 4480. M. Lipoid Delille dirige les travaux pr^para- toires de c^tte publication. Les collections de Paris ont 6t6 enti^rement d^pouill^; les rechercbes se poursuivent activement sur plusieurs points de la province. Copious ici le^ lignes de M. Guigniaut relatives k celles qui se sont foites Tannte demi^re dans notre region. « M. Si- mkxm Luce, avec son z^le infatigable, a fouill6 les dip6ts de six d6par- tements : la Gironde, les Basses-Pyrin^, les Hautes-Pyr6n6es, le Gers, TAri^e et la Haute-Garonne. Des notes sur plusieurs collec- tions importantes, et la copie de six cent vingt-sept pieces, tel a 6t6 le r^ultat d'une mission de cinq mois, dans laquelle notre auxiliaire a 6td seconds par Taction bienveillante de plusieurs savants ou de membres considerables du clerg^, de la magistrature et de Tadmi- nistration. Nous avons surtout h remercier M. Bascle de Lagrtee, conseiller k la cour imp^riale de Pau; M. Raymond, archiviste des Haute»*Py rentes; Monseigneur Delamare, archevftque d'Auch, et son grand vicaire, M. Can^to; M. Niel, archiviste du Gers, et M. Baudoin, arcbiviste de la Haute-Garonne. »

BULLETIN DU BIBUOPHOS ET DU BIBUOTHiCAlRE .

Revue mensnelle pnbli^epar J. Teebener, quiDzidme s^rie, mn^e 1863. I11-80, p. 741-1482.

Cette excellente revue est depuis longtemps priste trop haut par tons les bibliopbiles de profession pour avoir besoin de mon obscur saCfrage. Mais je croirais manquer au devoir de la reconnaissance, si je ne t^moignais au mpins au bout de Tannte le plaisir qu'elle m'a causd chaque mois, par Tabondance de renseignements vraiment cwrieiaa et nouveava qui la distingue de la plupart des Recueils du m6me genre, devenus si nombreux dans ces demiers temps. M. Techener est, je crois, bon juge et fervent amateur, beaucoup plus que libraire int6- i^ess6. Raison de plus pour aider, selon nos humbles ressources, au Sliced de sa docte Revue, qui pr^f^re sans doute les adhesions sinc^res de juges ind^pendants aux reclames retentissantes, aux recommanda* lions cliches, exploit^es par des publications rivales.

Les noms les plus vant^ dans les letlres franoaises conlemporaines

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(mi paru plus d'une fois au Bolletin du bibliophile. Ses anciens lecteors n'oat pas oobli^ des articles ou des notes savantes et curieuses de MM. V. Cousin, Silvestre de Sacy, Sainte-BeuYe, Philar6te Chasles. Blais ses r6dacteurs habituels, moins connus du gros public, ne sont pasonoins sympathiques aux bibliomanes, et m^me aux plus sages amateurs d'histoire litt^raire. M. Turquety se d^lasse dans ce recuefl de ses courses lyriques, tantOt par des etudes sur nos vieux pontes, ou le collectionneur n'efface jamais rhomme de goAt, tantot par des critiques d'une bienyeillance raisonn^e et communicative, comme son charmant travail sur les lettres de S6vign6, publi6es par M. de Sacy.— M. le prince Aug. Galitzin et M. le marquis Du Prat y envoient fr^ quemment des notes pr^cieuses, ou la richesse des connaissances bi-^ bliographiques est relevte par le culte des vieux souvenirs et le respect des nobles croyances. M. le marquis de Gaillon est Tinterpr^te tou- jours aimable de nos anciens pontes, qui sont bien assez r^habilitte depuis quelque temps, mais que pen de gens aborderaient sans le se- cours d'un introducteur aussi habile. L'6tudesur Jean Regnier, po6te du xv«si6cle, qui ouvre le volume dont je rends compte, n'ajoute pres- que rien aux renseignements donn6s parl'abb^ Goujet; mais plusd'un* ne supporterait pas la lecture de la vieille et fort estimable Biblioth6- que frangaise, qui seferaf^tedesspirituelleset amusantes esquisses de M. de Gaillon. Toutefois, je le remercie beaucoup plus de son article, k mon gr6 trop court, sur les satires de Pierre du Camp, sieur d'Oi^as. On pretend que ce pofete assez oubli^ du xvn« sifecle est -un des anc6- tres de M. Maxime Ducamp, auteur des Chants modemes. Ce qu'il y a de stir, c*estqu*il ^tait gascon et natif de Tartas; et bienqu'il ait parl6 de sa patrie comme d'un pays barbare.

Oil le langage est rude, oil )e bon godt est rare,

nous ne lui garderons pas rancune, et nous le placerons k son rang dans la Galerie litt6raire de notre province.

M. Gustavo Brunet, le bibliophile bordelais, qui porte si bien ce nom qu'un de ses maitres, notre maitre k tons, a rendu synonyme de la science des livres, est un des plus actifs correspondants du Bulletin de M. Techener. J'ai remarqu6 surtout son travail, public en d6cem- bre, sur qudqiLes livres d def. Rien de plus piquant, on le sait assez, que ces r6v61ations plusou moins authentiques qui nous montrentder- ri^re des noms mythologiques, grecs ou remains, les personnages les plus renomm^s des trois derniers sifecles; et n*esl-ce pas par 1^ que la Clilie et le graiid Cyrus sont presque redevenus lisibles? Siquelqu'un

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peut nous donner le recueil complet des clefs, le manipulus cUmum que Charles Nodier rtclamait, c'est h coup sAr M. Gustave Brunet. Si Tentreprise le s^duit jamais, je lui recommande les romansde Mar- cassus, dont les noms m'ont paru assez faciles i traduire dejieur appa- rence grecque en leur vraie forme francaise, mais dont je n*ai trouv6 la clef indiqu6e nulle part.

M. Paul Lacrojx, que je n'ose appeler le bibliophile Jacob pour ne pas rappeler trop de litt^rature peu digne d'un aussi docte biblioth6> caire, partage avec M. Ap. Briquet, la besogne assez rude du catalogue raisonn6 annexe h chaque num^ro du BtMetin. C'est la partie la plus neure, la plus riche et au total la plus int^ressante du recueil, et je soupQonne que la plupartdes abonn^s commencent par Ih leur lecture. Les notes d^velopp^s qui accompagnent chaque indication bibliogra- phique ne laissent rien k dfeirer ni sur la condition mat^rielle, ni sur le contenu de chaque vieux livre. Tout m*y charmerait, sauf le haut chiflfre auquel presque tous les articles sont cot^s; mais il parait, h6- las! que le commerce de cette denr^e est fa.talement soumis k cette loi douloureuse qui me fait subir, chaque fois quej'ouvre les catalogues de M. Techener, quelque chose de pareil au supplice de Tantale, Pour don- ner une id6e de ce qu'il y a dans ces notes, je citerai, en Tabr^geant des trois quarts, une de celles qui offrent un int^r^t special pour notre province.

TraicU fara/iUtique, (festrdr^vre exh0rUiUnre auquel u numtre... le droit chemin et vrais moyens de rimter d V effort du CastiUan... Par tm pdervn etpagnol, batiM du temps et persAmtS de la fortune. Tror- dvdct de Uxague castiUane en langue franfoUe, par J. D. Dralymont, seigneur de Yarleme.

Imprimd k km, 1597, petit in-lS de Id ff. pr^Um. et 191 pp. chift., v^l. IS fr.

Ce petit livre est certainement fort rare... J. D. Dralymont, seigneur de Yarleme, gentilhomme de Pau, nous apprend dans qaelles circonstances ce vo~ lume a 6t6 compost en langue castillane, puis ensuite traduit par lui~m6me en fran^is... Perez, le ministre exil6 par le roi d'Espagne Philippe II et condanmd par le tribunal de rmquisition [Molt] rtfagi6 en France et ch6tivemeAt pen* sionn^ par Henri IV. c Je lay ouvrts la porte de ma maison, raoonte Dralymont, et luy pr^sentay ma bourse : je le cheris et trattay plusieurs jours, et pour I'a- mour de luy quelques-uns de sa compagnie; et par cette courtoisie le rendis tant oblige, que depuis ayans eu beaucoup de disputes et conferences ensemble, je luy fis mettre la main & la plume. II composa done en Isungue castillane ce dis- cours qu'il intitula Trattado parceneHco, et m'en fit present : lequel ayant leu, me ravit d'un estrange estonement.* Dralymont le traduisit en s'excosant de

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son style f%d$ $1 barbare, fit imprimer sa tradttclkm k Aux, village du comt^ d'Armaguao (Gers), oCi il avoit sans douteson chateau, et la d^dia k Henri IV en iul recommandant I'auteur... Le but de Toavrage est trac6 dans ces lignes du traducteur : « II a fait estat de nous depeindre au vif nostre ennemy'et nous faire connoistre le naturel de ces nations desquelles nous debvons prevaloir, attendu que tout ce qu'il dil aide son intention. » Ce petit iivre renferme d'ailleurs « un tbresor incomparable, un ricbe archive et magazin rempli cle paroles pr^cieu- ses, histoires y^ritables, exemples rares, raisons vives et conseils salutaires. » A partir du feuillet 107 verso, on trouve une ExpHcation du Pikrin swr le pro- verbe : si UpouUet ne futt t^enu, le coq estoitprit. A la fin de la table des ma- tii^res, le traducteur cite une proph^ie que Perez avait faite avec un indue- trieux artifice, pour faire croire qu'elle s'entendoit de la Frttnce. P. L.

Je crois que ce volume a 6t6 imprim6 non au village d'Aux, mais k Aucb, dont le nom s'6crivait fr6quemment avec cette orthographe; et voil^ un renseignement nouveau pour Vhistoire de rimprimerie dans notre capitale. Mais mon but principal 6tait de recommander le Bul- letin du Bibliophile i tous les amateurs de livres ; je Tai fait connaitre bien imparfaitement ; toutefois le peu que j*ai dit sulflra, je Tespire, k lui acquferir I'estime de ceux qui ne rauraient pas encore appr6ci6 par eux-mftmes.

LiONCB COUTURE.

Billetii SMRMire ^ deni^Ks PibHeatiMs.

ABBADIE (A. d'). Rapport sur la planchette photographique de

M. Augttste ChevaUier. lip. in-<8<». Paris^ impr. Martinet.

Ce travail de notre iUustre compatriote, qoe la g^ographi« et rethiugrtpbif gted- rales d^robent trop consiamment, ainsi que M. d'Avezac (voyez ce nom), aux etudes proviDciales, a para dm» le BulUtm de la 8oa4*i de ffdegf&phie^ Mf raiaon- de d6- cembre 1862.

Annuaire administratif, judiciaire, statistique et industriel du d6par- tement des Landes pour TannSe 4863. In-48 de 376 p. Mont-de- Marsan, impr. Leclercq; libr. Piron; Lespous (4 fr. 25 c.)

Annuaire administratif, judioiaire et induatriel du d6partement des Basses-Pyi^n^ poor Tan 4863. 4S« annte. In-3S de 365 p. Paa, impr. et libr. Vignancour (4 fr. 85 c.)

Apparition (Y) de la Sainte Vierge k la grotte de Lourdes, pr6s Tarbes, consid6r6e au point de vue de Tart chr6tien, par un prfitre du ^mbse de Bordeaiu. 23 p. ija-42. Bordeaux, impr. Dupuy et

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AVEZAC (D'). Refutation de denx passages du texte grec de la G^raphie de Ptol6m6e aux cbapitres v et vn du ¥!!• livre. No|e lue k la Soci^t^ de g^ographie de Paris^ dans ses stances des n octobre et 7 novembrc 4862. 28 p. in-8» avec une planche. Paris, impr. Martinet.

BONAPARTE (Prince LoHis -Lucien). Langue basque et langues finnoises. 46 p. in-i® avec 4 tableaux. Londres, impr. Strangeways et Walden.

TM k 250 exemplaires, dont an 9ur ptpier fort. Tout k nonde Mit que M. le prince Lonis-Lncien Bonaparte a favorisd plus que personne, par ses enconrage- ments g^^renx et par ses propres travaux, le progree des etudes snr tons les dia- leetes eur(^)dens, mais en particalier sar les dialectes basques. Les mdmes presses ont public depuis peu : Le Cantique des Cantiques de Salomon, traduit en basque biicayen eeniral..,, par le P. J. A. de Uriarte, suivi.d'un petit dictionnaire com- parmUf des. dialettes basques et ie notes eapHcaHves, par le princs L.-L. Bono- forle. 36 p. in-16 (Tird k S50 eiemplaires, dont 1 sur papier fort);— Le Cantique des Cantiques de Salomon, traduit en basque guipuseodn par le prinre l.-L. Bona- parte. 30 p. in-16 (Tird idem); La Doctrina eristifma traiuHda al 9aseuence Oalecto vtxcaino, variedades de Marquina, Bermeo, Arratia, Centro y oehandians, Ib-4o de 1 et 8 p. (td.); etc. Voyei plus has les articles Caxetune et Saints Bible.

CAZENAVE (L'abb^). La proi^i^tie de Jonas, traduite en dialecte

basque de la basse Navarre tel qu'il est commun^ment parl^ dans

la vallde de Cize. 46 pages in-46. Londres, impr. Strangeways et

Walden.

Tir^ 4 250 exemplaires, dont X avec encadrement rouge.

DEYALS ain^, archiviste de la ville de Hontauban. «-« Etudes sur les limites des anciens peuplesqui habitaient le d^partement de Tarn- et-Garonne, et sur les voies antiques du m6me d6partement. Pre- miere livraison, 72 pages in-8«. Montauban, impr. Foresti*,

DO (L'abb^). Defense des recherches bistoiiques et critiiques sur

saint Regnobert, ivdque de Aayeux, contre M. Jules Lair. 4^ p.

in-8o. Caen, Hardel.

EBtrait du Bulletin de la Sosi^t^ des antiquaires de Mormandi?* A Joindre amx prte^entes publications du mdme auteur sur le mdme sujet (voir notre tome pr6cd- dent, p. 465, art. Ravenex), comme pi^e k coas«lter tmr In queMioA de F^poque de rintroduction de TEvangile dans le nord, I'ouest et le sud-ouest de la Gaule.

ETCHEVERY, de la C* de J6su8. Les myst^res et les trfeors de la vie cach6e. 69 p. in-8». Paris, Ruffet.

ExtraH d'un ovffage encore in^t de notre pietn compatriote, dent le diocdse d'Aire n'a pas perdu le souvenir. Get ouvrage aura pour sojet et poor titre I'^tic^- ristie.

HAMON, curd deSMiKttSnlpioe.^^T^tre-Damede France ouHistoire du culte de la wpte Vierge &fi France, depuis Torigine du christia- nisme jusqu'^ nos jours. volume, comprenant... les provinces

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ecclteiastiques d'Albi, de Toulouse, d'Auch. In-S*" de yi et 468 p. Paris, impr. et libr. Plon. (6 fir.)

Nous nous h&tons d'aDDODcer ce volame si inl^ressant pour notre province; il eo sera rendo compte dans une de nos plus prochaines livraisoiis.

Les Macarienes, poemeen vers gascons. In-42 de 444 pages. Bordeaux; impr. Grounouilhou; Paris, libr. A. Aubry. Ttr6 a 130 exemplaires. Dialecte bordelais.

PETIT-LAFITTE (Aug.).— Un voyage agricole en Guienne et dans le Bordelais en 4787. Discours d'ouverture et programme des logons de Texercice 1862-63 du cours d'agriculture de Bordeaux. 46 p. in-46. Bordeaux, impr. et libr. Coderc, Degr6teau et Pujol.

PEYRAMALE (A.) hes Saisons, poeme patois, par Claude Peyrot, traduit en vers Iranoais avec le texte en regard. In-46 de 44 et 474 p. Tarbes, impr. Fouga; Paris, libr. Sorbet.

Les G^ofgignes patoises de I'abb^ Peyrot, curi ronergat, sont ane des productions les plus estimables de la po^ie m^ridionale an dernier sidcle. Noas ne connaissons que le titre de la traduetion en Ters francftis ini & ^t4 imprim^ k Tarbes.

Sainte Bible (la), traduite pour la premiere fois en langue basque du Labourd. Grand in-S®, k deux colonnes, 545-846 p. Londres, impr. Strangeways et Walden.

Tir^ a 350 exemplaires, dont ud sur papier fort. Nous ignorons la provenance et le' caractdre religieux de cette traduction; mais la publication en est ^trangdre au systdme de propagande de la soctdtd biblique, et d'un intdrM ayant tqut philotogique. Nous remarquons, du reste, que beaucoup de versions bibliques sorties des presses Stran- geways et Walden sent dues k des prdtres et k des religieux catiioliques italiens, espagnols et francais*

POUYDEBAT (ONiziME). La consecration de T^glise de Saint-Clar,

po6me. In-8« de 30 p. Auch, impr. F. Foix.

. Se vend au profit de I'^glise de Saint-Clar. Nous reviendrons, le mots proebain, snr ce brillant morceau.

SANSAS. Les origines municipales de Bordeaux. 38 p. in-8«. Bor- deaux, impr. Gounouilhou. Bxtrait des Aetes de VAecid^ie impMale des sciences, etc., de Bordeaux,

SORET (H.)— Notice sur la vie et les ouvrages de M. Henri Vienne, ex-membre de la congregation de TOratoire, ancien ardiiviste de la ville de Toulon. 45 p. in-8<>. Tarbes, impr. et libr. Telmon.

Pour tout le BoUetin somniaire : L6)NCE COUTURE.

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LEMOUVEMENT HISTORIQDE DANS LE SUD-ODEST.

(Suite) (1).

Annates de la Sociii4 Acadhnique de Tarbet, 1858-1860. (Tarbes, Telmon.)

^ Dieu merci me voili quitte, et pour longtemps je Tespfere, avec les g^neralitfe historiques de notre region. II faut savoir fitre so- bre de pareils denombreraents, et si j'ai entrepris exceptionnelle- ment celui-ci, le lecteur voudra bien me le pardonner. Par cetle esquisse cursive, j'ai tenu surtout a constater que j'avais le droit de donner mon avis sur certaioes choses qui sent, depuis prfes de sept ans, Tobjet a peupres exclusif demes Eludes. Dans le travail criti- que que j^eotrepreods aujourdliui, je me sens entierement libre de coBur et d'esprit; j'arrive.sans id6es pr6oonQues, exempt de toute haine comme de toute reconnaissance. Je puis me rendre a moi-m6me ce t^moignage, que rintelligeoce de notre pass6 pro- vincial est le but supreme de mes efforts. Si humbles et si obscu- res qu'elles soient, c'est par les oeuvres individuelles que Thomme prepare et realise sa propre ind^pendance, qu'il apprend k se pas- ser du consentement et du secours d'autrui, a ne compter que sur soi, et a nebdtir sa vie, ni sur les promesses des puissants, ni sur le sable mouvant de la faveur populaire.

Que d'autres suivent les routes battues. Lorsqu'ils ont hrtiU pendant trelze ans, sur Tautel de Tautorite, tous les parfums de Bonald, du comte de Maistre et de Donoso Cortfes, j'aime k les voir se disputer deja les sourires de cette liberty qui va bientdt ressus- citer parmi nous, et qu'ils sauront garder sans -doute de ces exces et de ces fureurs sous lesquels elle a succomb6 trois fois en un demi-siecle. A ceux-la reviennent de droit Fhonneur, et

(1) Voir, plushaat, p. 5.

ToMiIV. 8

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98 surtbut le profit de tous les triompbes. Quand ils passeront dans lear gloire, nous les regarderons d'en-bas, avec ce respect iroDiqae qui console et qui veoge de tant de cboses. Peut-dtre aussi, ceux dODt Texp^rieDce provient d'erreurs d^ja vieilles, et qui sont bien aises d'avoir appris k leurs depens la moderation des pensees et de lear expression, ne pourront-ils s'empdcher de les plaindre, et de prSf^rer a ces vanit^s brillantes Tobscor et intime contente- ment qui vient des devoirs remplis sans faiblesse comme sans em- phase. Ceux-ci doivent faire d'ors et dSja leur deuil de la favour publique, car la multitude, comme tous les despotes, donnera toujours raison a ses flatteurs. Cost aujourd'hui le vrai monfient pour deserter les id^es catholiques, traditionnalistes et libSrales, car Tbomme qui leur garde sa foi sera livrS vivant aui^ bStes f^ro- ces des cabarets, et p^rira ignominieusement sous les ruades des histrions. Le beau profit vrai ment que de regarder vers unpassS desert, insults, vaincu, de resistor historiquement a ses transfor- mations imprudentes ettrop h&tives, de convoiter avantTbearele rdle de G^ronte et de Gassandre, et d'etre k jamais fl^tri, aux yeux de tout son quartier, des stigmates inf&mants de retrograde, d'obscurantiste, de ganache, de clerical, et autres am^nit^s em- pruntees au vocabulaire de T^cole de la tolerance. Et, pouf* un esprit honnete et convaincu des droits de Tavenir, qu'est-ce done que ces mis&res au prix de cette necessity poignante qui le con- damne parfois, au nom d'un r^sultat et d'un int^rdt sup^rieurs, a demeurer muet en face d'abus surannds, et peutr^tre k contenir aussi des aspirations plus g^nereuses que pratiques? Mieux vaut cent fois suivre la banniere de ceux qui prennent parti pour les Dieux et centre Caton. Ici du moins, la voie s'ouvre toute large anx milices accourues de toutes pkrts, et la foule inepte qui a jete Tanath&me aux gardiens de la tradition, acclame les noms des chefs, et trouve encore un encouragement pour le dernier des goujats. Passez, braves gens, faites votre fortune et votre chemin. Le pre- sent vous sourit etvous caresse; il vous livre vos ennemis pieds et poings lids. A Toeuvre done, car voici Theare de gagner votre

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argent at d'assoavir vos haines sans perils. A voire aspect, si la France g^oereuse et chevaleresqae se d^tourne avec deJgoAt, la claque applaudil a toot rompre, d^ja pr^te a saltier, sous la toge des tribuDs, ceux qui ne portent encore que la souquenille des argousins.

JUalgr^ Tassurance de taut de profit et de tant de gloire, il est pourtant, dansles sciences bistoriques, des caract6res obstindsqni s'achament a servir toujours la cause de Tordre et de la liberty traditionnels. Petite et vaillante armde de volontaires insoucietax de la solde et du vain bruit, rallies par Tunique sentiment du devoir ^ de Tbonneur, indiff^rents au formalisme des partis, et prdls a tendre, aui jours du p^ril commun, une main loyale et amie aleurs adversaires d'aujourd'hui. A I'aspect de ces fiers et tranquilles courages, de ces coeurs ignorants des rancunes comme des l^hes complaisances, plus d'un homme de nK)n temps a com- pris enfin ce qu'il avait a faire, et s'est laiss6 gagner k la conta- gion de ces nobles et trop rares exemples. Pourquoi ne pas Fa- vouer? Cost sous les ordres de tels cbefs que j'ai le dessein de marcher en soldat, si toutefois ils veulent de moi. Humble anoa- liste de notre province, sll ne m'est donnd que de tenir obscur^- ment une plume, j'essaierai du moins de m'en servir, et, dans Texamen de notre mouvement bistorique particulier, de combattre pour le triomphe de mes tardives croyanoes et de la vdritd.

Les premiers travaux dont je dois m'occuper sont les Annates de la Soci^td acaddmique de Tarbes, de i 858 a i 860. Cette so- ci^te, de creation r6cente, doit certainement beaucoup au z61e de son secretaire, M. Charles Dupouey. Cast lui qui, par la publica- tion, malheureusement trop pen durable, de la Chronique de la Bigorre^ a repris Tinitiative des etudes pr^par^es jadis par Lar- cher et Tabb^ Duco, et k pen pr&s interrompues depuis Timpres- sioQ desouvrages de MM. Deville pere et Davezac-Macaya. J'exa- minerai plus tard en detail la Chronique dont M. Dupouey a pris la peine de me composer laborieusement un exemplaire aussi com- pletqu'il Tapu. Tout ca que}e veux coostater aujourd'hui, c'est

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400 rinflaence directe et indirecte'de ce recaeil sur la formation de la Soci6t6 Acad^miqQe des Hautes-Pyr^D^es. De toates parts, soot accoarus de Dombreux et z^l^s auxiiiaires, doDt je n'ai a exami- ner le contingent que pour ce qui int^resse Thistoire de ces contrees. A cdte de M. Dupouey, je dois citer M. Deville fils, M. Couaraze de Laa, dont certaines brochures ont6t6 d^ja exami- nees dans le Bulletin^ et mdme M. Lejosne, auteur d'une notice sur les dvdques de Tarbes, bien superieure a son travail sur les Basques dont je parlerai tout a i'heure. Le personnel des mem- bres correspondants a surtout 616 utilise, parM. Dupouey, avec une habilet6 qui t^moigne a la fois d'une nette et vive intelligence de retat present des etudes historiques, et d'un veritable talent d'organisateur. Je veux parler de ce Questionnaire Archeologique, compost de 65 questions divis^es en six titres, qu'il a fait dresser et distribuer, dans tout le d^partement des Hautes-Pyr^n^es, k tou- tes les personnescapables de foumir quelques renseignements his- toriques. Gtographie physique et topographique, monuments reli- gieux^ civilsel militaires desGaulois, des Romains et des diverses epoques du christianisme et de la f^odalit^ , invasions sarrasines, races maudites, mceurs et coutumes, statuts locaux, hommes illustres, objets d'art et manuscrits pr^cieux, tout est atteint et pr^vu dans cettes^rie d'interrogations. Par son initiative aussi bien que par la combinaison des diverses demandes de renseignements, I'autear est incontestablement en avance sur tout ce qui a 6t6 ensuite entre- pris, dans le mdme sens et ailleurs, par les auxiliaires du Comity des travaux historiques. M. Dupouey a bien fait de ne modifier, sur aucunes instances, le plan originairement adopts par la So- ciety Acad^mique de Tarbes, car il est de ces choses qu'on juge toujours mieux sur les lieux qu'a distance, soit dit sans d^sobliger les partisans de Textrdme centraUsation. Dans le pass^, chaque territoire distinct se manifesto par mille details qui ferment preci- s^mentroriginalite de son histoire, et qui ne sauraient Stre rame- n£s que tr&s difficilement par le questionnaire officiel, dont le programme de M. Dupouey est d'ailleurs destine k contenter les

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- 401 legitimes exigences. L'appel adressd a toas les hommes instroits du d^partemeDta sascit^ aossitdt, et de toutes parts, d'activeset intelligeDtes recherches. Dans deux rapports, le r^dacteur da Questionnaire constate que trente correspondants ont r^pondu a Tappel en 1 859, et que leur exemple a 616 suivi par quinze autres en 1 862. Ainsi^ la Soci^t6 Acad^mique de Tarbes poss^de d6jk, dans ses archives, les ^l^ments des monographies de quarante-cinq communes, et M. Dupouey nous en pr^sente le r^sum^. II est du plus haut int^rfit que cette ardeur collective ne se ralen- tisse point. Sans n^gliger aucun detail, il me semble qu*il importe surtout de signaler k ses investigations deux ordres de faits capi- taux, je veux parler des coutumes in^dites du pays, et des ves- tiges, si nombreux et si divers, des invasions sarrasines dans le Bigorre. C'est un des principaux caractferes de la d^mocratie dis- ciplin^e de la seconde moiti^de xix« sifecled'utiliserau profit des grandes oeuvres communes I'ensemble des efforts individuels. Tan t que cesentreprises n'auront pour but que derecueillir des do- cuments, de fixer, quand il en est temps encore, des traditions lo- cales prdtes k disparattre, tout le monde a le devoir de concourir, selon ses forces, a la confection de ces vastes recueils qui ne doi- vent jamais se d^partird'un caract^re absolu de neutrality. Comme Tordre de cboses qui les produit, ces recueils n'ont qu'une valeur de preparation et de pure transition, et loin d'dtre le dernier mot de Thistoire, ils ne font que preparer aux futurs annalistes les faits qui serviront un jour de base a des generalisations plus com- prehensives et plus exactes que celles que nous avons. Si Dieu me prete vie et me conserve le coeur k I'ouvrage, dans quinze ou vingt ans peut-6tre, j'aurai donn6 la formule partielle de notre ancienne existence provinciale dont Timmensite m'accable et me deborde, et jamais jene saurai reconnaitre assez haut combien les entreprises comme celle de M. Dupouey auront abr^ge mon la- bour. Avec un pareil debut, il est impossible que les documents que Ton recherche ne soient pas reunis dans trois ou quatre ans au plus tard. La Societe Academique de Tarbes se trouvera posse-

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-loa- der aiosi un ensemble de monographies manicipales que ies anoa- Ustes da Sad-Oiiest consuiteront avec grand fruit, et qai n'aara rien a envier a Touvrage da mdme genre, deja paWi6 par Ies ar- ch^ologues da Cantal, sous la direction de M. D6ribier-Duchdte- let.

II y a dans le Mimoire sur I'origine d^s Basques, de M. Lejosne, du bon et duneaf. Malheareusemen^ il fautr6p^ter ici ie motde Lessing : « Ce qui est bon n'est pas neuf, et ce qui est neaf n'est pas bon. » Ce travail, avantd'arriver asaforine actuelleet definitive, a dA subir plus d'ane transformation, et ma menK)ire metrompe, ou mon savant ami M. Francisque-Michery fait allusion quelque part, dans son solide et excellent livresur Le Pays Basque. Tel qu'il est, le memoire de M. Lejosne a conquts une certaine notoriety, et M. Ferdinand B^chard Tinvoque notamment dans son Droit muni- cipal au moyen dge^ ouvrage recent et hdtif d'un homme dont Ies intentions valent sou vent mieux que la science et Tesprit critique. Dans Tint^rdt des Etudes ethnographiques etpbilologtqoesvraiment sdrieuses, j'ai le devoir de protester centre ce demi-succfes, et je voudrais avoir Tautorit^ de M. Ad. Pictet, pour renouveler sur ce m6moire Texficution radicale d'un ouvrage du memo genre qu'il a d^a faite dans la Bibliotheque universelk de Geneve^ vers i 854. En fait d'origines eu^ariennes, rien de plus facile que Ies recher- ches postiches et T^rudition de troisi^me main. Les gens peu sou- cieux de faire du neuf et jaloux de suivre les routes battues n'ont qu'^ prendre les notices historiques et biblicgraphiques sur les Basques, de MM. d'Abbadie, Francisque-Michel et Pierquin de Gembloux, quilesrenverront tout droit aux ecrits deStrabon, de Dion et de Florus, aux ouvrages de Scaliger, Oib^nart, Moret, Llorente, Erro y Aspiroz, Frfiret, Antonio Marin, Larramendi, Zamacola, Humboldt, Pictet, de Brotonne, Michelet, Ra^e, Al- fred Maury, F6russac, Louis-Luciea Bonaparte e tutti quanti. Poor tous les ethnograpbes et les philologues, Forigine ougro-fmnoise des Basques est une hypo these aussi connue que Barrabas a la passion. Cette hypotb^se, q4ai n'a ^l^ s^rieusement combattoe que

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- 498 par M Graslin, dans son livre De flMrie, a g^ndn^ment pr^valu 8ur leg conjectures de Bory Saiat-Vincent, d'Adrien Baibi et de Petit-Radei. Gette hypothbse, principalemeot bas^ josqu'ici sur des analogies de syntaxe, et sur la quasi-similitude d'un grand nombre de radicaux^ paraft devoir dtre aussi v^rifi^e par les donn^es an- thropologiqnes. Dans son Ethnog^ie Gauloise, M. le baron de Bellc^uet incline ^ croire que lesEuskariens ^taient une race blonde, aux yeux bleus, et j'ai tichd, dans une DissertaUan sur les chants MraHques des Basques^ que la Revue d'Aquitaine est en train de pubUer, d'ajouter quelques observations nouvelles k celles que M. de Belloguet a d^ja rassembl^es dans ce sens. M. Lejosoe qui se pro- pose de rechercber dans son m^moire, « Torigine des Basques... sur le commencement desquels on n'a rien avanc6 de bian positif,» ne saurait nier qu'il n'a rien avancd» au sujet de cette origine, qu'il n'ait d^ja trouv^ tout port^ dans Touvrage de Wilhelm de Humboldt et dans les ^rits plus rdcents des philologues frangais et alle- fiiands, si tant est qu'il ait pu lire ces derniers. Pas davantage il n'a le m^rite de la nouveaut6 quaod il nous parle de YIMrie Asia- tique et de VMtie Eur(^enne. II n'a fait encore ici que suivre k la trace il. Baudrimont, et profiler du vocabulaire toponymique de TAsie septentrionale et centrale, du Caocase, du nord de Tltalie et des deux versants des J^yrenees occidentales, ius6r6 par ce savant dans son HisUnre des Basques publico en 1 854. Les indica- tions qu'il*a trouv^s la out 6ij& compldttos sans doute k Taide des Merits deMM. de Humboldt, Fauriel, Micbelet, et peut-dtre aussi avec la Numismatique Mrienne de M. Boudard. PosUifoix non, M. Lejosne s'est approprie ie resultat du travail de ces historiens, rt il n'y a rien ajout6. S'iln'a rien emprunt6, en revanche, a YEth- nogenie Gauloise deM.de Belloguet, il y a une bonne raison poujr cela. C'est que le m^moire que j'examine n'a paru qu'en 1859, et VEthnog^ie Gauloise qu'en 1 861 . Franchement, M. Lejosoe aur^Mt bien fait dattendrej usque-la, et puisqu'il se nafile de d^brouUler les origines, de prendre aussi quelque teiQture des grands travau^ gd(»togtques, anlhrq[)otogiques et piaiiontologAqiQ/es qui ont illustrd

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voi- les Doms des Elie de Beaumont, des d'Archiac, des Cbarpentier, des Agassiz,